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La Vérif : comment se porte l’accès aux soins en santé mentale au Québec?

Plan cadré sans montrer les visages de deux femmes assises l'une en face de l'autre.

Plus de 21 000 personnes figurent sur une liste d'attente afin d'obtenir une consultation avec un psychologue dans le réseau public.

Photo : getty images/istockphoto / KatarzynaBialasiewicz

Nahila Bendali

Pour améliorer l’accès aux soins de santé mentale dans la province, Québec solidaire propose d’ajouter 900 psychologues et 1000 professionnels de la santé mentale dans le réseau public. Gabriel Nadeau-Dubois affirme que les listes d’attente pour obtenir des soins en santé mentale se sont allongées sous le mandat du gouvernement Legault. Qu’en est-il?

En point de presse dimanche, le porte-parole solidaire déclarait : Les listes d’attente n’ont pas diminué. En fait, au contraire : en deux ans, les listes d’attente en santé mentale au Québec sont passées de 16 000 à 21 000 personnes.

Gabriel Nadeau-Dubois a raison.

En novembre 2020, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant affirmait que 16 000 personnes étaient en attente d'un service en santé mentale. Il avait annoncé une enveloppe de 100 millions de dollars pour éliminer cette liste.

Mais deux ans plus tard, la cible est ratée.

Selon les dernières données disponibles du ministère de la Santé et des Services sociaux, plus de 21 000 personnes attendaient de recevoir des services de première ou deuxième ligne en santé mentale dans le réseau public, soit une augmentation de 30 %.

Il faut dire que les données de la liste d’attente ont été compilées pour la première fois en août 2019. Il y avait alors plus de 28 000 personnes inscrites, nous indique le MSSS. Le nombre de personnes en attente a donc baissé, avant de remonter avec la pandémie.

Durant cette période, la demande pour des services en santé mentale a explosé de 40 %, selon le cabinet de Lionel Carmant.

Plus de psychologues vont au privé

Pour régler la situation, Québec solidaire propose d’ajouter 900 psychologues dans le réseau public, en bonifiant les salaires de 30 % et en améliorant les conditions de travail.

Il s’agit là d’un objectif souhaitable, mais très ambitieux, selon l’Ordre des psychologues du Québec.

Deux personnes devant un lutrin.

Gabriel Nadeau Dubois et la Dre Mélissa Généreux lors d'une annonce en santé mentale.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

La province est celle qui a le plus fort ratio de psychologues par habitant en Amérique du Nord. On compte environ 9000 psychologues, mais seulement 2127 d’entre eux travaillent dans le réseau public. Cela représente 23 % de l’effectif total.

Et ils sont de plus en plus nombreux à choisir d'exercer uniquement au privé, pour des raisons de conditions de travail ou de salaire. En deux ans, cette proportion est passée de 36 % à 42 %, selon l’Ordre des psychologues du Québec.

Selon un rapport du MSSS publié en 2019, 25 % des nouveaux diplômés en psychologie choisissent le réseau public. Mais après cinq ans, leur taux de rétention est de 53 %.

Pour renverser la tendance, Québec solidaire veut retenir les psychologues dans le système public et recruter au privé.

Mais depuis la pandémie, les cabinets privés débordent également, une situation sans précédent, affirme la présidente de l’Ordre, la docteure Christine Grou.

Par ailleurs, Québec solidaire compte ajouter 1000 professionnels de la santé mentale, comme des travailleurs sociaux ou des sexologues pour fournir des services de psychothérapie dans le réseau public.

Selon l’Ordre des psychologues du Québec, il y a 1609 détenteurs de permis de psychothérapie dans la province, dont 1048 qui exercent uniquement en pratique privée.

L’objectif de Québec solidaire représenterait une hausse de 62 % des effectifs actuels.

Avec la collaboration d'Oliver Bachand et de Nathalie Lemieux

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