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Quand on naît avec le gène de la politique

Deux microphones devant un drapeau du Québec.

La passion de la politique s'est passée de père en fils/fille pour André Duncan et Caroline St-Hilaire.

Photo : getty images/istockphoto / Serhej Calka

Trudeau, Johnson, Duceppe. Ils ont tous un point en commun, soit d'avoir fortement marqué la politique canadienne et québécoise. Mais ils partagent également autre chose : des fils qui ont servi à leur tour leurs concitoyens. Deux candidats de la présente campagne en Estrie, soit Caroline St-Hilaire, de la Coalition avenir Québec, et André Duncan, du Parti québécois (PQ), sont eux aussi des enfants de la politique qui parlent avec reconnaissance de l’influence que leur père et leur famille ont eue sur leur trajectoire professionnelle.

André, fils de Jacques Duncan

André Duncan ne peut cacher son émotion lorsqu’il évoque le souvenir de son père, Jacques, qui était un ardent militant du Parti québécois lorsque la formation de René Lévesque a pris le pouvoir en 1976. C'est pendant cette campagne que mes parents se sont vus pour la première fois. Ils sont tombés amoureux au référendum de mai 1980. Je réalise que, finalement, si cela n'avait pas été de la politique, je n'existerais même pas.

un homme qui sourit devant un mur de pierres.

André Duncan, candidat du Parti québécois dans la circonscription de Mégantic

Photo : Radio-Canada / ANDRÉ VUILLEMIN

Le candidat dans la circonscription de Mégantic est bien conscient que porter le nom de Duncan et s’engager dans une campagne électorale sous la bannière péquiste, c’est porter sur ses épaules tout un héritage familial et les souvenirs qui s’y rattachent. En plus de son père, sa mère, France Breault, a aussi travaillé toute sa vie pour le projet souverainiste. Son oncle, Maurice Bernier, a été député du Bloc québécois de 1993 à 1997. Même son frère Guillaume a déjà été candidat pour le PQ dans Saint-François.

« J'ai grandi dans la marmite du Parti québécois. Quand on était jeunes, mon frère et moi, nos parents venaient nous chercher à l'école et on faisait nos devoirs dans un local électoral. C’était un feu roulant. »

— Une citation de  André Duncan, candidat du PQ dans Mégantic

Il se souvient d’ailleurs d'avoir longtemps entretenu une certaine frustration à l'égard de la politique, car il se demandait pourquoi ses parents passaient plus de temps dans des assemblées militantes qu’auprès de leurs enfants. Je voyais comment la souveraineté [leur] tenait à cœur. Mon père nous disait souvent, à mon frère Guillaume et moi, qu’ils faisaient ça pour nous autres. Ils voulaient qu'on ait un pays. Dans ma tête d'enfant, je ne comprenais pas.

Jusqu’à aujourd’hui, André a fait sa vie en gardant ses distances avec la politique. Barman de métier, il a développé ses connaissances en création de cocktails et a même remporté des compétitions prestigieuses dans le domaine. Il lui aura fallu du temps pour bien saisir toute l’importance de l’engagement et des sacrifices faits par ses parents. Quand je suis devenu père [il y a deux ans], j'ai compris instantanément ce que mon père voulait pour ses enfants. Quand j'ai pris ma petite dans mes bras pour la première fois, j'ai compris que chaque jour qu'il me restait, c'était pour créer un monde meilleur pour Bénédicte.

Lorsqu'il est approché par le Parti québécois pour être candidat dans Mégantic, il prend le temps de peser le pour et le contre. Il va d’abord chercher conseil auprès de son oncle Maurice avant d’en parler à sa mère. Il sait que celle-ci sera inquiète pour lui, puisqu’on peut s’attendre à une campagne difficile, le PQ n’ayant pas son aura d’antan. Elle me connaît. Elle sait que, quand je m’embarque dans un projet, il n’y a pas de demi-mesure.

deux hommes souriant devant une affiche du Bloc québécois.

Une photo de Maurice et Jacques prise en 1993. Son message a motivé André à s'engager comme candidat du PQ. Organisateur politique reconnu, Jacques Duncan est décédé en 2004 à l'âge de 61 ans.

