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Les éditeurs de jeux vidéo sous la menace du piratage

Des gens font la queue devant un kiosque dont le mur est orné d'une image du jeu vidéo grand theft auto 5.

Le jeu «Grand Theft Auto V» s'est vendu à plus de 170 millions d'exemplaires dans le monde depuis sa sortie, en 2013.

Photo : afp via getty images / YOSHIKAZU TSUNO

Agence France-Presse

Vidéos volées et mauvaise publicité autour d'un des jeux vidéo les plus attendus : Rockstar Games, producteur de la célèbre série Grand Theft Auto (GTA), a vu des extraits de son sixième opus piratés et divulgués sur Internet le week-end dernier, symbole de la menace qui pèse de plus en plus sur les développeurs et éditeurs.

Mardi, c'était au tour de Diablo 4, un autre titre d'envergure dont la sortie est prévue en 2023, de voir de longues vidéos faire l'objet de fuites sur un forum spécialisé.

Activision Blizzard, Electronic Arts, Ubisoft, Capcom... La liste des éditeurs victimes de cyberattaques ciblées n'a cessé de s'allonger ces dernières années.

Le cas le plus emblématique reste celui de CD Projekt RED : le groupe polonais avait publié en 2021 une copie de la demande de rançon de pirates qui disaient avoir volé les codes sources [l'architecture informatique d'un programme] de productions majeures comme Cyberpunk 2077 et The Witcher 3, ainsi que des documents internes.

Un homme se tient devant une voiture en regardant une ville futuriste.

Une image du jeu «Cyberpunk 2077»

Photo : Courtoisie / CD Projekt

Le pirate promet de nouvelles fuites

Le site spécialisé PC Gamer avait relevé le week-end dernier la publication d'un dossier contenant quelque 90 vidéos du prochain GTA sur des forums spécialisés. S’identifiant comme teapotuberhacker, le pirate a promis de faire fuiter plus d'informations prochainement.

C’est décevant que des détails du prochain jeu vous soient transmis de cette façon, a déploré Rockstar Games, qui avait confirmé en février dernier qu'elle était en train de concevoir le sixième opus de sa série à succès, sans toutefois fournir de date de sortie.

L'enjeu est de taille pour le studio alors que Grand Theft Auto V, son plus récent titre, s'est vendu à plus de 170 millions d'exemplaires dans le monde depuis sa sortie, en 2013, et a généré près de 9,5 milliards de dollars canadiens de revenus.

Vache à lait aussi populaire que décriée pour sa violence, GTA permet aux joueurs et joueuses de commettre une variété de crimes dans des villes inspirées de New York, Los Angeles, San Francisco et Miami.

Une stratégie de lancement ébranlée

Quelles sont les conséquences sur le développement du jeu après un tel piratage? À ce stade-ci, nous n'anticipons pas de perturbations sur nos services de jeu en direct, a assuré Rockstar. Notre travail continue comme prévu.

En réalité, c'est un bouche-à-oreille négatif en matière d'image qui met à plat la stratégie de lancement du jeu en enlevant tout effet de surprise, d’après Julien Pillot, économiste spécialiste des industries culturelles.

Après une telle mésaventure, l'objectif est de rassurer les futurs clients et le marché sur les capacités de réaction de l'entreprise face à cette fuite, ajoute Loïc Guézo, expert en cybersécurité.

Car après avoir déjà été chahuté en bourse lundi, le cours de Take-Two Interactive, géant américain du secteur et propriétaire de Rockstar Games, continuait de décrocher de près 3 % mercredi à Wall Street.

Quel que soit le diagnostic – entre l'inévitable lancement d'un audit pour rechercher les responsabilités, les équipes de cybersécurité qui devront redoubler d'efforts pour trouver les brèches et le bouleversement à venir pour les équipes créatives –, le temps de production du jeu s'allongera inévitablement, sans compter les coûts supplémentaires, selon des spécialistes.

Le code source, le nerf de la guerre

C'est sans oublier la plus grosse crainte des éditeurs sur le plan de la cybersécurité : le vol du code source du jeu.

Le code source, c'est le savoir-faire, c'est le capital intellectuel de l'entreprise, explique Loïc Guézo. Une analyse en amont du code source peut donner des idées sur la manière de pirater ou détourner les fonctions du jeu.

Si c'est vraiment le code source qui a été volé, je crois que Rockstar est dans l'obligation de le récupérer d'une manière ou d'une autre, renchérit Julien Pillot.

Le code source, c'est vraiment l'ADN du jeu, son squelette. Cela coûte beaucoup trop cher et nécessite beaucoup trop de temps pour que vous puissiez repartir de zéro, conclut-il.

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