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Des listes d’attentes fermées au privé pour consulter un psychologue à Québec

Consultation chez un psychologue.

Le prolongement des effets de la pandémie sur la santé mentale explique en partie la saturation du réseau privé.

Photo : getty images/istockphoto / lorenzoantonucci

Des cliniques privées de Québec ferment leur liste d'attente en raison d'une trop forte demande pour une consultation avec un psychologue. Même si les partis politiques en campagne se positionnent sur les enjeux de santé mentale, tant le secteur privé que le secteur public s'accordent pour dire que la situation ne s'améliorera pas du jour au lendemain.

Notre liste d'attente est complète. Surveillez les mises à jour sur notre site, peut-on lire sur le site web du Centre de psychologie de Limoilou. En raison d’un nombre très élevé de demandes, la plupart de nos listes d’attente sont fermées, indique de son côté la Clinique de psychologie de Québec. Veuillez noter que notre liste d'attente en neuropsychologie est actuellement fermée, lit-on aussi sur le site du Centre de psychologie la Cité, à Québec.

Ça fait 30 ans que je pratique et je n'ai jamais vu une situation comme ça, constate la Dre Christine Grou, psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

« Avant, on disait au public : les listes d'attentes varient dépendamment du service. On se disait, au moins, [que] les gens qui ont les moyens pouvaient aller au privé. [...] Ce n'est plus vrai. »

— Une citation de  Dre Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec

Cette surcharge du secteur privé est attribuable à un ensemble de facteurs, dont l'exode de patients potentiels du réseau public vers le privé et une plus grande facilité à discuter des enjeux de santé mentale.

Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec.

Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec.

Photo : Radio-Canada

Mais c'est surtout le prolongement des effets de la pandémie sur la santé mentale des Québécois qui l'explique. Les gens hésitent beaucoup moins à aller consulter. La pandémie a eu des effets vraiment impressionnants, explique Christine Grou. On a vu une augmentation des consultations pour anxiété, trouble dépressif et tensions interpersonnelles.

« Les gens nous appellent et nous disent : "J'ai fait 20-30 appels [auprès de psychologues], et je ne trouve pas."  »

— Une citation de  Dre Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec

L'Ordre a donc demandé à ses membres d'être diligents. S'ils ne sont pas en mesure de prendre de nouveaux clients, dites-le. Sinon, les gens attendent une réponse, précise Mme Grou.

Revoir la façon dont on traite les psychologues

Alors que le Québec compte presque la moitié des psychologues du Canada, comment expliquer cette saturation au privé? Il faut d'abord améliorer les conditions de travail dans le secteur public, qui voit son nombre de psychologues fondre d'année en année selon la Coalition des psychologues du réseau public québécois.

C'est une preuve que c'est urgent, croit la présidente, la Dre Karine Gauthier, psychologue. Depuis quatre ans, elle demande au gouvernement d'améliorer la rétention des psychologues dans le réseau en misant sur l'interdisciplinarité et une plus grande autonomie professionnelle, notamment.

« Il y a des gens qui se retrouvent au secteur privé parce que les services ne sont pas ou très peu offert au public. Il y a des gens qui s'endettent pour consulter tellement c'est important, surtout pour leurs enfants. Ça crée un autre stress qui est financier. Ça ajoute une lourdeur. »

— Une citation de  Dre Karine Gauthier, psychologue, présidente de la Coalition des psychologues du réseau public québécois.
Une femme en entrevue par visioconférence.

Karine Gauthier, présidente de la Coalition des psychologues du réseau public québécois.

Photo : Radio-Canada

Les partis se positionnent

Alors que le dernier gouvernement Legault a tenté de s'attaquer au problème d'accessibilité, la liste d'attente pour consulter un psychologue dans ce secteur public a augmenté de 16 000 à 21 000 personnes au cours des deux dernières années, soit une augmentation de 30 %.

Québec solidaire propose d’ajouter 900 psychologues et 1000 professionnels de la santé mentale dans le réseau public pour remédier au problème en bonifiant les salaires, notamment. Une augmentation de 62 % qui forcerait le public à recruter dans le secteur privé.

Or, ce secteur privé est aussi saturé. Les annonces qui sont faites actuellement sont le signe que les partis investissent en santé mentale et en voient l'importance. Le problème, c'est de savoir comment on va le faire, répond la présidente de l'Ordre des psychologues.

Du côté des libéraux, le parti propose la mise en place d’un service de psychothérapie public gratuit. Le coût de ce programme, qui comprend 15 séances de consultation gratuites par an, est évalué à 450 millions de dollars d'ici 2027. La cheffe libérale est restée plus floue sur les moyens de s’assurer qu’il y aura suffisamment de psychologues dans le réseau pour répondre à la demande. Le ministre Lionel Carmant a mis cette solution en place avec le 25 millions au début de la pandémie. De prendre les gens de la liste d'attente dans le réseau et de rembourser les séances au privé, ça n'a pas fonctionné. Seulement 15 % du budget a été utilisé, répond Karine Gauthier.

En début d’année, la CAQ avait présenté un plan de 1,2 milliard de dollars sur cinq ans pour la santé mentale, dont 361 millions de dollars en nouveaux investissements.

Lors du congrès de Force jeunesse, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a ramené l’enjeu de l'accessibilité autour du rôle du psychologue qui, selon lui, devrait être plus étendu.

Dans les 100 premiers jours d'un gouvernement conservateur, un sommet sur la santé mentale et la jeunesse serait organisé. On mesure à peine l'effet dévastateur du manque de socialisation et du manque d'activités sportives sur les jeunes, a déclaré le chef conservateur Éric Duhaime.

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