•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À l’étroit au nord, le Port de Québec convoite le sud

La Chambre de commerce et d'industrie de Lévis est « convaincue » que le Port achètera officiellement les terrains de Rabaska.

Vue d'immeubles de la ville de Québec et des installations portuaires avec en avant-plan la baie de Beauport, sur le fleuve Saint-Laurent.

Le potentiel d'expansion au nord est limité pour le Port de Québec, qui devra décider s'il acquiert ou non 271 hectares de terrains sur la Rive-Sud.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Les possibilités d'expansion territoriale du Port de Québec sont quasi nulles sur la rive nord du Saint-Laurent, surtout depuis le rejet de Laurentia dans la baie de Beauport. Au sud cependant, 273 hectares d'une zone industrialo-portuaire sont toujours à sa portée et pourraient bien représenter son tout dernier potentiel d'agrandissement dans la région.

Le Port de Québec jouera son avenir cet automne.

En plus de dévoiler un nouveau plan stratégique quelque part en novembre, il devra décider s'il se porte acquéreur ou non des terrains du défunt projet de port méthanier Rabaska.

Voulant se doter d'une réserve foncière, le Port avait annoncé en 2017 la signature d'une option d'achat pour ces terres situées à l'est de Lévis, entre l'autoroute 20 et la route 132. D'une durée de cinq ans, l'entente avec Rabaska arrivera à échéance d'ici quelques semaines.

Vue aérienne du secteur du parc industriel.

Le territoire projeté pour le parc industriel Lévis-Est, qui comprend les terrains appartenant à Rabaska, permet une connexion avec le fleuve Saint-Laurent. Un quai est davantage considéré dans le corridor situé à l'est, près de Beaumont.

Photo : Capture d'écran - Ville de Lévis

Ce délai offrait le temps à l'Administration portuaire de Québec (APQ) d'évaluer son potentiel de développement, en plus d'assurer la vocation industrialo-portuaire des lots concernés. Les terrains profitent en effet d'un décret gouvernemental obtenu par Rabaska permettant un usage autre que l'agriculture, et ce malgré un avis défavorable de la Commission de protection du territoire agricole du Québec.

Selon Frédéric Lagacé, directeur des communications à l'APQ, une décision finale sera rendue d'ici la fin de l'année ou au début de 2023. D'ici là, des études sont menées par le Port afin de documenter un certain nombre de milieux humides. La présence d'une falaise de 60 mètres, près du fleuve, pousse également le Port à approfondir ses analyses.

M. Lagacé rappelle que le Port partirait de zéro dans ce secteur. L'aqueduc, les réseaux ferroviaire et routier ainsi que l'alimentation en électricité seraient tous à développer.

Le fleuve Saint-Laurent coulant entre l'île d'Orléans et la Rive-Sud de Québec.

La Rive-Sud offre le tout dernier potentiel d'un quai en eau profonde pour le Port de Québec dans la région métropolitaine.

Photo : Radio-Canada / Amelie Auger

Rare occasion

Reste qu'avec plus d'une quinzaine de mètres de profondeur d'eau, il est déjà établi que l'endroit offre le potentiel d'accueillir des navires d'envergure. Lors de la signature de l'entente avec Rabaska, le Port voyait aussi dans ces terrains un legs pour les générations futures, lui qui ne détient pas d'autres propriétés foncières à l'heure actuelle.

Le président-directeur général du Port, Mario Girard, a clairement indiqué ces derniers mois qu'aucune expansion n'était prévue sur la Rive-Nord après l'échec du projet de terminal de conteneurs Laurentia.

L'APQ exploite des installations sur 220 hectares au nord du fleuve. Outre la diversification de ses activités ou un développement par l'intérieur, il n'y a plus d'espace pour l'ajout d'une ligne de quai. Seule la Rive-Sud lui permettrait d'agrandir son périmètre aquatique.

L'opportunité que représente cette zone industrialo-portuaire est inscrite dans le schéma d'aménagement de la Ville de Lévis, qui prévoit y attacher son parc industriel Lévis-Est. À nouveau, on y mentionne le caractère unique des lieux. [Le site] offre une des dernières opportunités pour l’aménagement d’un quai en eau profonde sur la côte est américaine, peut-on y lire.

Des installations portuaires et industrielles

Le Port de Québec est à l'étroit sur la Rive-Nord. Il envisage donc plus que jamais de tourner son regard vers la Rive-Sud.

Photo : Radio-Canada / Hugo Pothier

La zone industrialo-portuaire Québec–Lévis se trouve également dans Avantage Saint-Laurent, nom donné à la stratégie maritime du gouvernement provincial. Le développement de la Rive-Sud y est aussi considéré.

Le gouvernement du Québec est en attente du plan stratégique du Port de Québec, lequel devrait réorienter le développement de la zone industrialo-portuaire dans son ensemble, incluant la Rive-Sud, indique par courriel le ministère de l'Économie et de l'Innovation.

Avantage Saint-Laurent inclut une enveloppe de 166,3 millions de dollars pour mousser l'avancement des zones industrialo-portuaires à travers la province.

Une « chance », selon Lehouillier

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, s'est toujours montré ouvert au développement du parc industriel Lévis-Est et à un partenariat avec l'APQ. Son avis n'a pas changé. Ce secteur-là est la dernière opportunité d'expansion au niveau portuaire, souligne-t-il à son tour en entrevue à Radio-Canada. C'est un élément positif.

Selon lui, la Ville a la chance d'avoir sur son territoire d'immenses terrains pour développer un parc industriel moderne. Parmi d'autres incitatifs pour les entreprises, il note l'élargissement prochain de l'autoroute 20 et la présence du centre de transfert ferroviaire de Charny, un peu plus à l'ouest.

Si le Port de Québec devenait propriétaire des terrains de Rabaska, ces derniers tomberaient sous juridiction fédérale, tout comme le secteur projeté pour le parc industriel. Les règlements de zonage municipaux ne s'appliqueraient plus.

Le maire Gilles Lehouillier en entrevue devant le fleuve Saint-Laurent

Le maire Gilles Lehouillier est favorable au développement de la zone industrialo-portuaire et souhaite y voir pousser un parc industriel moderne et technologique.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Sans pétrole ni gaz?

Lévis précise tout de même ses orientations dans son schéma d'aménagement.

Dans une version mise à jour l'an dernier, elle prévoit qu'un tiers du territoire pourrait être développé sans la présence d'industries liées à des activités portuaires. Cet ajout découle d'une entente avec le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, selon le maire.

Autre changement important, tout projet pétrolier ou gazier ne serait pas considéré si le zonage de la Ville de Lévis s'appliquait. On a enlevé les usages qui ne faisaient pas notre affaire, explique Gilles Lehouillier. Tout ce qui est lié au pétrole, au raffinage ou à l'exploitation de gaz naturel, c'est éliminé de cette zone-là. 

Le Port et Rabaska, dans leur entente, avaient convenu qu'aucun projet de la sorte ne pourrait voir le jour dans un horizon de cinq ans après la transaction.

Une terre agricole et un boisé

Une douzaine de résidences et des terres agricoles appartiennent toujours à Rabaska, dans l'est de Lévis.

Photo : Radio-Canada / Amelie Auger

La Ville de Lévis tient aussi à respecter certaines recommandations qui étaient inscrites dans le rapport du Bureau d'audiences publiques en environnement au sujet de Rabaska, en 2007. Malgré un avis favorable, on y demandait de limiter au possible les impacts sur les milieux naturels et les percées visuelles.

Il n'y aura pas de développement entre la 132 et le fleuve, assure Gilles Lehouillier. On va vouloir préserver les percées visuelles et l'activité va plus se passer entre la 132 et l'autoroute 20. Seul le corridor à l'est, reliant le fleuve et le parc industriel, serait maintenu.

On est confiant

La Chambre de commerce d'industrie du Grand-Lévis est aussi favorable à la venue du Port de Québec. Sa vice-présidente exécutive et directrice générale, Marie-Josée Morency, appuie l'initiative sans réserve. Je ne vois que du positif. C'est vraiment très constructif, ça peut juste être positif pour notre région, affirme-t-elle.

Mme Morency est optimiste et croit que le Port de Québec procédera officiellement à la transaction. On est convaincu, lance-t-elle d'emblée avant de se reprendre. On est confiant, c'est normal qu'ils fassent des études.

Mme Morency rappelle que les deux organisations sont de proches partenaires et admet être bien au fait du dossier. Cette dernière a récemment discuté avec le pdg du Port et ne cache pas son optimisme.

J'ai vraiment senti une volonté du Port de s'installer sur la Rive-Sud.

Une citation de Marie-Josée Morency, vice-présidente exécutive et directrice générale, Chambre de commerce et d'industrie de Lévis

La Chambre de commerce et d'industrie du Grand-Lévis avait appuyé le projet de terminal de conteneurs Laurentia. Malgré son rejet, Mme Morency croit que le Port saura justifier un projet d'expansion sur la Rive-Sud, s'il y a lieu. Ils vont penser local, croit-elle. Il y a un bon engouement pour les entreprises ici de travailler avec eux.

Elle anticipe d'importantes retombées économiques en Chaudière-Appalaches si les entreprises ont un accès direct à des installations portuaires.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre ICI Québec

Une fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité régionale.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre d’ICI Québec.