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Les familles des victimes de Portapique demandent une transformation de la GRC

L'ombre de Me Sandra McCulloch, qui témoigne devant la Commission des pertes massives.

La Commission des pertes massives a entamé sa dernière semaine d'audiences publiques le lundi 20 septembre 2022.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La Commission des pertes massives, qui enquête sur la fusillade d’avril 2020 en Nouvelle-Écosse, entame sa dernière semaine d'audiences publiques.

Les familles des victimes doivent présenter leurs conclusions et leurs recommandations aux commissaires mardi et mercredi. Certaines le feront en personne et d'autres le feront par l’entremise de leur avocat.

Me Sandra McCulloch, Me Josh Bryson et Me Tara Miller ont pris la parole mardi avant-midi.

Les trois avocats ont vivement dénoncé les erreurs de la GRC et ont exprimé le désir de leurs clients que ce corps policier soit transformé en vertu des recommandations de la Commission des pertes massives, qui enquête sur la fusillade d’avril 2020 en Nouvelle-Écosse.

Me Sandra McCulloch a soulevé le grand manque de formation des agents et le manque de communication flagrant non seulement entre le personnel de la GRC mais également avec le public.

« Le manque de communication le plus grave a été le fait de ne pas avertir les citoyens! »

— Une citation de  Sandra McCulloch, avocate

Elle reproche aussi à la GRC un manque de communication avec les membres de la communauté de Portapique, où la tragédie a commencé.

Sandra McCulloch, avocate.

Sandra McCulloch, avocate à la firme Patterson Law, représente de nombreuses familles de victimes et d'autres personnes affectées par la tragédie devant la Commission des pertes massives.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Elle a rappelé que les gens de la place connaissaient la route du champ de bleuets et qu’une communication efficace aurait pu contenir le tueur à Portapique.

Me McCulloch a aussi relevé un manque de ressources, une mauvaise gestion des renseignements et le manque de flair de la GRC qui, à son avis, aurait dû percevoir les signes précurseurs chez le tueur.

Ce ne sont pas des erreurs qu’il faut cacher derrière un financement insuffisant ou en disant que la tragédie était sans précédent, a dit l’avocate.

Ce sont, selon nos clients, des erreurs de base qui ont contribué à la nature inédite de l’événement.

Elle a conclu en rappelant les frustrations de ses clients en ce qui a trait au travail de la commission.

Josh Bryson parle devant la commission.

Josh Bryson, l'avocat qui représente la famille des victimes Peter et Joy Bond, s'adresse à la Commission des pertes massives.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Me Josh Bryson, qui représente les deux fils des victimes Peter et Joy Bond, est venu s’exprimer au sujet de la grande désorganisation de la GRC.

Il a dit que ses clients dénoncent la bureaucratie qui, à leur avis, paralyse ce corps policier. Les deux frères ont dû attendre 30 heures avant que la police confirme le décès de leurs parents.

Il y a sept niveaux bureaucratiques à franchir avant que [l'information] parvienne au quartier général pour voir si chaque division a besoin de ressources, donc ça doit changer, car ce n’est pas efficace comme approche, a-t-il témoigné.

De son côté, Me Tara Miller représente la famille de Kristen Beaton, l'infirmière enceinte qui a été tuée sur la route.

Ses remarques ont rappelé certains points mis en avant par les autres avocats, mais Mme Miller a aussi mis l’accent sur le manque d'obligation redditionnelle de la GRC. Elle a fait remarquer qu’au fil des ans, il y a eu plusieurs enquêtes et de nombreuses recommandations et que, malheureusement, la GRC ne les a pas toutes appliquées. Elle a cité en exemple le rapport sur la fusillade de 2014 à Moncton.

Des statues de trois policiers.

Les policiers abattus par Justin Bourque en 2014 ont été immortalisés.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La GRC avait alors fait appel au commissaire adjoint à la retraite Alphonse MacNeil pour examiner les événements entourant cette fusillade qui a fait trois morts et deux blessés, tous des membres du détachement de Codiac de la GRC.

Par l’entremise de leurs avocats, les familles des 22 victimes de la fusillade de Portapique, la pire tuerie au Canada, ont réitéré leurs vives critiques à l’endroit de la GRC et ont prié la Commission des pertes massives d’émettre des recommandations qui vont forcer ce corps policer à revoir ses façons de travailler, surtout au moment d'une crise.

Jeudi, des groupes de défense de toutes sortes doivent présenter leurs recommandations à la commission. Puis, vendredi, ce sera au tour des groupes de défense des libertés civiles et de la justice pénitentiaire, du syndicat qui représente la plupart des agents de la GRC et des avocats des ministères fédéral et provincial de la Justice.

La Commission des pertes massives continuera à élaborer ses recommandations jusqu'à la fin de septembre. Le grand public peut aussi soumettre ses idées en ligne.

Les commissaires vont prendre quelques mois pour terminer leur travail et prévoient remettre leur rapport final d'ici le 31 mars 2023.

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