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Guerre en Ukraine et menaces du Kremlin discutés au Conseil de sécurité

Antonio Guterres prononce une allocution.

Antonio Guterres a qualifié de « dangereux et inquiétants » les derniers développements dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, juge « totalement inacceptable » le spectre de la nucléarisation du conflit en Ukraine, une possibilité évoquée  (Nouvelle fenêtre)mercredi par le président russe Vladimir Poutine.

Tous les États dotés d'armes nucléaires devraient s'engager à ne pas les utiliser, a ajouté Guterres devant les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le chef de l'ONU a également appelé à faire enquête sur le catalogue des cruautés qui ont lieu en Ukraine, citant notamment des exécutions sommaires et la torture de civils.

Les 15 pays membres de l'organe de sécurité onusien, dont la Russie, sont réunis en marge de l'Assemblée générale de l'ONU pour discuter du maintien de la paix en Ukraine et de l'impunité des crimes commis depuis le début de l'invasion russe.

Or, la surenchère de Vladimir Poutine, qui a décrété la mobilisation de 300 000 réservistes et brandi la menace d'un recours aux armes nucléaires, est venue s'ajouter à l'ordre du jour.

Prenant la parole peu après M. Guterres, le secrétaire d'État américain Anthony Blinken a demandé à la Russie de mettre fin immédiatement à ses menaces nucléaires irresponsables.

Les deux hommes ont également dénoncé le soutien de la Russie à l’organisation de référendums d’annexion prévus à compter de vendredi dans quatre régions ukrainiennes occupées.

Le secrétaire général de l’ONU s’est dit profondément préoccupé par la tenue de tels scrutins, rappelant que l’annexion d’un territoire par la force ou la menace constitue une violation du droit international et de la Charte des Nations unies.

Le secrétaire d’État américain a pour sa part qualifié ces efforts de dangereuse escalade. Il a ajouté que les revendications territoriales de la Russie ne pouvaient en aucun cas priver l’Ukraine du droit de défendre son propre territoire.

Des représentants des pays membres de l'ONU écoutent le discours de Volodymyr Zelensky.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est adressé par visioconférence à l'Assemblée générale des Nations unies, mercredi, appelant à la création d'un tribunal spécial pour juger les « crimes d'agression » de la Russie en Ukraine.

Photo : Getty Images / AFP / Angela Weiss

Malgré ces vives condamnations, des diplomates du Conseil de sécurité ont indiqué qu’il n'était pas prévu d'introduire une résolution ou une action visant à imposer des sanctions à la Russie.

En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la Russie peut utiliser son droit de veto pour bloquer toute résolution qui la concerne.

C’est ce qu’elle avait fait en février dernier devant une résolution condamnant son invasion de l’Ukraine et demandant le retrait de ses troupes.

Dans une allocution préenregistrée devant l’Assemblée générale de l’ONU, mercredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a d’ailleurs renouvelé sa demande pour que la Russie soit privée de son droit de veto.

Notre         dossier Guerre en Ukraine

Moscou persiste et signe

Prenant la parole à son tour devant le Conseil de sécurité, le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergeï Lavrov, a rejeté les accusations portées contre la Russie, inversant les rôles et dénonçant l'impunité de Kiev.

Les États-Unis et leurs alliés, avec la connivence d'organisations internationales des droits de l'homme, ont couvert les crimes commis par le régime de Kiev, a accusé le plus haut diplomate du régime de Vladimir Poutine.

À Moscou, l’ancien président russe Dmitri Medvedev a pour sa part réitéré que la Russie est prête à utiliser toutes les armes dans son arsenal, y compris des armes nucléaires tactiques, pour défendre des territoires russes annexés.

Medvedev a d’ailleurs indiqué que les scrutins d’annexion prévus dans quatre régions contrôlées par des autorités prorusses iraient bel et bien de l’avant. Il est trop tard pour reculer, a-t-il ajouté.

Des bombes avant le scrutin

À la veille de ces plébiscites, une des premières villes ukrainiennes à être tombées sous occupation russe au début de l’invasion a été la cible de bombardements.

Les autorités prorusses de Zaporijia, dans le sud-est de l'Ukraine, ont annoncé jeudi qu’une explosion avait secoué un marché très fréquenté de Melitopol.

Vladimir Rogov, un membre de l’administration locale installée par Moscou, a imputé l’attaque aux services spéciaux ukrainiens, qu’il accuse de vouloir intimider la population civile avant les référendums d’adhésion à la Russie.

Yvan Fedorov, maire déchu et exilé, estime que l’attaque a été délibérément mise en scène par les forces russes afin d’accuser l’Ukraine de terrorisme. Il a déclaré que l’attaque avait blessé trois soldats et en plus de faire des victimes civiles, mais cette information n’a pu être vérifiée de manière indépendante.

Fuite aux frontières

Pendant ce temps, la mobilisation de réservistes annoncée par Vladimir Poutine a provoqué un afflux de Russes souhaitant quitter le pays.

Des files d’attente ont été observées aux frontières de plusieurs pays, notamment en Finlande et en Géorgie.

La demande pour des billets d’avion au départ de Moscou a également explosé, si bien que les prix pour un aller simple s’élevaient à plus de 5000 $ pour plusieurs destinations.

Une longue file de voitures en attente à un poste de contrôle frontalier.

Des voitures font la queue pour entrer au poste de contrôle de Brusnichnoye, à la frontière russo-finlandaise.

Photo : Reuters

Les autorités finlandaises ont d’ailleurs déclaré qu’elles envisageaient d'interdire à la plupart des Russes d'entrer dans le pays, à l’instar d’autres pays baltes qui ont pris ces dernières semaines des mesures pour restreindre radicalement l’entrée de Russes sur leur territoire.

De son côté, l'Allemagne s'est dite prête à accueillir des déserteurs de l'armée russe menacés de grave répression.

Moscou a toutefois tenté de minimiser la situation, affirmant que les reportages d'un exode étaient exagérés.

L’état-major russe a déclaré que plus de 10 000 personnes s’étaient portées volontaires jeudi, avant même l’obtention de leur convocation.

Avec les informations de Reuters, New York Times, et AFP

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