•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’entretien du pont de Québec coûterait aussi cher que sa démolition

Une vue aérienne du pont de Québec.

Le pont de Québec

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Yvon Charest révèle que l’entretien du pont de Québec sur 25 ans coûterait sensiblement la même chose que sa démolition. Le négociateur pour le gouvernement fédéral utilise cet argument pour inviter le gouvernement du Québec à cesser de faire de « la petite politique » qui, si elle s’éternise, pourrait compromettre la pérennité du pont de Québec.

Après plusieurs années de négociations, le Canadien National (CN) et Ottawa sont parvenus à une entente pour que le gouvernement fédéral devienne propriétaire du pont. Or, Québec a bloqué la transaction, s’inquiétant du loyer qu’il aurait à payer pour maintenir la circulation automobile.

Selon l’entente sur la table, Ottawa serait prêt à investir 210 millions de dollars pour l’entretien du pont. La déconstruction de l’ouvrage patrimonial coûterait quant à elle entre 160 et 240 millions de dollars, selon des experts consultés en 2020 par M. Charest.

Yvon Charest, négociateur du gouvernement fédéral dans le dossier du pont de Québec.

Yvon Charest, négociateur du gouvernement fédéral dans le dossier du pont de Québec

Photo : Radio-Canada

« Ça coûte le même prix, assurer la pérennité du pont maintenant, versus avoir un jour à le déconstruire. C'est une façon pour moi de quantifier le risque de faire de la petite politique trop longtemps. »

— Une citation de  Yvon Charest, négociateur du gouvernement fédéral dans le dossier du pont de Québec

Dans une réponse par courriel, le CN assure que l’hypothèse d’une démolition du pont n’a jamais été considérée et que les investissements de l’entreprise ferroviaire ont toujours visé à assurer sa pérennité à long terme.

Une question de loyer

En ce moment, le gouvernement du Québec paie un loyer annuel de 7 millions de dollars au CN pour l’utilisation du pont où 30 000 véhicules circulent en moyenne chaque jour. Cette entente arrive à échéance le 30 septembre et des négociations sont en cours pour déterminer le montant du prochain loyer.

Pour qu’une entente soit possible entre le CN et Ottawa pour le rachat du pont, Yvon Charest explique que Québec devrait désormais payer un loyer de 11,7 millions de dollars pour l’entretien de l’infrastructure. Ce montant, négocié en 2020, serait indexé à 2 % chaque année.

En fonction du montant du prochain loyer on va savoir un peu plus c'est quoi l'écart entre ce que Québec paie au CN et ce qu'Ottawa demande. […] À 2 %, je pense que ce serait un bon deal quand je vois comment l'inflation s'est comportée au cours des deux dernières années, commente M. Charest.

Sans nouvelles de Québec

Malheureusement, avec Québec, après 14 mois de discussions, je suis encore à la case départ, déplore le négociateur Yvon Charest. Il prévient que tout délai présente un danger de voir l’entente sur la table partir en fumée.

Il souligne que ce genre de négociations est sujet à beaucoup d’impondérables. Seulement dans les deux dernières années, les négociations ont été interrompues pendant 16 mois en raison de la COVID-19 et des élections fédérales. Le CN a également une nouvelle présidente depuis mai 2022.

Alors oui, là on a l'entente sur le bout des doigts, mais elle peut partir en fumée aussi et elle aurait pu partir en fumée lors des élections fédérales de l'année passée, analyse Yvon Charest.

Le négociateur demeure néanmoins optimiste. La conclusion des élections provinciales le 3 octobre pourrait aider à dénouer l’impasse. Oui, je demeure positif parce que ça prendrait juste quelqu'un qui, après les élections, dise : "On va revoir nos priorités et ajuster les choses."

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !