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Bruno Pelletier se dévoile à travers un nouveau récit biographique

Le chanteur a douté de lui durant les plus importants moments de sa carrière.

Bruno Pelletier est assis devant un piano. Son album et son récit biographiques sont déposés sur le piano. L'artiste regarde la journaliste.

Bruno Pelletier s'ouvre sur sa vie personnelle à travers un nouveau récit biographique.

Photo : Radio-Canada

Alicia Rochevrier

Quarante années ont passé depuis les débuts en carrière de Bruno Pelletier. De nature solitaire, le chanteur a rarement parlé de ses projets personnels et encore moins de l'anxiété de performance qui l'habite encore aujourd'hui lors des grandes premières. À 60 ans, Bruno Pelletier ose enfin parler des moments importants de sa vie à travers un récit biographique et un album de 12 chansons.

Rencontre avec l'artiste.

Bruno Pelletier, vous sortez aujourd’hui deux œuvres complémentaires où vous vous dévoilez davantage. Qu’est-ce que ça signifie pour vous, ce récit et cet album?

Bruno Pelletier : Ça signifie être prêt, simplement. Ceux qui me connaissent savent que j'ai un côté assez discret. J'ai pas tant que ça dévoilé beaucoup de pans de ma vie au long de ces 40 ans. Je l'ai fait un peu en début de carrière parce que je ne connaissais pas assez la business (rires). J'ai fait une carrière où quand j'allais dans les médias, je parlais surtout de projets professionnels. Aujourd'hui, c'est les réseaux sociaux où les artistes et les vedettes se mettent beaucoup en scène et montrent beaucoup de choses d'eux. Moi, y'a toujours eu une espèce de léger combat avec ça. La façon de faire le métier et la façon de présenter notre vie personnelle à travers tout ça. Je me suis préservé de tout ça, particulièrement dans les 20 dernières années. On s'y est pris à trois fois pour me convaincre de faire ce récit biographique. C'est un entretien et des discussions avec Samuel Larochelle qui est un jeune auteur, journaliste, mais aussi chanteur. Et ça, ç'a joué dans l'équation parce qu'il avait un angle et une façon de poser les questions. Je me suis mis à raconter des choses que je ne pensais pas raconter dans ma vie.

On apprend d'ailleurs dans cette biographie que l'anxiété fait partie de votre vie, particulièrement lors des événements importants, comme les grandes premières médiatiques.

Bruno Pelletier : On parle toujours du trac pour les artistes, ils sont nerveux. Mais quand ça dépasse ça, quand on est au bord des crises de panique, quand on est malades, quand on dort plus, à un certain moment, ça ne devient pas normal. Ça m'a pris beaucoup de temps à être capable de comprendre que plusieurs artistes le vivent, mais personne en parle. Ça m'a pris tout un parcours pour être capable d'arriver à dire : Ce que vous voyez, ça semble être une force sur scène, les veines qui sortent pendant que je chante, mais en dedans, j'étais tout petit. Aujourd'hui, je suis un peu plus grand.

Est-ce que cette anxiété vous a remis en question à continuer ou non votre carrière?

Bruno Pelletier : Tellement! Je pense que ça fait quatre fois que je dis que j'arrête. Parce que je veux plus vivre ça. Comme de fait, il arrive toujours un nouveau projet qui m'emballe. Même si je sais ce que je vais vivre, je sais que le projet est emballant alors j'y vais. J'ai les outils maintenant pour mieux le contrôler.

Le récit « Il est venu le temps... » et l'album « Car le temps est venu » sont déposés l'un à côté de l'autre.

Le récit « Il est venu le temps... » et l'album « Car le temps est venu » sortent conjointement le 21 septembre.

Photo : Radio-Canada

Si vous avez continué votre carrière, c'est parce que vous en retirez tout de même du plaisir. Qu'est-ce que vous aimez le plus dans votre métier?

Bruno Pelletier : Depuis que j'ai commencé à en parler, il y a des gens qui me disent Mais ça n'a pas de sens de vivre ça à chaque spectacle!, mais je dis Ce n'est pas à chaque spectacle, c'est à chaque grand événement. Ça peut être chanter à la télé en direct devant des millions de personnes, je vais être mort de trouille. Ça peut être une première à Londres comme j'ai eu avec Notre-Dame-de-Paris. Je ne vais pas dormir pendant des semaines avant. C'est le moment, c'est des événements, ça commence en amont jusqu'à l'événement. À partir de là après, je m'amuse et je commence à avoir vraiment du plaisir. T'es rendu à 30, 40 représentations, puis là, c'est du plaisir, avec tes collègues, avec tes musiciens.

En complément à ce récit biographique Il est venu le temps..., vous sortez l'album Car le temps est venu. Ces deux projets sont-ils interreliés?

Bruno Pelletier : Dès le départ, j'avais dit à Samuel que si on faisait un récit biographique, on ferait un projet complet. Je voulais faire de la musique aussi qui va accompagner le projet littéraire. Au départ, ça devait être un EP. On a commencé le projet en 2019. La pandémie est arrivée début 2020. Je me suis fait un studio chez moi, j'ai écrit beaucoup plus de chansons que prévu sur des thèmes qui sont abordés dans le livre et donc ça donne un album au lieu d'un EP.

Quels sont les thèmes abordés dans l'album?

Bruno Pelletier : Je parle de ma mère, je parle de mes vieux chums avec qui j'ai fait de la musique justement ici à Québec. Je parle de l'anxiété avec la chanson Dans ma tête, où je me sens un peu imposteur, de faire semblant de montrer que tu es fort sur scène. Je parle aussi de la différence des gens, des communautés, de tout ce qu'on est, de l'humain.

Est-ce que ces projets biographiques ont été libérateurs pour vous?

Bruno Pelletier : Oui... Mais ça, je ne le savais pas. Au départ, ce n'était pas naturel, puis ça l'est devenu parce que j'étais en confiance avec Samuel. Mais j'avais mis de côté tout ce j'avais dit pour le livre. Le temps que les impressions se fassent, il y a eu quelques mois qui ont passé. Là, il fallait que je replonge pour le nommer clairement devant les gens, à la caméra, devant vous. C'est refaire l'exercice à nouveau. La semaine passée, je n'étais pas très bien, mais finalement, il y a un super bel accueil au projet. Quand tu vois que les gens comprennent ce que tu as voulu faire, ça me rassure un peu. J'ai été un insécure très longtemps, mais ça disparaît, ça, doucement. L'âge aide, les projets, une certaine réussite fait qu'un moment donné tu fais : Ok, tu l'as méritée, ta place.

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