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Non, un cimetière Magnus Poirier n’a pas recensé 154 bébés morts en septembre 2022

Cette vidéo présentant de fausses informations est rapidement devenue virale chez les antivaccins.

Une publication Facebook qui affirme qu'un employé de Magnus Poirier « capote sur le nombre d'enfants qu'il doit traiter depuis deux semaines ». Le mot FAUX est superposé sur l'image.

Les 154 dossiers montrés concernent des décès périnataux survenus depuis la fin 2020.

Photo : Facebook (capture d'écran)

Une vidéo dans laquelle un employé de l’entreprise de services funéraires Magnus Poirier affirme avoir « 154 bébés à traiter » depuis début septembre est devenue virale dans les sphères antivaccins, où ces décès périnataux sont associés sans fondement aux vaccins contre la COVID-19. Or, les 154 dossiers concernent des décès survenus depuis la fin de 2020.

J’ai 12 musulmans, j’ai 147 corps en entreposage non réclamés, et 154 bébés à traiter. Ça, là, c’est du 1er septembre à maintenant. 154 bébés, man, dit l’homme dans la vidéo, en montrant un logiciel interne de Magnus Poirier qui compile des fiches de décès au Cimetière de Laval.

Il n’en fallait pas plus pour que des activistes antivaccins lient cette supposée hécatombe à la vaccination contre la COVID-19. La vidéo a été vue plus de 85 000 fois sur TikTok, Facebook et Twitter.

On constate cependant, en analysant la vidéo, que les dossiers montrés datent surtout de 2021 et que seulement 13 d’entre eux sont datés de septembre 2022.

Si le nombre semble impressionnant, c’est simplement que les dossiers s’accumulent depuis à peu près deux ans et demi, explique le président et PDG de Magnus Poirier, Jacques Poirier, qui se désole que cette vidéo ait servi à alimenter les antivaccins.

M. Poirier note que le nombre peut également sembler élevé parce que le Cimetière de Laval de Magnus Poirier est le seul cimetière qui offre un service de deuil périnatal pour la grande région de Montréal.

Depuis une trentaine d’années, on offre aux centres hospitaliers le transport, la récupération et la sépulture des enfants sans frais, ni pour l’hôpital ni pour les familles. Avant, ça n’existait pas. Ce n’est pas quelque chose que l’on publicise beaucoup, mais on a des ententes avec des grands centres hospitaliers à Montréal et à Laval, et ça aide certaines familles à mieux passer à travers le deuil, dit le président de l’entreprise de services funéraires.

Un employé filmé à son insu

Jacques Poirier affirme que l'employé a été filmé à son insu par un tiers qui ne travaille pas pour l'entreprise.

L'employé décrivait la situation à quelqu'un d'autre sans savoir que quelqu'un le filmait, soutient-il.

Selon lui, la personne derrière la caméra pourrait avoir à rendre des comptes, une fois l'enquête interne en cours terminée, notamment pour avoir fait fuiter des informations confidentielles.

La vaccination n’accroît pas le risque de mortinaissance

Plusieurs études (Nouvelle fenêtre), dont une qui analysait près de 100 000 grossesses en Ontario (Nouvelle fenêtre), ont conclu que les vaccins à ARN messager contre la COVID-19 n’augmentent pas le risque de fausse couche, de naissance prématurée ou de mortinaissance.

Selon plusieurs études (Nouvelle fenêtre), contracter la COVID-19 enceinte peut augmenter le risque de complications pendant la grossesse. Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) recommande (Nouvelle fenêtre) donc aux femmes enceintes de se faire vacciner contre la COVID-19.

Les statistiques québécoises (Nouvelle fenêtre) montrent que la mortinatalité au Québec était significativement plus élevée en 2020 et en 2021 par rapport aux années précédentes. Notons toutefois que la définition de mortinaissance de l'Institut de la statistique du Québec a été élargie en octobre 2019, ce qui pourrait contribuer à cette augmentation. Nous n’avons pu obtenir de statistiques pour 2022.

Une méta-analyse d’études de partout dans le monde (Nouvelle fenêtre) publiée dans le Lancet indique que l'augmentation de mortinatalité en temps de pandémie pourrait ne pas seulement être attribuable au virus lui-même, mais aussi aux confinements, à l’interruption des services de santé et à la peur des gens de se rendre dans les établissements de santé en raison du virus.

Précision 23/09/22 : Dans une précédente version de cet article, le président et PDG de Magnus Poirier, Jacques Poirier, soutenait que l'homme dans la vidéo n'était pas un employé de son entreprise. Après la publication, M. Poirier a précisé que l'homme dans la vidéo était bel et bien à l'emploi de Magnus Poirier, mais qu'il avait été filmé par un tiers à son insu.

Il n'en demeure pas moins que les 154 dossiers concernent des décès survenus depuis la fin de 2020, et non des décès survenus depuis septembre 2022.

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