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Fermeture du Chocolats Favoris : des inquiétudes dans le Vieux-Lévis

Façade du Chocolats Favoris sur l'avenue Bégin de Lévis.

Reportage de Raphaël Beaumont-Drouin sur la fermeture de Chocolats Favoris à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Beaumont-Drouin

Louis-Simon Lapointe

La fermeture préventive de la succursale Chocolats Favoris du Vieux-Lévis suscite de l'appréhension. Un récent rapport fait état de la « vétusté très avancée au bâtiment » situé au 32, avenue Bégin, si bien que les propriétaires n’excluent pas sa démolition.

On attend des diagnostics très profonds au niveau de la structure, explique Charles Auger, vice-président au développement de Chocolats Favoris.

Mardi, l’entreprise fondée en 1979 annonçait devoir fermer prématurément les portes de sa première succursale de manière préventive. Si les problèmes d’infiltration d’eau étaient déjà connus, un nouveau rapport a poussé les propriétaires à agir ainsi.

Affiche annonçant la fermeture de la chocolaterie dans la porte de l'édifice.

La chocolaterie du Vieux-Lévis a fermé ses portes en attendant son déménagement temporaire dans le secteur Miscéo.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Beaumont-Drouin

Ce qui vient de rentrer, c’est un rapport supplémentaire qui mentionne la possibilité de dangers potentiels à la suite d'un séisme, confie Charles Auger.

Puisque d’importants travaux étaient déjà prévus dans l’édifice au caractère historique, Chocolats Favoris avait prévu déplacer temporairement ses activités dans le quartier Miscéo. Elle compte maintenant tout mettre en œuvre pour accélérer cette ouverture.

« La chocolaterie va rouvrir fin octobre ou début novembre dans son local temporaire, en espérant revenir dans le Vieux-Lévis, à l’adresse actuelle si possible. »

— Une citation de  Charles Auger, vice-président au développement de Chocolats Favoris
Charles Auger en entrevue devant Chocolats Favoris.

Le vice-président au développement de Chocolats Favoris, Charles Auger, se fait une « mission » de ramener l'entreprise à la même adresse.

Photo : Radio-Canada

Un immeuble mal entretenu?

Joint par téléphone, l'ancien propriétaire du 32, avenue Bégin, Mario Vézina, n'a pas voulu commenter la fermeture. Il assure toutefois avoir bien entretenu le bâtiment et que celui-ci était dans un bon état lorsqu'il a été vendu à Dominique Brown en 2012.

La direction actuelle se défend d’avoir laissé l’immeuble à l’abandon.

On a fait plusieurs réparations et entretiens depuis 10 ans, se défend Charles Auger.

Les citoyens rencontrés ne sont pas insensibles à la situation.

On a pu constater depuis quelques années l’apparition de membranes pour protéger le bâtiment, confie Charles-Olivier Roy, résident du Vieux-Lévis.

Les murs arrière de la bâtisse abritant la succursale de Chocolats Favoris de Lévis et ses membranes protectrices.

Des membranes sont apparues sur les murs de la succursale Chocolats Favoris de Lévis.

Photo : Radio-Canada

Rose-Lise Lamontagne demeure dans le quartier depuis une trentaine d’années. Elle dénonce l’attitude des propriétaires de Chocolats Favoris qu’elle qualifie d’irresponsable et irrespectueuse.

Est-ce que ce sont les citoyens qui vont devoir sauver ces bâtiments patrimoniaux un à un?, questionne-t-elle.

« Qu’on évoque une possible démolition, c’est très surprenant. On s’attend à ce qu’une institution protège son identité. »

— Une citation de  Charles-Olivier Roy, résident du Vieux-Lévis

M. Roy milite en faveur de la protection du patrimoine du Vieux-Lévis depuis plusieurs années. Il dit s’attendre à un signal fort de la part des propriétaires de l’entreprise et fait appel à leur bonne foi.

Le citoyen de Lévis Charles-Olivier Roy en entrevue devant Chocolats Favoris.

Charles-Olivier Roy est inquiet pour l'avenir du Vieux-Lévis.

Photo : Radio-Canada

Quand on nous dit que tout est sur la table, c’est la pire chose qu’on veut entendre. On veut savoir que le bâtiment va être préservé. C’est un symbole identitaire fort pour le Vieux-Lévis, clame-t-il.

Ces citoyens demandent l’intervention de la Municipalité qui, au printemps, avait annoncé son intention de mieux protéger ses bâtiments patrimoniaux.

Par courriel, la Ville de Lévis indique maintenir son intérêt de conserver Chocolats Favoris dans le Vieux-Lévis. Elle est en contact avec le propriétaire de cette institution emblématique qui souhaite un retour rapide dans ses installations d'origine, ajoute-t-elle.

Concernant l'immeuble situé au 32, avenue Bégin, elle indique qu’aucune demande officielle n'a été déposée à la Ville jusqu'à présent. Le propriétaire a été informé des dispositions réglementaires applicables à cet immeuble localisé en milieu patrimonial.

Affiche extérieure de l'entreprise Chocolats Favoris devant l'édifice de l'avenue Bégin à Lévis.

Fondée en 1979, l'entreprise Chocolats Favoris a déménagé au 32, avenue Bégin en 1996.

Photo : Radio-Canada

Le GIRAM suivra le dossier de près

Fondé en 1983 par un groupe de professeurs du Cégep de Lévis-Lauzon, le Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) s'intéresse au patrimoine et intervient en aménagement du territoire.

Son vice-président, Gaston Cadrin, met en doute la volonté des entrepreneurs d’entretenir cet édifice.

Ce qu’on demande aux propriétaires, c’est de faire tout en leur possible pour le remettre en état et d’engager des spécialistes pour analyser de tels bâtiments patrimoniaux.

Gaston Cadrin du GIRAM souriant.

Gaston Cadrin du GIRAM demande aux propriétaires de Chocolats Favoris de protéger l'immeuble patrimonial du Vieux-Lévis.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Beaumont-Drouin

Gaston Cadrin est inquiet pour le retour de l’entreprise dans le Vieux-Lévis.

« Le mot temporaire est toujours dangereux, le temporaire peut devenir permanent. »

— Une citation de  Gaston Cadrin, vice-président du GIRAM

Il s’attend à ce que le déménagement de l’entreprise qu’il qualifie de commerce moteur ait un impact sur la vitalité du quartier.

C’est quelque chose qui faisait de l’animation dans le Vieux-Lévis, remarque-t-il.

Quant à l’avenir du bâtiment, le GIRAM est prêt à monter aux barricades.

S’il y a une option de démolition, on va être les premiers à monter des dossiers pour s’opposer. On est très coriace, avertit Gaston Cadrin.

Avec les informations de Raphaël Beaumont-Drouin

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