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Pénurie de main-d’œuvre : un restaurant ferme pour mieux rouvrir

L'enseigne de la brasserie française Chez Jules.

La brasserie française Chez Jules ferme temporairement ses portes, le temps de rebâtir son équipe affectée par la pénurie de main-d'œuvre.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

La brasserie française Chez Jules, située au cœur du Vieux-Québec, ferme temporairement ses portes en raison de la pénurie de main-d'œuvre. La fermeture pourrait durer de quelques semaines à quelques mois puisque l'équipe en place est épuisée.

La directrice générale Alexandra Vachon parle d’une pause essentielle après un été achalandé et un fort roulement de personnel en cuisine. Après un an à essayer de survivre dans un contexte très difficile, on a pris la décision de faire une pause pour être capables de rebâtir une équipe qui se tient, une équipe qui a aussi une spécialisation en cuisine, et de repartir sur de bonnes bases.

Mme Vachon précise qu’aucun employé ne sera mis à pied pendant la fermeture. On n’est pas ouverts, mais on a des choses à remettre en place pour ce qui est de nos standards, de nos embauches, des recettes et des formations, de simples formations qu’on n'a pas eu le temps de faire depuis des années avec nos employés.

Plus question d’embaucher pour embaucher

La direction de l’établissement se promet aussi de tout faire pour procéder à des embauches à long terme, idéalement avec des employés qui ont de l’expérience. C’est beau, avoir des gens en cuisine, mais il faut aussi avoir les bonnes personnes. Si on a du roulement constamment, qu’on ne prend pas le temps de faire les bonnes embauches, ça nuit non seulement à la réputation de l’établissement mais aussi à l’équipe en place.

Le défi sera de taille. Le restaurant cherche depuis plusieurs mois un chef d’expérience pour diriger sa brigade. Alexandra Vachon a déniché en France un bon candidat qui souhaiterait déménager le plus tôt possible à Québec, mais les démarches d’immigration amorcées depuis plus de six mois n’ont pas encore abouti.

Pour ces gens-là qui ont une spécialisation, en ce moment, les délais sont au-dessus de huit mois d’attente, ce qui est inacceptable, dénonce la gestionnaire.

Les gouvernements provincial et fédéral ont fréquemment promis de s’attaquer aux retards, mais Mme Vachon ne voit aucune amélioration pour l’instant.

« Il n’y a absolument rien qui a changé depuis un an, c’est de pire en pire. On n’a aucune aide. Tout ce qu’on a, ce sont des promesses. Les promesses, ça ne fait pas survivre les entreprises. »

— Une citation de  Alexandra Vachon, directrice générale de la brasserie française Chez Jules
La terrasse de la brasserie Chez Jules dans le Vieux-Québec.

Avant la fermeture, la brasserie avait déjà réduit ses heures d'ouverture pour faire face à la pénurie de main-d'œuvre.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

Forcés de rentrer en France

La directrice de la brasserie Chez Jules s’étonne aussi que certains cuisiniers qualifiés déjà au pays soient forcés de rentrer en France si l’entreprise qui les emploie est contrainte de fermer. Ces travailleurs étrangers ont souvent un permis de travail fermé qui les lie à leur employeur.

Ça n’a aucun sens. Il y a des gens qu’on connaît, qui ont les qualifications […], ils étaient sur le territoire et on n’était pas capables d’avoir un permis de travail. Il faut les retourner en France et qu’ils refassent une nouvelle demande.

« Ils sont déjà ici, alors pourquoi c’est si compliqué, si lourd? Il n’y a aucune raison valable. »

— Une citation de  Alexandra Vachon, directrice générale de la brasserie française Chez Jules

Alexandra Vachon espère que son restaurant sera fermé le moins longtemps possible, notamment pour profiter de la période très achalandée du marché de Noël allemand. Pas question néanmoins de précipiter la réouverture tant que l’équipe ne sera pas rebâtie.

La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’on va rouvrir. Ça, c’est certain. Et quand on va ouvrir, on va être prêts et ce sera sur du long terme.

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