Photo : collection: André Duncan

C’est finalement une photo sortie d'une boîte par hasard, qui convainc le trio que l’aventure en vaut le coup. On y voit son père Jacques et Maurice lors de l’élection de ce dernier en 1993. La symbolique est forte à leurs yeux. C’est donc aux côtés de sa mère et de son oncle, qui agissent comme codirecteur de campagne, qu’André sillonne les quatre coins de la circonscription dans l’espoir de se faire élire le 3 octobre. Pas une journée ne se passe sans qu’il pense à son père, nous confie-t-il avec le trémolo dans la voix.

J'étais le vilain petit canard. Jamais mon oncle, ma mère ou mon frère auraient un jour cru que je serais candidat pour le Parti québécois. Mais finalement, mon histoire de famille a fini par me rattraper.

Caroline et Jean St-Hilaire

Au cours de mes campagnes comme députée fédérale et à la mairie, mon père était l'homme le plus fier de sa fille au monde. C’était presque gênant, parce qu’il se présente encore comme le père de l'ex-mairesse de Longueuil.

Caroline St-Hilaire est aussi une enfant de la politique. Députée du Bloc québécois de 1997 à 2008 et mairesse de Longueuil de 2009 à 2017, elle se lance à nouveau dans l’arène et tente cette fois de devenir députée de Sherbrooke pour la Coalition avenir Québec. Il s’agit de la septième campagne électorale de la femme de 52 ans. Cette fibre de l’engagement pour ses concitoyens, elle affirme la tenir de son père, Jean, qui s’est principalement impliqué sur la scène municipale. Toute petite, je l'ai suivi faire du porte-à-porte. Déjà, j'avais la piqûre, se souvient-elle.

une femme qui sourit devant un lac.

Caroline St-Hilaire, candidate de la Coalition avenir Québec dans la circonscription de Sherbrooke

Photo : Radio-Canada / MARTIN BILODEAU

Elle ne peut retenir ses larmes lorsqu’elle parle de celui qui a inspiré son engagement politique. L'émotion, c’est peut-être de la reconnaissance. Mon père m’a appris le côté le plus noble de la politique. Je l’ai vu faire de la politique de proximité et prendre soin du monde.

D’abord organisateur politique, Jean St-Hilaire a fondé un parti à Longueuil pour lequel il siégera ensuite comme conseiller. Une formation qui sera au pouvoir pendant presque 30 ans. Ironiquement, c’est sa fille qui, en 2009, mettra fin au règne de la formation politique en remportant une éclatante victoire à la mairie… sous la bannière d’un autre parti. Il était très content, souligne-t-elle. Je suis sa fille. Il m'aurait suivie de façon inconditionnelle, je pense. Mais au-delà de ça, après 27 ans, pour lui, c'était quand même sain qu’on change de parti politique. Il n’était plus d'accord avec les façons de faire.

Si Jean St-Hilaire a été de toutes les campagnes de sa fille Caroline, il se tient davantage à l’écart aujourd’hui pour des raisons de santé. Même si elle aimerait bien l’avoir encore à ses côtés, elle inspire à son tour ses enfants qui l’accompagnent à l’occasion pour faire du porte-à-porte chez les électeurs de Sherbrooke.

Collage de deux photos portrait d'eux.

Caroline St-Hilaire et Maka Kotto, deux mordus de politique, forment un couple dans la vie.

Photo : Ville de Longueuil et Benoît Levac

Mariée à l’artiste et ancien politicien Maka Kotto, Caroline St-Hilaire estime que son engagement politique prend tout son sens grâce au soutien et à l’engagement de ses proches. Elle est visiblement très fière de dire que la politique, chez elle, c’est une affaire de famille.

« Nos enfants sont très politisés. Il y a beaucoup de familles au Québec qui connaissent les noms des joueurs du Canadien. Nous, ils connaissent les noms des premiers ministres et des ministres. »

— Une citation de  Caroline St-Hilaire, candidate de la CAQ dans Sherbrooke

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