•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Biden soutient les « femmes courageuses » en Iran

Joe Biden.

Le président des États-Unis, Joe Biden, s'exprime au cours de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies.

Photo : Associated Press / Julia Nikhinson

Agence France-Presse

À la tribune de l'ONU mercredi, le président des États-Unis Joe Biden s'est dit solidaire des « femmes courageuses d'Iran » après qu'au moins huit personnes ont été tuées lors de la répression de manifestations dans la République islamique, déclenchées par le décès d'une femme arrêtée par la police des mœurs.

Son homologue iranien Ebrahim Raïssi a quant à lui dénoncé l'hypocrisie de l'Occident et s'est montré intransigeant devant l'Assemblée générale des Nations unies, alors qu'il est sous pression pour ce qui est du programme nucléaire de son pays et des droits des femmes, et qu'il est visé par une plainte de dissidents à New York.

Des manifestants à Téhéran.

Des manifestants iraniens à Téhéran quelques jours après la mort de Mahsa Amini en garde à vue

Photo : Getty Images / -

Dans nombre de villes de la République islamique, surtout dans le nord-ouest à Urmia et à Sardasht, des manifestations nocturnes ont éclaté mercredi soir pour la cinquième nuit d'affilée.

Elles se succèdent dans une quinzaine de villes depuis l'annonce du décès de Mahsa Amini, vendredi, jusqu'à la ville sainte de Qom, au sud-ouest de Téhéran, cité natale du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Ce dernier s'est exprimé mercredi à Téhéran, mais sans rien dire de ces troubles.

Le bilan s'établit pour l'instant à six morts, selon les autorités iraniennes, auxquels il faut ajouter deux personnes tuées dans la nuit de mardi à mercredi, selon un groupe kurde basé en Norvège.

Dans le sud, des images vidéo datant apparemment de mercredi montrent des manifestants en train de brûler un portrait immense du général Qassem Soleimani, tué par une frappe américaine en Irak en janvier 2020.

Des manifestations dans 15 villes

Ailleurs dans le pays, des manifestants en colère ont bloqué la circulation, incendié des poubelles et des véhicules de police, lancé des pierres sur les forces de sécurité et scandé des slogans hostiles au pouvoir, selon l'agence officielle Irna. La police a fait usage de gaz lacrymogènes et procédé à nombre d'arrestations pour disperser la foule, a précisé l'agence.

D'autres images montrent des manifestants ripostant en arrachant des bombes lacrymogènes aux forces de l'ordre et en les empêchant de procéder à des arrestations.

Les plus virales sur les réseaux sociaux sont celles où l'on voit des femmes mettre le feu à leur foulard.

Des hommes et des femmes, dont beaucoup avaient ôté leur foulard, se sont rassemblés à Téhéran et dans d'autres grandes villes du pays, selon Irna.

Non au foulard, non au turban, oui à la liberté et à l'égalité! ont crié des manifestants à Téhéran. Leurs slogans ont été repris en solidarité à New York et à Istanbul.

Âgée de 22 ans et originaire du Kurdistan (nord-ouest), Mahsa Amini a été arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour port de vêtements inappropriés par la police des moeurs, une unité chargée de faire respecter le code vestimentaire strict dans la République islamique.

Selon des militants, la jeune femme a reçu un coup mortel à la tête, une allégation officiellement démentie par des responsables, qui ont annoncé une enquête.

Les femmes en Iran doivent se couvrir les cheveux et la police des mœurs leur interdit en outre de porter des manteaux arrivant au-dessus du genou, des pantalons serrés, des jeans troués ainsi que des tenues de couleurs vives.

Pour Mahtab, une maquilleuse de 22 ans coiffée d'un foulard orange qui laisse voir ses cheveux, le foulard doit être un choix, on ne doit pas nous forcer à le porter.

Outre la colère en Iran, l'annonce du décès de la jeune femme, dont le prénom kurde est Jhina, a suscité de vives condamnations internationales, notamment de la part de l'ONU, des États-Unis et de la France.

« Nous sommes aux côtés des courageux citoyens et des courageuses femmes d'Iran, qui manifestent en ce moment même pour défendre leurs droits les plus élémentaires. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Le nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly, avait évoqué mercredi matin, dans un entretien à l'AFP, un autre chemin possible pour les dirigeants iraniens.

Le président Raïssi a aussitôt accusé l'Occident d'appliquer deux poids, deux mesures en matière de droits de la personne, évoquant la mort de femmes de peuples autochtones au Canada ou la répression israélienne dans les territoires occupés palestiniens.

Ces manifestations constituent une secousse très importante en Iran, c'est une crise sociétale, a déclaré à l'AFP David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), spécialiste de l'Iran.

Ces manifestations sont peut-être le début d'un grand changement, estime aussi le directeur de l'ONG Iran Human Rights (IHR), Mahmood Amiry Moghaddam, interrogé à Oslo.

À New York, le président Raïssi est également la cible d'une plainte censée avoir été déposée mardi par des dissidents iraniens et d'anciens prisonniers politiques, le poursuivant pour la condamnation à mort de milliers de personnes quand il était juge dans les années 1980.

Enfin, M. Raïssi, sous la pression des Occidentaux pour relancer l'accord encadrant le programme nucléaire de Téhéran, a assuré devant l'ONU que la République islamique ne cherchait pas à se doter de l'arme atomique.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !