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Dominique Anglade ouverte à discuter du mode de scrutin « après les élections »

Plan rapproché de Dominique Anglade.

La cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, a reconnu que les intentions de vote étaient divisées entre les partis qui affrontent la Coalition avenir Québec.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

La cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, nie avoir lancé un appel au vote stratégique, mardi, dans une entrevue radiophonique. Mais en constatant la division des forces d’opposition à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, elle dit maintenant être ouverte à discuter d’une éventuelle réforme du mode de scrutin.

En entrevue à la radio WKND 99,5, mardi matin, Mme Anglade a commenté les sondages, dont le dernier de la firme Léger, et a reconnu que grosso modo, ça ne bouge pas. Mais peu importe l’enquête d’opinion, une constante s’impose : la CAQ reste loin devant les autres principaux partis, qui se partagent environ 55 à 60 % des intentions de vote restantes.

T’as 62 % des Québécois qui ne veulent pas François Legault comme premier ministre. Soixante-deux pour cent! C’est énorme! Et la raison pour laquelle c’est comme ça, c’est qu’on est tous divisés, a décrit la cheffe libérale.

« Ce que j’aimerais voir, c’est qu’on soit capables de se rassembler et de bloquer François Legault. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

À cause de la division du vote autre que caquiste, Mme Anglade prédit que son adversaire va se retrouver avec un nombre de sièges énorme, et ce n’est pas ça que la majorité des Québécois veulent.

On voit des distorsions qui sont réelles, a ajouté la cheffe libérale en mêlée de presse un peu plus tard, avant de prononcer une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Assez pour envisager de revoir le mode de scrutin? Ça fait partie des choses qu’il faudrait regarder, a-t-elle répondu. C’est une discussion qu’on doit avoir après les élections.

Mais ce changement ne pouvant se faire à 10 jours du scrutin, Dominique Anglade a voulu clarifier son message.

Je lance un appel au rassemblement des forces. Allez voter, a-t-elle dit en ajoutant qu’elle a cette volonté de rassembler.

Vite en affaires, juge Nadeau-Dubois

Relancée en anglais, Mme Anglade a cependant maintenu qu'elle ne concédait rien dans les présentes élections.

Mais ce qui pouvait sembler un appel au vote stratégique n'est pas passé inaperçu du côté de Québec solidaire (QS). Dominique Anglade ferme les livres un peu vite sur la campagne électorale, a jugé le co-porte-parole du parti Gabriel Nadeau-Dubois en point de presse à Montréal, ajoutant qu'il la trouvait vite en affaires.

Les appels au vote stratégique, on regardera ça à la veille de l’élection, a tout de même indiqué M. Nadeau-Dubois. Ça m’étonnerait que j’appelle à voter pour un autre parti que Québec solidaire, a-t-il toutefois ajouté.

Il a répété qu'à son avis, Québec solidaire demeure l'alternative à la CAQ. J’invite les gens à voter Québec solidaire dans les 125 circonscriptions. Ça tombe bien, on a 125 candidats, nous, a lancé le chef parlementaire de Québec solidaire, dans une pointe rappelant le rejet de la candidature libérale dans Matane-Matapédia, contesté en cour par le PLQ.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, qui, comme Québec solidaire, réclame une réforme du mode de scrutin, s’est montré pour sa part peu enthousiaste au sujet de l'appel au rassemblement de son adversaire libérale. Je ne suis pas dans ce registre, a-t-il laissé tomber lors d'un point de presse à Tadoussac, indiquant qu’il continuait à faire une campagne de qualité sur un mode authentique.

M. St-Pierre Plamondon n'a pas voulu commenter en détail la remontée de son parti que suggèrent certains sondages. On demeure humble, s’est-il contenté de répondre, lorsqu'on l'a interrogé sur la possibilité de chaudes luttes entre le PQ et la CAQ dans certaines circonscriptions.

De passage en Beauce, Éric Duhaime s'est réjoui pour sa part de voir pour la première fois la firme Léger accorder au Parti conservateur du Québec (PCQ) la deuxième place dans les intentions de vote, ex aequo avec le PLQ. Avec 16 % d'appuis, c'est aussi la première fois que le PCQ dépasse la barre des 15 % dans les sondages de Léger, a-t-il également souligné.

Cela dit, M. Duhaime croit que sa formation fera encore mieux le 3 octobre en recevant une prime à l'urne. Le chef conservateur estime pouvoir compter sur un électorat discret, c'est-à-dire un électorat généralement sous-estimé par les maisons de sondage en raison de sa faible participation aux enquêtes d'opinion.

Selon lui, sa formation est sous-estimée par les médias montréalais, voire diabolisée par certaines personnes. Pour nous, la sortie de vote [sera] cruciale , a-t-il résumé.

Le dernier sondage Léger, publié par les médias de Québecor, a été réalisé du 16 au 18 septembre dernier auprès de 1046 répondants.

Quant au meneur selon les sondages, le chef de la CAQ, François Legault, il a souligné que c'est la première fois qu'il doit affronter quatre chefs de parti qui s'attaquent à moi en même temps.

J'aime bien la situation dans laquelle [la CAQ se trouve]. Je ne l'échangerais pas avec personne d'autre. Maintenant, on ne prend rien pour acquis. On va continuer de travailler fort, a-t-il dit en marge d'un point de presse à Orford, en Estrie.

Durant la présente campagne, le chef caquiste a affirmé que le mode de scrutin n'intéressait pas la population du Québec, à part quelques intellectuels. Une affirmation qui a fait bondir Jean-Pierre Charbonneau, ex-ministre péquiste de la Réforme des institutions démocratiques et président du Mouvement démocratie nouvelle, qui défend la mise en place d’un nouveau mode de scrutin depuis 1999 au Québec.

Tout au plus, François Legault a reconnu certains avantages aux modes de scrutin proportionnels, mais aussi l'inconvénient d'amener plus de gouvernements minoritaires. Il a toutefois répété qu'il ne s'agissait pas d'une priorité pour l'électorat, après deux ans de pandémie.

À la veille des élections de 2018, la CAQ, QS, le PQ et le Parti vert avaient conclu, avec l'appui du Mouvement démocratie nouvelle, une entente de principe selon laquelle le mode actuel de scrutin, uninominal à un tour, serait aboli s'ils accédaient au pouvoir. Seul le PLQ n'avait pas voulu y participer, jugeant qu'une telle réforme ne [ferait] aucunement consensus chez les électeurs et [diluerait] de façon claire et nette l’influence de toutes les régions du Québec.

Avec la collaboration de Yannick Donahue et Jérôme Labbé

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

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