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La Vérif : réduire de moitié les tarifs de transport en commun, ça coûterait combien?

Un autobus du RTC embarque des passagers.

Québec solidaire veut réduire de 50 % le prix des titres de transport d'ici 2026-2027.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Beaumont-Drouin

Nahila Bendali

Québec solidaire (QS) propose de réduire de 50 % les tarifs de transport en commun au Québec dans un premier mandat. Le parti estime qu’il faudra verser 500 millions de dollars aux sociétés de transport de la province pour pallier les pertes financières liées à cette mesure. Mais quel est le coût réel de cette promesse?

On pense que la meilleure façon de concilier une bonification de l’accessibilité et une amélioration du service [...] c’est de viser une réduction des tarifs de 50 % sur quatre ans et de le faire progressivement pour permettre aux sociétés de transport de s’adapter, de faire les changements tarifaires et d'absorber la hausse de l’achalandage qui devrait venir si on baisse les tarifs, a affirmé le co-porte-parole solidaire Gabriel Nadeau-Dubois en point de presse mardi.

Grosso modo, les revenus qui proviennent des ventes de billets représentent le tiers du financement des sociétés de transport en commun. Le reste est couvert par le gouvernement du Québec et les municipalités.

QS s’engage à compenser la totalité des pertes de revenus découlant d’une réduction tarifaire qui atteindrait 50 % pour tous les usagers à compter de 2026-2027.

Les estimations de Québec solidaire reposent sur les revenus tarifaires et l’achalandage des sociétés de transport en 2019. Le parti estime que la fréquentation du transport en commun sera de retour à ses niveaux prépandémiques dès 2023.

Gabriel Nadeau-Dubois devant une station de métro.

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois lors d'une annonce concernant le transport à commun à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Selon les prévisions de l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ), qui représente les 10 plus grandes sociétés de transport de la province, les recettes provenant de la vente de laissez-passer atteindront près de 1,14 milliard $ en 2026.

La moitié de ce montant, qu’il faudrait verser en dédommagement, équivaut à 568,5 M$, alors que QS évalue le coût de sa mesure à 500 M$. Le manque à gagner serait donc de 68,5 M$ si la mesure n’avait aucun impact sur l’achalandage.

QS mise sur une hausse de l'achalandage

Or, la formation de Gabriel Nadeau-Dubois évalue qu’une baisse des tarifs de 50 % inciterait 5 % plus de gens à utiliser les transports collectifs.

Selon QS, cette hausse ferait grimper les revenus des sociétés de transport, ce qui atténuerait l’impact financier de sa politique en bout de piste.

Cette logique tient la route uniquement si Québec solidaire ne les dédommage pas entièrement pour les tarifs réduits dont bénéficieraient les nouveaux usagers attirés par sa mesure.

Si l’on se fie toujours aux prévisions de l’ATUQ, une augmentation de l’achalandage de 5 % en 2026 ferait passer les recettes tarifaires de 1,14 à 1,19 milliard $ si le plein tarif était exigé.

Pour compenser une réduction de 50 % accordée aux usagers, c’est 595 M$ qui devraient être versés aux sociétés de transport, plutôt que les 500 M$ indiqués par QS.

L’ATUQ souligne que l’arrivée de nouveaux usagers engendrerait des coûts additionnels pour les sociétés de transport. Il faut cependant tenir compte de l’offre de service dans l’équation, car s’il y a des usagers de plus il faudra probablement mettre à certains moments des autobus additionnels, ce qui augmentera les dépenses d’exploitation.

Après la publication de cet article, QS a confirmé que les compensations ne seraient pas offertes aux sociétés de transport pour l’achalandage supplémentaire qu’entraînerait sa proposition.

Mais la formation politique s’engage à les dédommager si jamais une hausse du nombre d’usagers engendre des dépenses additionnelles.

Pour répondre à ces augmentations potentielles de dépenses d’exploitation et augmenter l’offre de transport collectif, Québec solidaire investit 21,8 milliards $ en immobilisations sur quatre ans et bonifie de 200 M$ par année l’enveloppe accordée au Programme d’aide au développement du transport collectif , a précisé une porte-parole du parti.

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