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Débat régional de Radio-Canada Saguenay-Lac-Saint-Jean : Andrée Laforest ciblée

Un animateur et des candidats sur un plateau de télévision.

Le débat était présenté à l'intérieur du Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean mercredi.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

La ministre régionale sortante, Andrée Laforest, a été la cible de ses adversaires à plusieurs reprises pendant le débat régional de Radio-Canada, où elle a dû défendre son bilan et les promesses de la Coalition avenir Québec (CAQ) au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La candidate qui brigue un second mandat dans Chicoutimi a croisé le fer mercredi lors du Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean avec Caroline Dubé, candidate du Parti québécois (PQ) dans Jonquière, Adrien Guibert-Barthez, candidat de Québec solidaire (QS) dans Chicoutimi, ainsi qu’avec Tommy Pageau, candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans Dubuc, lors du débat animé par Jean-François Coulombe.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) devait être représenté par Tricia Murray, candidate dans Lac-Saint-Jean. Elle a toutefois dû annuler sa participation en raison de la COVID-19. Le PLQ n’a pu déléguer un autre candidat dans la région pour la remplacer. Chaque parti était libre de déléguer le candidat régional de son choix.

Les candidats avaient 30 secondes chacun lors du débat pour faire connaître leur position, suivi pour plusieurs enjeux d’un échange de deux minutes. Une dizaine de thèmes régionaux différents ont été abordés pendant l'exercice qui a duré près d'une heure, en passant par la santé, l’éducation, l’immigration ou encore l’inflation, où les candidats ont aussi mis de l'avant les positions nationales de leur parti.

GNL Québec, changements climatiques et Rio Tinto

Le dossier de GNL Québec a refait surface dès les premières minutes du débat, alors que le thème de l’environnement était abordé. Tommy Pageau a plaidé que le projet de GNL Québec permettrait de réduire les gaz à effet de serre (GES) à l’échelle mondiale.

« On pourrait faire fermer sept centrales au charbon en Allemagne. Vous en voulez des baisses de GES? »

— Une citation de  Tommy Pageau, candidat du Parti conservateur dans Dubuc

Adrien Guibert-Barthez, qui a milité contre le projet de GNL Québec au sein de la Coalition fjord, a critiqué à différentes reprises l’appui antérieur de la CAQ au projet ainsi que l'appui du PCQ.

Il estime de son côté que la solution pour réduire les GES passe par un plan ambitieux qui s’appuie notamment sur des mesures touchant les transports. Il souhaite augmenter de 50 % le budget de la Société de transport du Saguenay.

Quatre personnes de dos lors d'un débat, face à un animateur.

Le débat était animé par le chef d'antenne Jean-François Coulombe.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

Les candidats ont aussi été invités à se prononcer sur les attestations dont dispose Rio Tinto pour polluer davantage que la limite permise.

Pour la péquiste Caroline Dubé, un rapport de force est nécessaire face à la multinationale.

Il faut être clair avec Rio Tinto, il ne faut pas nécessairement manger dans leur main. Ça prend un rapport de force. Pour ça, ça prend une concertation qui est solide, pas seulement avec les élus, avec la société civile et les syndicats, a-t-elle affirmé.

Moi je trouve qu’il faut vraiment être prudent avec Rio Tinto, a mentionné de son côté Andrée Laforest, qui avait souligné un peu plus tôt l’importance de la production d’aluminium à faible émission de carbone dans la région.

« Parce que Rio Tinto a des normes à respecter et a 100 critères à respecter au niveau de la Loi sur la qualité de l'environnement. Elle les respecte. Maintenant, il faut mentionner que Rio Tinto est la plus responsable au niveau de l’aluminium au monde.  »

— Une citation de  André Laforest, candidate de la Coalition avenir Québec dans Chicoutimi

Adrien Guibert-Barthez croit de son côté que les exigences envers Rio Tinto doivent être resserrées. Il faut absolument le faire, étant donné la santé publique, c’est une question de santé des gens, si on ne veut pas se retrouver avec un cas comme la Fonderie Horne en Abitibi, a-t-il soutenu.

Le conservateur Tommy Pageau estime de son côté qu’il faut travailler conjointement avec l’entreprise, qui est le coeur et le poumon de la région. Il ne faut pas leur mettre des freins, des restrictions, il faut les encourager, a-t-il plaidé.

Caribou forestier

Le dossier du caribou forestier a également suscité plusieurs échanges entre les candidats, alors que la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards a déposé son rapport à la fin du mois d’août.

