•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cap-Rouge : des citoyens « pris en otages » par des travaux

Barrière de rue avec un panneau routier qui indique qu'elle est barrée.

Mercredi, il n'y avait aucun employé sur le chantier.

Photo : Radio-Canada / Martin Boucher

Louis-Simon Lapointe

Des résidents du secteur Cap-Rouge sont exténués par des travaux qui se prolongent dans leur quartier. Si la Ville de Québec se veut rassurante, les activités sur le chantier sont suspendues en raison de correctifs d’éléments non conformes au devis.

Oh! que je suis contente de vous parler! s’exclame candidement Néfissa Saied, résidente de la rue de la Promenade-des-Sœurs. Derrière un sourire dans sa voix se cachent cependant des semaines de frustration.

Le 21 juin, j'ai eu deux personnes qui se sont présentées à la maison pour m’annoncer que le lundi suivant, la rue allait fermer. Il allait falloir [se] stationner ailleurs parce qu’il n’y aurait pas de circulation, même pas locale.

« J'étais sous le choc. Là, je lui ai dit : "Comment ça? On n'est pas informés, c'est pour combien de temps?" Il m'a dit à ce moment-là [que ça durerait de] cinq à six semaines. »

— Une citation de  Néfissa Saied, résidente de Cap-Rouge

La Ville de Québec s’apprêtait à réaliser des travaux de construction d’un collecteur pluvial le long du chemin de fer parallèle à la rue Onésime-Voyer. Un trottoir allait aussi être ajouté en bordure de rue.

Un rouleau compresseur laissé à l'abandon en plein milieu d'un chantier.

Depuis la fin d'avril, la Ville de Québec réalise des travaux majeurs de construction d’un collecteur pluvial (photo prise en juillet dernier).

Photo : Néfissa Saied

Empathique et compréhensive, Mme Saied a toutefois eu droit à une autre surprise quelques jours plus tard en pleine séance de télétravail.

Je lève les yeux puis je vois une grosse machine sur mon terrain en train d'arracher mon pommier décoratif de 30 ans. Je sors et on me répond qu'il faut creuser sous l'arbre, mais il n’y a personne qui m'a avisée, ajoute la citoyenne, visiblement irritée. Après avoir exposé son point de vue, l’employé a accepté de ne pas abattre l'arbre et a ajouté qu’il allait trouver une autre façon de se rendre au tuyau qu’il fallait changer.

Le 12 juillet, alors qu’elle s’apprêtait à prendre l'avion, Mme Saied a appris que l’arbre avait été arraché.

Un pommier sur un terrain en pleins travaux pendant l'été.

Le pommier sur le terrain de Néfissa Saied a été retiré sans qu'elle soit avertie.

Photo : Néfissa Saied

« Je pense qu’il y a eu une certaine mauvaise foi dans la gestion de ma situation. »

— Une citation de  Néfissa Saied, résidente de Cap-Rouge

À la Ville de Québec, on assure qu’une analyse quant aux arbres à abattre est généralement réalisée avant le début de tels travaux.

On communique aux citoyens exactement quels arbres doivent être retirés. Les arbres qu'on retire sont ceux qui sont situés dans l'emprise municipale, explique Wendy Whittom, conseillère en communication à la Ville.

Mme Saied considère qu'elle a été mal informée.

Quand j’ai contacté le chef de chantier de la Ville, il m'a dit qu'il y a eu une rencontre Teams avec les gens concernés, mais je le jure, je n’ai jamais été convoquée, dit-elle, ajoutant que ses voisins sur la rue de la Promenade-des-Sœurs n'avaient pas reçu d’invitation eux non plus.

Une rue et un terrain creusés ainsi qu'un tuyau municipal.

Les résidents doivent faire des détours depuis de nombreuses semaines (photo prise en juillet dernier).

Photo : Néfissa Saied

À la Ville, on soutient qu’il s’agit d’un chantier majeur pour lequel il y a eu des rencontres avec les citoyens.

« On a transmis des avis, des lettres et des dépliants aux citoyens. »

— Une citation de  Wendy Whittom, conseillère en communication à la Ville de Québec

Échéancier non respecté

C’est inacceptable, on ne comprend pas pourquoi c’est si long que ça, mentionne Stéphane St-Laurent, qui se plaint également du manque de communication. Ce résident de la rue Onésime-Voyer s’attendait à ce que les travaux durent deux mois.

On a pris notre mal en patience, on allait vivre avec. Sauf qu’à la fin des deux mois, on a bien vu que ça n’avançait pas!

« Aujourd’hui, il n’y a personne sur le chantier [...], on est pris en otages. »

— Une citation de  Stéphane St-Laurent, citoyen de Cap-Rouge

M. St-Laurent calcule que les fermetures de rues multiplient par trois le temps de se rendre au supermarché ou à l’autoroute en dehors des heures de pointe.

Un coin de rue barrée en raison de travaux.

Les citoyens de Cap-Rouge demandent des réponses à la Ville de Québec et exigent que les travaux soient complétés rapidement.

Photo : Radio-Canada / Martin Boucher

Si, au moins, ils ouvraient la rue Onésime-Voyer ou la rue des Chasseurs, on pourrait passer par là et ce serait un moindre mal. On est rendus à trois mois et on ne voit pas la fin.

Imbroglio avec l'entrepreneur?

Les citoyens rencontrés devront encore faire preuve de patience. La Ville de Québec et l’entreprise EBC, qui est responsable du chantier, soutiennent que la durée maximale des travaux restants est estimée à deux semaines.

La date du 30 septembre est toujours envisagée, mais la date de fin des travaux pourrait être légèrement décalée, selon le moment de la reprise des travaux, indique la Ville.

Depuis environ une semaine, les travaux sont suspendus en raison d’ajustements et de correctifs requis pour certains éléments sur le chantier qui sont non conformes au devis.

La Ville ajoute que des discussions sont en cours avec l’entrepreneur et avec le consultant afin que les travaux reprennent dans les plus brefs délais.

Quant à savoir si la Ville pourrait poursuivre l’entrepreneur, la Municipalité ajoute qu’il n’est pas possible à ce stade-ci de s’avancer sur la question et que la judiciarisation ou non du dossier n’a pas d’effet sur l’avancement prochain des travaux.

Un avis de la Ville de Québec au sujet de l'avancement des travaux sur un chantier de construction d'un collecteur pluvial.

La Ville de Québec a distribué cet avis aux résidents du quartier pour les informer que les travaux restants dureront un maximum de deux semaines.

Photo : Néfissa Saied

Quant au manque de communication souligné par les citoyens rencontrés, la Ville a pris soin mercredi de distribuer des avis dans tout le quartier.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !