•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Recensement 2021 : de plus en plus d’Inuit vivent dans le sud du Canada

Le centre-ville d'Ottawa, vu de Gatineau, en septembre 2022.

La proportion d’Inuit vivant en milieu urbain a grimpé entre 2016 et 2021, selon Statistique Canada.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La proportion d’Inuit vivant en milieu urbain a grimpé considérablement depuis le dernier recensement, au point où elle a augmenté plus rapidement que la population inuit vivant dans le Grand Nord, révèlent les dernières données de Statistique Canada.

Dans son analyse démographique (Nouvelle fenêtre), rendue publique mercredi, Statistique Canada s’est intéressée à l’évolution de la population autochtone au pays, un thème scindé en plusieurs axes, dont l’âge, le logement, la démographie urbaine et les ménages à faible revenu.

En 2021, le Canada comptait 70 545 Inuit, une augmentation de 8,5 % comparativement à 2016.

La majorité - soit près de 70 % - vivait en 2021 dans l’Inuit Nunangat, le terme employé pour désigner les quatre régions inuit du nord du pays : la région désignée des Inuvialuit (nord du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest), le Nunavut, le Nunavik (nord du Québec) et le Nunatsiavut (nord du Labrador).

Le Nunavut comptait d’ailleurs la proportion d’Inuit la plus importante, soit près de 31 000.

Une migration vers les centres urbains

Les données du recensement montrent que la population inuit vivant dans le sud du pays a grimpé environ huit fois plus rapidement que celle vivant dans l’Inuit Nunangat.

En 2021, la région métropolitaine d’Ottawa-Gatineau était celle qui comptait le plus d’Inuit vivant dans le sud du pays, devant celles d’Edmonton et de Montréal.

Le directeur adjoint du Centre de l’information sur le marché du travail de Statistique Canada, André Bernard, indique cependant que, puisque le recensement dénombre la population selon le concept de lieu habituel de résidence, les chiffres recueillis pourraient être inférieurs à la réalité.

Il y a beaucoup d’Inuit qui vont se déplacer d’une communauté inuit vers les centres urbains, souvent pour recevoir des services, pour les études [ou] le travail, souvent de façon temporaire, souligne-t-il.

« Il peut y avoir, dans une journée donnée, plus de personnes inuit dans les grandes villes que ce qu’indiquent les données du recensement. »

— Une citation de  André Bernard, directeur adjoint du Centre de l’information sur le marché du travail de Statistique Canada
L'enseigne de l'organisme tungasuvvingat inuit devant un bâtiment à Ottawa.

Tungasuvvingat Inuit offre divers services aux Inuit d'Ottawa, dont ceux qui viennent temporairement dans le Sud pour recevoir des soins.

Photo : Radio-Canada / Émilien Juteau

Disparités en matière de logements

André Bernard dit qu'il est difficile d’expliquer les raisons de ces migrations accrues vers le sud du pays. Le rapport permet toutefois de constater des tendances différentes entre le Nord et le Sud, notamment en ce qui a trait au logement. Ce thème fait d’ailleurs l’objet d’une autre analyse démographique (Nouvelle fenêtre) parue mercredi.

[Les Inuit] qui résident dans l'Inuit Nunangat étaient près de trois fois plus susceptibles d'habiter un logement nécessitant des réparations majeures que ceux vivant à l'extérieur de l'Inuit Nunangat, peut-on lire dans le rapport.

Environ quatre fois plus d’Inuit vivaient dans un logement surpeuplé dans cette région que dans le sud du pays.

Des maisons d'Iqaluit, au Nunavut.

La part des Inuit vivant dans un logement surpeuplé se trouvaient principalement dans l'Inuit Nunangat, selon le recensement.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Une donnée supplémentaire sur les Inuit

Statistique Canada a ajouté une nouvelle question dans son questionnaire pour mieux cerner la proportion d’Inuit étant bénéficiaires d’un accord sur les revendications territoriales, comme c’est le cas pour les Nunavummiut inscrits en vertu de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut.

Il y avait une grosse demande pour ces données parce que le gouvernement du Canada a notamment des obligations envers les Inuit en vertu de ces accords, explique André Bernard.

[Le recensement] permet aux régions inuit, aux gouvernements [et] aux communautés d’utiliser ces données pour la prise de décision, explique-t-il. Les données démographiques sont utiles [...] pour le gouvernement du Canada qui travaille avec les Inuit et a des obligations envers eux.

Une population jeune

Si la population autochtone demeure encore plus jeune que le reste de la population canadienne, l’analyse démographique montre également que les Inuit se démarquent d’autres groupes autochtones au pays de par leur plus jeune âge.

Leur âge moyen était de 28,9 ans; ils étaient suivis des membres des Premières Nations (32,5 ans) et des Métis (35,9 ans), peut-on lire dans le rapport.

Un enfant marche dans une rue de Clyde River, une communauté de l'île de Baffin, au Nunavut.

Parmi les trois groupes autochtones, les Inuit sont les plus jeunes, selon Statistique Canada.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

La pandémie, conjuguée au manque de recenseurs au Nunavut parlant l’inuktut, la langue inuit, a complexifié le dénombrement sur le terrain. André Bernard assure toutefois que les données sont fiables et représentatives.

Parmi les mesures destinées à ajuster le tir, il mentionne le prolongement de la période de collecte des données et la mise en place du Programme de liaison avec les Autochtones qui vise à faire le pont entre Statistique Canada et les populations autochtones.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !