•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

C.-B. : nouvelle plainte contre un ex-enseignant de Mount Cashel pour agressions présumées

Une photo d'Edward English qui semble avoir été prise dans les années 1970.

En 1975, Edward English a admis à la police de Saint-Jean qu'il avait agressé des garçons à l'orphelinat Mount Cashel. L'affaire a été étouffée et Edward English a pu quitter cette province. Il est désormais accusé d'agressions semblables ayant eu lieu en Colombie-Britannique en 1981.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le détachement de Burnaby de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquête sur une nouvelle plainte contre un ancien enseignant reçue le 25 août au sujet d'allégations d'agressions dans une école catholique privée de 1978 à 1982.

L'homme au centre de cette nouvelle enquête est Edward English, un ancien enseignant des Frères chrétiens condamné à 10 ans de prison pour avoir battu et agressé sexuellement des garçons de l'orphelinat Mount Cashel, à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Bien que la GRC n'ait pas donné le nom de la personne visée par l'enquête, une source ayant connaissance de la plainte a confirmé qu'il s'agissait d'Edward English, âgé de 74 ans.

Je n'ai aucune idée de ce dont il est question », a répondu Edward English quand un journaliste de CBC/Radio-Canada lui a parlé au téléphone mercredi. « Je ne ferai aucun commentaire sur une question dont je ne sais rien.

Le journaliste a offert d'énumérer les accusations portées contre lui, mais il a dit : Je ne ferai pas de commentaires, avant de raccrocher.

Selon la source, le plaignant est membre du groupe qui a déposé une demande d'action collective en Colombie-Britannique.

Cette action en justice allègue que deux écoles catholiques privées et l'archidiocèse de Vancouver ont permis à six agresseurs d'enfants connus de quitter de Saint-Jean pour Metro Vancouver, où ils ont continué à s'en prendre à des enfants.

Dans une déclaration sous serment accompagnant la demande d'action collective, l'homme, présenté comme John A. Doe, affirme qu'Edward English l'a agressé sexuellement à plusieurs reprises quand il fréquentait le Collège St. Thomas More, une école offrant des classes de la 8e à la 12e année à Burnaby, une ville voisine de Vancouver.

Les agressions dont j'ai été victime étant garçon ont eu un effet important sur ma foi, ma santé et mes relations personnelles », écrit-il. « J'ai raconté le tout à ma famille immédiate, mais je n'en ai pas encore parlé avec mes autres proches, mon employeur ou mes collègues. Je ne suis pas encore en mesure, et je ne le serai peut-être jamais, de mentionner mon nom publiquement.

Les allégations de la déclaration sous serment n'ont pas encore été prouvées en cour.

L'immeuble de trois étages qui abritait autrefois l’orphelinat Mount Cashel.

L’orphelinat Mount Cashel de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, avant sa destruction (1989).

Photo : La Presse canadienne / ANDREW VAUGHAN

Une affaire étouffée

En 1989, le nom d'Edward English était sur toutes les lèvres à Terre-Neuve-et-Labrador quand le rideau a été levé sur les crimes ayant eu lieu à l'orphelinat Mount Cashel pendant des décennies.

Une enquête judiciaire a révélé que deux garçons avaient accusé Edward English de les avoir agressés en 1975 et que ce dernier s'en était même confessé à la Force constabulaire royale de Terre-Neuve.

L'enquête a également révélé qu'une entente avait été conclue entre l'organisation des Frères chrétiens, la police et le ministère provincial de la Justice, ce qui a eu l'effet d'une bombe. Edward English et cinq autres Frères chrétiens accusés d'agression sexuelle envers des enfants avaient alors été renvoyés en douce de la province sans faire l'objet d'accusations.

D'un océan à l'autre

À l'époque, les Frères chrétiens étaient propriétaires des écoles Vancouver College et St. Thomas More Collegiate dans la région de Vancouver. Les six hommes y ont été envoyés.

Ils enseignaient en Colombie-Britannique depuis plus de 10 ans quand l'affaire de Mount Cashel a été révélée en 1989.

John A. Doe veut savoir pourquoi.

« Je veux que quelqu'un réponde pour le mal qui m'a été fait par le frère English », écrit-il. « Plus précisément, je veux savoir pourquoi il lui a été permis d'enseigner [au Collège] St. Thomas More après qu'il eut admis avoir agressé des garçons à [l'orphelinat] Mount Cashel. »

L'enquête judiciaire menée à Terre-Neuve-et-Labrador a donné lieu à des accusations et les six Frères chrétiens qui se sont installés en Colombie-Britannique en 1975 ont tous fini par être condamnés.

Toutefois, aucun d'entre eux n'a été accusé à la suite de leur passage dans des écoles de la Colombie-Britannique, et ce, même si les récentes allégations de garçons ayant fréquenté ces écoles à l'époque portent à croire que les agressions s'y soient poursuivies.

Le siège social de la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes du Canada francophone, situé à Longueuil.

Le siège social de la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes du Canada francophone, situé à Longueuil.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une porte-parole de la GRC de Burnaby a confirmé qu'il ne s'agissait pas de la première enquête visant Edward English. La caporale Alexa Hodgins dit qu'il y a eu une enquête à son sujet en 2000, au sujet des agressions ayant été commises au Collège St. Thomas More de 1978 à 1982. Elle explique que le dossier a été fermé en 2001, sans que des accusations ne soient portées et à la demande de la victime.

Dans ce cas, le plaignant n'était pas John A. Doe, mais la caporale Hodgins a déclaré que la personne au cœur de l'enquête était la même, à savoir Edward English.

Dans son attestation sous serment, John A. Doe déclare qu'il est allé faire des déclarations à la police de Burnaby peu après avoir quitté le Collège, mais qu'il ne savait pas que les policiers avaient alors effectué un suivi à l'affaire. La caporale Hodgins affirme qu'aucun dossier ne fait état du dépôt d'une plainte contre Edward English avant 2000.

L'accusé vit désormais au Nouveau-Brunswick

Edward English a reçu une peine de prison de 13 ans pour 15 chefs d'agression physique et sexuelle. Cette peine a été réduite à 10 ans en cour d'appel. Il a été libéré après cinq ans et demi en bénéficiant d'une libération conditionnelle totale.

Il a déclaré faillite en 2020, une procédure finalisée en janvier 2021, un mois avant qu'il ne soit visé par une demande d'action collective devant la justice à Vancouver.

Il suit les procédures par vidéoconférence depuis sa maison située dans les environs de Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Le processus de certification de la demande d'action en justice a pris du retard en août, car les parties ne s'entendaient pas sur l'admissibilité de certaines preuves. Les audiences devraient prendre fin en novembre, et le juge devra alors décider si l'action collective peut aller de l'avant ou si les membres du groupe doivent intenter des poursuites individuelles.

Avec les informations de Ryan Cooke

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !