•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Recul du taux d’inflation à 7 % en août au Canada

Une femme au comptoir de paiement d'un supermarché.

Les prix de plusieurs biens et services augmentent, mais moins rapidement, exception faite du panier d'épicerie qui a connu en août sa plus forte augmentation depuis août 1981.

Photo : iStock / Juanmonino

Statistique Canada a annoncé mercredi que l'indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 7 % en août par rapport à l'année précédente. Il s'agit toutefois d'un recul de 0,6 point de pourcentage par rapport au taux d'inflation de juillet, qui était de 7,6 %.

C'est le second recul de l'inflation annuelle au Canada en deux mois depuis le sommet de 8,1 % atteint en juin dernier.

Comme ce fut le cas en juillet, ce nouveau ralentissement de la croissance des prix est une fois de plus largement attribuable au recul du prix de l'essence.

Ce qui signifie que le prix des biens et services en général n'a pas beaucoup fléchi en dépit de cinq hausses consécutives du taux directeur de la Banque du Canada cette année pour tenter de freiner la surchauffe de l'économie.

Il s'agit néanmoins d'une bonne nouvelle dans la mesure où l'IPC sans l'essence n'avait pas affiché de recul depuis plus d'un an.

« Il s'agit du premier mois où l'IPC sans l'essence affiche un ralentissement d'une année à l'autre depuis juin 2021. »

— Une citation de  Statistique Canada

Sans l'essence, les prix se sont accrus de 6,3 % d'une année à l'autre en août, après avoir affiché une augmentation de 6,6 % en juillet, précise l'agence fédérale.

Toujours en excluant l'essence, ce sont essentiellement les transports (+10,3 %) et le logement (+6,6 %) qui sont responsables du ralentissement de la croissance des prix en août dernier. La hausse du prix des biens non durables a aussi ralenti (+10,8 %), tout comme le prix des biens durables notamment les automobiles ou les appareils électroménagers (+6 %).

Toutefois, la hausse constante des prix de l'épicerie (+10,8 %) est venue atténuer les gains réalisés le mois dernier sur l'inflation.

Les prix des aliments achetés en magasin (+10,8 %) ont affiché l'augmentation la plus marquée depuis août 1981 (+11,9 %), souligne Statistique Canada dans son rapport mensuel.

On constate que probablement le sommet au niveau de l’inflation aurait été atteint en juin. Ça, avait baissé un peu en juillet et là ça continue à baisser en août avec une inflation de 7 %. Ça, c’est une bonne chose, expliquait mardi matin l'économiste principal de Desjardins, Benoit Durocher, sur les ondes d'ICI RDI.

« Quand on regarde les aliments et l’énergie […], ça continue à augmenter, mais ça augmente de moins en moins rapidement depuis quelques mois et c’est quand même une nouvelle encourageante. »

— Une citation de  Benoit Durocher, Économiste principal au Mouvement Desjardins

L'essence toujours en baisse

Le prix de l'essence à la pompe a poursuivi en août sa lente régression après avoir flambé à plus de 2 $ le litre au printemps dernier, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Du mois d’août 2021 à août 2022, le prix de l’essence a grimpé de 22,1 %, alors qu’en juillet, cette augmentation d’une année à l’autre atteignait 35,6 %.

D'un mois à l'autre, les prix de l'essence ont reculé de 9,6 %, après avoir diminué de 9,2 % en juillet. Il s'agit de la plus forte baisse mensuelle observée depuis avril 2020, constate Statistique Canada.

Les salaires

Alors que le prix des aliments, des biens et des services continue d'augmenter, le salaire horaire moyen a aussi augmenté de 5,4 % par rapport à août 2021, soit moins que la hausse moyenne des prix qui a été de 7 % le mois dernier, toujours sur une base annuelle.

Même si le pouvoir d'achat des Canadiens a diminué, l'écart a été moins prononcé qu'en juillet, précise l'agence fédérale.

D'autres hausses des taux d'intérêt à venir

Pour l'économiste du Mouvement Desjardins, Benoit Durocher, les hausses successives des taux d'intérêt induites par le taux directeur de la Banque du Canada ont certes un effet visible sur l'inflation, mais beaucoup de travail reste encore à faire, selon lui.

Je pense que la Banque du Canada ne prendra aucune chance. Sa priorité c’est la lutte à l’inflation et on est quand même à une inflation de 7 % […]. Ça demeure un niveau très élevé, prévient-il. Les risques sont toujours orientés à la hausse au niveau de l’inflation.

Dans ce contexte-là, je pense que la Banque du Canada ne prendra pas de chances. [...] Pour la réunion d’octobre, il faut s’attendre à voir une nouvelle hausse des taux d’intérêt; possiblement de 50 points de base, ce qui est quand même un peu moins prononcé que les deux dernières augmentations.

Il sera important également pour la banque centrale canadienne de surveiller comment réagit l'économie à ces hausses successives des taux d'intérêt, car on commence à voir des signes de faiblesse au niveau de l’économie canadienne et québécoise, prévient M. Durocher.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !