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Santé mentale : la C.-B. doit miser sur des ressources non policières, selon un rapport

Une voiture de police dans une ruelle.

Le rapport présente 28 recommandations à la province.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Un rapport commandé par la Colombie-Britannique préconise que la province investisse davantage dans les ressources communautaires, et non policières, afin de régler les enjeux liés à la santé mentale et à la consommation de drogues qui sont à l’origine d’une apparente hausse des crimes dans des communautés.

En mai, le ministre de la Sécurité publique de la province, Mike Farnworth, et le procureur général d'alors David Eby avaient demandé cette enquête à la suite d’un appel à l’action un mois plus tôt du BC Urban Mayors’ Caucus, qui représente les maires de 13 municipalités urbaines de la province, pour mettre fin à un cycle judiciaire de capture et de remise en liberté.

L'enquête visait à évaluer comment améliorer la sécurité publique et répondre aux préoccupations liées aux délinquants récidivistes. Elle a été menée par un ancien adjoint au chef de la police de Vancouver Doug LePard et par Amanda Butler, une experte en santé mentale et système de justice criminelle.

Le rapport publié mercredi présente 28 recommandations à la province pour répondre à des failles critiques dans le continuum de soins pour les personnes qui sont impliquées dans le système judiciaire et qui souffrent de problèmes de santé mentale ou de consommation de drogues.

En ce moment, la réponse de la Colombie-Britannique à cette crise de santé mentale est laissée à la police et aux départements d’urgence des hôpitaux, qui se sont tous deux avérés avoir des conséquences néfastes sur les personnes en crise, souligne le rapport.

Nous avons besoin de solutions plus vastes et plus créatives.

Un policier de Vancouver patrouille dans le quartier du Downtown Eastside.

Le nombre de personnes ayant reçu des peines de prison a diminué pendant la pandémie, passant de 15 284 en 2019 à 9165 en 2021, souligne le rapport.

Photo : Shutterstock / Adam Melnyk

Délinquants récidivistes, un terme à éviter

Parmi les 28 recommandations, l'une d'entre elles demande à la police et à la province d’arrêter d’utiliser le terme de délinquant récidiviste, car non seulement [cela] perpétue les torts et la stigmatisation, mais [cela] échoue à répondre au manque de sécurité de ces individus.

Le panel recommande plutôt de créer des centres de crise qui offrent un accès à des soins de qualité en santé mentale et en toxicomanie, qui acceptent les personnes sans rendez-vous ainsi que les personnes transportées par ambulance, pompier et police.

Parmi la série de recommandations, le rapport suggère que chaque Cour provinciale se dote d’une infirmière psychiatrique, et conseille à la province de mettre en place des unités à faible sécurité, inspirées d’une approche britannique, pour intervenir auprès des personnes ayant des besoins complexes en santé mentale et en toxicomanie.

Ces unités devraient être conçues pour assurer des services de réadaptation intensive [aux individus], de même que des services sociaux, de logement, d’éducation et d’aide à l’emploi.

Le ministre de la Sécurité publique Mike Farnworth, le 21 septembre 2022.

Le ministre de la Sécurité publique de la Colombie-Britannique, Mike Farnworth.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Tout le monde mérite d’être en sécurité

En conférence de presse mercredi, le ministre de la Sécurité publique a affirmé que son ministère attribuera plus de fonds aux équipes communautaires pour identifier les personnes vulnérables qui pourraient commettre des crimes, afin de les connecter rapidement aux services dont ils ont besoin.

Il a également annoncé le retour d’un projet pilote, qui a fonctionné dans plusieurs communautés de la province entre 2008 et 2012, afin d'identifier et de superviser les délinquants récidivistes et les mettre en lien avec des personnes-ressources.

Tout le monde mérite d’être en sécurité dans sa maison, son travail, dans la rue, partout dans la province, a-t-il affirmé.

Les changements prennent du temps, mais ils ne peuvent pas arriver sans ces étapes fondamentales que l’on annonce aujourd'hui, a indiqué de son côté le maire de Kelowna, Colin Basran, qui était présent à la conférence de presse.

Avec les informations de Jason Proctor

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