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Le « pragmatisme » de Legault sert à « justifier sa démission », selon Nadeau-Dubois

Gabriel Nadeau-Dubois parle tandis que Christine Gilbert, à l'arrière, le regarde.

Gabriel Nadeau-Dubois a tenu un point de presse en compagnie de la candidate de Québec solidaire dans Lotbinière-Frontenac, Christine Gilbert.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui a récemment laissé entendre que la présente campagne électorale était maintenant une course à deux entre son parti et la Coalition avenir Québec (CAQ), affirme lui aussi faire preuve de « pragmatisme », mais en avoir une définition différente de celle de son rival François Legault.

M. Nadeau-Dubois a ainsi décrit son approche alors qu'il dévoilait son plan pour réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2030, lundi matin, en conférence de presse à Québec.

Le chef caquiste François Legault répète depuis des années que sa formation politique est pragmatique et pas dogmatique, idéologique ou extrémiste.

Personne n’est propriétaire du pragmatisme. C’est juste qu’on en a des définitions différentes des fois, a lancé le co-porte-parole de Québec solidaire.

Quelle est votre définition du pragmatisme?, a-t-on demandé à M. Nadeau-Dubois. Cela veut dire s’assurer de prendre les moyens d’atteindre nos objectifs. On pense que c’est possible au Québec de réduire le gaspillage alimentaire de masse en concentrant nos efforts là où il y a lieu. […] C’est là qu’on travaille. C’est là que notre loi va s’appliquer, a-t-il répondu.

Il a comparé son approche avec celle de son adversaire. François Legault utilise souvent le mot pragmatique pour justifier sa démission. Pour lui, être pragmatique, souvent, ça veut dire : "on en fait déjà assez", a-t-il souligné.

« Le pragmatisme, c’est s’assurer qu’on prend les bons moyens pour atteindre nos objectifs. Construire le troisième lien en prétendant lutter contre les changements climatiques, c’est le contraire du pragmatisme. C’est faire des décisions qui vont aggraver le problème. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire
Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

Le vote des jeunes

La CAQ et QS se livrent depuis quelques jours à une guerre de mots et de tracts, que ce soit à propos de la taxe orange décriée par M. Legault ou encore par des appels répétés des solidaires à l’endroit des jeunes à changer le lieu de leur domicile auprès du DGEQ pour voter stratégiquement dans une autre circonscription.

À propos de ce dernier aspect, Gabriel Nadeau-Dubois s’est défendu de tirer profit de failles dans la loi et a dit respecter les règles en vigueur.

La loi, elle est claire. Les gens, jeunes ou pas jeunes, ont le droit de changer leur adresse pour s’assurer que sur la liste électorale, ils soient inscrits à l’endroit où ils ont leur domicile. […] C’est-à-dire dans la circonscription où ils ont leur domicile, a-t-il indiqué.

« Nous, ce qu’on rappelle aux gens, c’est qu’ils ont cette possibilité. C’est légal. Le Directeur général des élections du Québec ne nous a jamais mis en contravention de la loi. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Par contre, il a accusé la CAQ de déployer beaucoup d’énergie à freiner le vote des jeunes. Ce que je vois, c’est l’état-major de la CAQ qui travaille très fort pour mettre des bâtons dans les roues à Québec solidaire pour s’assurer que les jeunes ne votent pas là où ils ont leur domicile, a-t-il dénoncé.

Le recto du document.

La CAQ a fait distribuer des tracts intitulés «La taxe orange» dans lequel elle attaque les propositions économiques de Québec solidaire.

Photo : Radio-Canada

Le leader solidaire n’a pas semblé inquiet outre mesure de l’offensive caquiste concernant la distribution de tracts sur la taxe orange. Il a tourné en dérision cette stratégie.

Les militants de la CAQ qui se promènent la nuit dans les quartiers pour aller mettre des dépliants sur les pare-brise des gens, je trouve ça, honnêtement, plutôt drôle. Je ne pense pas que c’est le genre de politique qui va séduire les Québécois, a-t-il opiné.

Les candidats caquistes fuient les débats

Le chef solidaire s’est fait questionner sur la trentaine d’invitations pour participer à des débats locaux qui ont été déclinées par des candidats caquistes depuis le début de la campagne.

« Je ne sais pas pourquoi François Legault empêche ou demande à ses candidats ne pas aller débattre. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, leader solidaire

Il estime regrettable que les électeurs ne puissent pas entendre les aspirants députés débattre d’enjeux qui les préoccupent.

A-t-il peur de ce qu’ils vont dire? Est-il gêné de ses candidats? Comment se fait-il qu’on ne peut pas entendre les députés et les candidats caquistes dans les débats? Je pense que c’est important dans une démocratie, a-t-il dit.

Craignez-vous qu’il contrôle le message à ce point? La question devrait lui être posée. Moi, je trouve ça dommage, je trouve ça plate. On est dans une campagne électorale. Ça sert à ça une campagne, a-t-il répondu.

En après-midi, François Legault s’est fait demander pourquoi ses candidats boudaient les débats, qu’il s’agisse de santé, d’emploi, des aînés, de justice sociale ou d’environnement.

Avez-vous peur de vous mettre à risque? Depuis le début de la campagne, on a participé à 115 débats. La CAQ a participé à 115 débats. Je pense qu’on a aussi le devoir d’être sur le terrain pour échanger avec la population, a-t-il répondu.

Gabriel Nadeau-Dubois prend la parole dans un marché local.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a présenté son plan pour réduire le gaspillage alimentaire dans la province.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Le gaspillage alimentaire

Québec solidaire avait convié les médias pour annoncer son intention de s’attaquer au gaspillage alimentaire à la source s'il forme le prochain gouvernement. Le parti promet de déposer une loi pour empêcher les grandes organisations du domaine alimentaire de jeter les invendus comestibles.

Elles devraient donc transférer leurs invendus à des organismes qui en feront la redistribution ou à des entreprises de revalorisation dans le cadre d’ententes entre les parties, selon le communiqué de presse publié lundi matin.

La formation a dans sa mire les supermarchés, chaînes de restauration, chaînes d’hôtellerie, grands transformateurs et grands distributeurs, dont le chiffre d’affaires atteint 100 millions de dollars, ainsi que les institutions publiques.

Nous allons adopter une attitude responsable et pragmatique : on va leur donner deux ans pour se conformer. Je vais être très clair : le petit resto du coin, l’épicerie indépendante ou le casse-croûte du village ne seront pas touchés par notre mesure, a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

Le plan vise à diminuer de 50 % le gaspillage alimentaire d’ici 2030. En novembre 2020, la députée sortante de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, avait déposé un projet de loi qui visait à atteindre ce même objectif d'ici 2025.

Selon la formation politique, 15 % des aliments vendus sont gaspillés alors qu’ils sont encore comestibles. Environ 1,2 million de tonnes d’aliments sont jetés chaque année dans la province.

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