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Campagne électorale : le débat de la Chambre de commerce boudé par les gens d’affaires

La Chambre de commerce et d'industrie de Québec a tenu un débat électoral devant un auditoire clairsemé.

La Chambre de commerce et d'industrie de Québec a tenu un débat électoral devant un auditoire clairsemé.

Photo : Radio-Canada

Les échanges sur la rareté de la main-d'œuvre, sur la mobilité et sur les changements climatiques se sont déroulés devant un public clairsemé.

C'est d'ordinaire un événement attendu durant une campagne électorale. Cette année, le débat de la Chambre de commerce n'a réuni qu'une poignée de gens d'affaires. Dans la salle, il y avait plus de personnel politique ou de candidats venus encourager leurs collègues sur scène que d'entrepreneurs.

Pourtant, les problèmes pour les gens d'affaires sont bien réels. La pénurie de main-d'œuvre ralentit la reprise économique et les projets de mobilité qui retardent réduisent l'attractivité de la région auprès des travailleurs qui souhaiteraient s'établir ici.

Il y a deux semaines, le même exercice a fait salle comble à Lévis, de quoi réjouir le maire Gilles Lehouillier, qui était présent.

De l'avis du président et chef de la direction de la Chambre de commerce, il ne faut pas y voir un manque d'intérêt de la part des gens d'affaires. Steeve Lavoie affirme que ce genre d'activité attire tout au plus une centaine de personnes d'un scrutin à l'autre.

Malgré la faible participation des gens d'affaires, M. Lavoie estime que la Chambre de commerce a le devoir d'organiser de tels événements dans la Capitale-Nationale. On a un rôle à jouer, souligne-t-il. Il se dit satisfait des idées qui ont été débattues.

Vision

Le débat s'est ouvert sur les engagements des partis pour le développement et le rayonnement de la Capitale-Nationale. C'est le bilan de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui a été pris à partie.

Le projet phare de la CAQ dans la région consiste à transformer la gare fluviale en un marché public près du fleuve. Le marché Champlain, moi, j'appelle ça le syndrome de la pépine, a déclaré Jeanne Robin, candidate du Parti québécois (PQ) dans Taschereau. Donc, réhabiliter un site patrimonial, vous ne croyez pas à cela? a demandé son adversaire caquiste.

Jonatan Julien a répondu que son parti est le seul à avoir présenté une plateforme complète pour la région de la Capitale-Nationale, une phrase qu'il a répétée à quelques reprises durant la soirée.

Mobilité

Le débat a été plus diversifié sur la question de la mobilité. Les cinq partis proposent des solutions différentes pour réduire la circulation : tunnel, pont, train léger, tramway et SRB. Le candidat de la CAQ a aussi dû s'expliquer en ce qui a trait à l'absence d'études sur le troisième lien.

Jonatan Julien a tenté de calmer le jeu en répétant que des études seront rendues publiques au cours de la prochaine année. Rien ne nous indique que le projet sera le même dans six mois, a répliqué la candidate péquiste. Le candidat libéral dans Jean-Lesage, Charles Robert, a reproché à la CAQ d'avoir créé un climat toxique autour des projets de mobilité dans la région en torpillant les liens avec les maires Labeaume et Marchand. Tous les grands projets sont au neutre parce qu'on est dans une relation de "chiquage" de guenille.

Questionnée sur la possibilité de construire un pont sur l'île d'Orléans à l'encontre de la volonté des insulaires, la candidate du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans Taschereau, Marie-Josée Hélie, a répliqué que ce ne sont pas 6000 citoyens de l'île d'Orléans qui doivent décider pour tous les gens de la grande région de Québec.

Cette affirmation a fait sursauter le candidat de Québec solidaire (QS) dans Jean-Talon. Olivier Bolduc se demande en effet pourquoi le PCQ appuie le groupe Québec mérite mieux, qui milite pour l'abandon du projet de tramway. Ils sont moins de 6000 et ils peuvent bloquer un projet de transport structurant. Je ne sais pas en quoi ils sont plus légitimes.

Par ailleurs, Marie-Josée Hélie ne s'inquiète pas de l'impact d'un troisième lien sur l'étalement urbain. La densification, plus on met de monde dans le même paquet, plus on augmente les problèmes sociaux.

Pont de Québec ignoré

La Chambre de commerce aurait bien aimé entendre les candidats se prononcer sur l'avenir du pont de Québec, dont le dossier s'enlise entre Ottawa et Québec. Par trois fois, l'animatrice de la soirée, la journaliste Julie Couture, a tenté de les rappeler à l'ordre pour connaître leur position.

Ce n'est pas le bon débat pour cela, lui a répondu le candidat de la CAQ, Jonatan Julien. Il faudrait que le gouvernement fédéral soit invité, a-t-il ajouté. La question de la pérennité du pont ne fait pas partie des engagements de la CAQ pour la région de Québec.

Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, Steeve Lavoie, plaide une fois de plus pour que les décideurs trouvent une façon de protéger le pont de Québec, joyau de la région. La seule chose que l'on souhaite avec le pont de Québec, c'est de ne pas se rembarquer dans un autre tourbillon de 10 ou 15 ans.

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