Oui, ça prend un équilibre entre le caribou forestier et les travailleurs, a affirmé la caquiste Andrée Laforest, en soulignant que son gouvernement a autorisé le projet d’aire protégée près de la rivière Péribonka.

Il faut travailler avec les MRC, c’est ce qu’on fait présentement, on va continuer, mais il faut protéger nos emplois, ici, en région. On est la première région au niveau de l’industrie forestière , a-t-elle insisté.

Le solidaire Adrien Guibert-Barthez a plutôt répliqué qu’il estime que l’inaction de la CAQ est responsable du débat en cours.

« Actuellement, si on se dirige vers une crise de la foresterie entre protection des caribous versus protection de l’industrie forestière, c’est parce que la CAQ n’a rien fait, en création d'aires protégées, en concertation, en protection des emplois , a-t-il soutenu. »

— Une citation de  Adrien Guibert-Barthez, candidat de Québec solidaire dans Chicoutimi

Caroline Dubé plaide de son côté en faveur d’un équilibre, mais estime que davantage d’aires protégées doivent être créées. Maintenant, il faut aussi s'occuper des aires protégées, il n’y en a pas beaucoup, il n’y en a pas assez , a-t-elle affirmé.

Le conservateur Tommy Pageau a lui aussi parlé d’équilibre. Le caribou forestier se porte relativement bien, il ne se perdra pas un emploi au Saguenay pour un caribou, a-t-il cependant lancé.

Un homme derrière une caméra, avec un plateau de télévision en arrière-plan.

Une dizaine de thèmes différents ont été abordés lors du débat régional diffusé au Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Claude Desbiens

Port de Saguenay

Les échanges ont commencé à se faire plus vigoureux lorsque l’enjeu de la diversification économique a été abordé et que le développement du Port de Saguenay s’est invité dans le débat.

Tommy Pageau a reproché à la CAQ, qui comptait quatre députés sur cinq dans la région, d’avoir attendu un premier mandat avant de s’intéresser au développement du port de Grande-Anse. Ça fait quatre ans qu’il est là, votre gouvernement, et ça n’a pas avancé, a-t-il reproché.

Andrée Laforest a répliqué qu’un premier investissement, conjointement avec Ottawa, avait été annoncé pour un projet de convoyeur électrique, tout en rappelant que la CAQ s’était engagée à investir 117 M$ pour le développement du port en eaux profondes si elle était portée à nouveau au pouvoir.

La péquiste Caroline Dubé estime que le Port de Saguenay fait plutôt figure de prix de consolation pour la CAQ face au port de Bécancour.

On s’entend, le port de Bécancour est très compétitif, ça appartient au gouvernement du Québec. Il est plein. Maintenant, on s’intéresse au Port de Saguenay, a-t-elle déploré.

Donc, quels sont vos projets, vous?, a alors répliqué Andrée Laforest, ce à quoi Caroline Dubé a répondu en parlant de fibre cellulosique et de miser sur la technologie Elysis de Rio Tinto. On l’a fait, continuez!, a de nouveau répliqué Andrée Laforest.

Crise du logement et santé

La ministre régionale sortante, qui avait également le portefeuille des Affaires municipales et de l’Habitation, a dû répondre au tir groupé de ses opposants sur la gestion de la crise du logement de la CAQ.

Madame Laforest a été la ministre qui a nié la crise du logement pendant quatre ans , a lancé le solidaire Adrien Guibert-Barthez, qui a également insisté sur l’accès à la propriété devenu de plus en plus difficile pour les jeunes qui souhaitent devenir propriétaires.

Nos promesses, on les tient. On avait promis d’en financer 15 000 [logements], on a financé 15 000. D’en construire, on en a construit 9418, a-t-elle répondu.

Sur l’enjeu de la santé, Caroline Dubé a remis en question l’impact sur le terrain de la nomination de directeurs locaux au sein du réseau de la santé par la CAQ, en soulevant également les enjeux majeurs actuels du réseau en santé physique et mentale.

« Directeurs locaux, c’est super intéressant. Mais quand tu habites à Lamarche, et qu’il faut que tu ailles faire de la dialyse trois, quatre fois par semaine, à Chicoutimi, qu’il y ait un directeur local, par rapport à ça, c’est pas fameux. »

— Une citation de  Caroline Dubé, candidate du Parti québécois dans Jonquière

Le solidaire Adrien Guibert-Barthez a de son côté souligné que Québec solidaire comptait ramener 800 psychologues dans le secteur public, alors que le conservateur Tommy Pageau a notamment insisté sur l’importance de renforcer l’aide à domicile pour les aînés.

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