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Le fabricant d’avions De Havilland créera 1500 emplois avec une usine près de Calgary

L'avion en vol déverse son eau. La compagnie a un carnet de commande de 22 appareils.

Le nouveau fleuron de De Havilland : le DHC 515, un avion-citerne capable de déverser 6000 litres d'eau en 12 secondes.

Photo : Gracieuseté : De Havilland/N.Fazos

Le constructeur aéronautique De Havilland, fabricant des bombardiers d’eau emblématiques, a confirmé mercredi après-midi qu’il prévoit notamment construire une usine dans la région de Calgary.

L’entreprise, qui a récemment transféré son siège social à Calgary, affirme que son nouveau site inclura des chaînes de montage, un aérodrome, des bureaux et même un musée, et emploiera plus de 1500 personnes. 

“Nous avons essayé de voir si c’était possible de construire un complexe aéronautique dans la région de Toronto et ce n’était vraiment pas réaliste économiquement, a expliqué le vice-président de De Havilland, Neil Sweeney. Le prix des terrains était vraiment beaucoup trop élevé.”

Il affirme que l’Alberta offre davantage de possibilités de croissance pour l’entreprise en raison de sa main-d'œuvre plus jeune et plus abondante. 

L'entreprise est déjà présente à Calgary, où elle fabrique notamment des DHC-515, le successeur des avions-citernes Canadair CL-415. Ce type d’avions-citernes, dont le premier exemplaire devrait être livré en 2026, a connu un engouement à cause des violents incendies en Europe. L'Union européenne a commandé 22 de ces appareils. 

De Havilland assemble aussi en Alberta des DHC-3 Otter, de petits avions connus pour leur fiabilité et leur longue durée de vie. L’entreprise entend aussi relancer à Calgary la fabrication d'un autre ancien appareil de Bombardier : les avions régionaux Q400. 

Sherry Brydson et son mari sur un podium devant un avion De Havilland.

L’annonce a été officialisée par la milliardaire Sherry Brydson.

Photo : Radio-Canada / Lounan Charpentier

Ces deux chaînes de production seront éventuellement transférées vers la nouvelle usine. 

Le manufacturier aéronautique, qui est détenu par la milliardaire canadienne Sherry Brydson, souhaite que la majorité de la chaîne de production soit située au même endroit et espère être en mesure de louer ou de vendre du terrain à certains de ses fournisseurs.

Le premier ministre Jason Kenney avait vendu la mèche plus tôt en matinée au cours d’une conférence de presse à Toronto où il tentait à nouveau de convaincre les Torontois de venir s’installer en Alberta. Il a qualifié cet investissement d’annonce historique pour la diversification économique de la province.

« À cause de notre dépendance à l’industrie de l’énergie, nous savons que c’est essentiel que nous diversifions et aujourd’hui c’est une grande étape vers la diversification de l’économie albertaine. »

— Une citation de  Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta

Jason Kenney a précisé que certains des emplois annoncés seraient des délocalisations depuis Toronto, l’ancien siège social de la compagnie De Havilland. Selon lui, c’est le faible taux d’imposition et la réglementation albertaine moins contraignante qui a convaincu De Havilland de s’installer en Alberta.

Le premier ministre a laissé entendre qu'il y aurait d’autres annonces à venir dans le domaine aéronautique.

Le Québec demeure le géant canadien

L’entreprise n’a pas chiffré la hauteur de son investissement, mais affirme qu’il sera de plusieurs centaines de millions de dollars. Mehran Ebrahimi, directeur du Groupe d'études en management des entreprises de l'aéronautique et professeur à l'École des sciences de la gestion à l'UQAM, croit cependant qu’il y a une demande pour les appareils fabriqués par De Havilland.

[Les Q400] sont des avions qui sont très bien conçus pour les vols régionaux avec une bonne performance au niveau de la rentabilité et du coût d’opération, explique-t-il.

Il ajoute que la demande pour des avions-citernes est appelée à augmenter en raison de la multiplication des feux de forêt.

Malgré la filiation avec Bombardier, il précise cependant que Calgary est encore bien loin de pouvoir concurrencer l’industrie aéronautique québécoise qui compte près de 70 000 emplois. 

Mehran Ebrahimi voit cependant un parallèle avec l'implantation d'Airbus à Mobile, en Alabama. Le manufacturier européen y fabrique certains de ses modèles A-220 et A-320.

« On n’a pas fait de l’Alabama la capitale mondiale de l'aéronautique, mais n'empêche qu’il y a des sous-traitants et des entités de services autour. Avec toute une activité économique autour, on pourrait dire qu'il y a eu près de 10 000 emplois créés [là-bas]. »

— Une citation de  Mehran Ebrahimi, directeur du Groupe d'études en management des entreprises de l'aéronautique

Les nouveaux emplois prendront cependant du temps à se matérialiser à Calgary. La construction du site pourrait commencer à la fin de 2023, mais le chantier pourrait prendre 10 à 15 ans avant d'être complété. 

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