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Des Néo-Brunswickois sans médecin s’inquiètent pour leur santé

La situation est encore plus critique dans certaines régions rurales. Dans le Madawaska, par exemple, un résident sur quatre n'a pas de médecin de famille.

Hermel et Louise Landry.

Hermel et Louise Landry sont sans médecin de famille depuis maintenant quatre ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

De nombreuses personnes au Nouveau-Brunswick n'arrivent toujours pas à se trouver un médecin de famille. En août, la liste d'attente comptait environ 74 000 personnes. Il s'agit d'une réalité difficile pour plusieurs personnes qui vivent avec des problèmes de santé.

Quand leur ancien médecin de famille a pris sa retraite, Louise et Hermel Landry d'Edmundston se sont inscrits sur une liste d'attente. On leur avait dit qu'ils attendraient de six mois à un an.

Ils sont sans médecin de famille depuis maintenant quatre ans.

« Les raisons pour lesquelles ça s’éternise, on ne les connaît pas. Ce qu'on voit présentement, ce sont des médecins qui partent, qui démissionnent ou qui s'en vont. On dirait qu'il n'y a pas de plan précis pour remplacer nos médecins. »

— Une citation de  Hermel Landry

Leur employeur a embauché une infirmière praticienne pour combler le vide laissé par le départ de leur médecin de famille.

Louise Landry observe que tous les services ne sont pas offerts par l'infirmière.

Un médecin, tous les deux ans, nous fait passer un tapis roulant pour vérifier notre coeur. Même pour les mammographies et ces choses-là, on allait à l'hôpital régulièrement, tous les deux ans. Et là, on n’a plus ça, atteste-t-elle.

Louise Landry.

Louise Landry observe qu'elle est moins souvent envoyée à l'hôpital pour des tests de routine depuis le départ de son médecin de famille et ça l'inquiète.

Photo : Radio-Canada

Les membres du couple prennent donc leur mal en patience, mais ils s’inquiètent des conséquences sur leur santé.

« Les petits bobos, on les endure, on les subit. Qu'est-ce que ça va donner plus tard? On ne le sait pas. Est-ce que ça va empirer à cause que tu as un petit bobo? Dans un an ou deux, est-ce que ça peut être fatal? »

— Une citation de  Hermel Landry

La seule solution, c'est l'urgence, enchaîne-t-il. Et on voit ce qui se passe dans les urgences. On voit des gens qui meurent à l’urgence, qui se suicident à l’urgence, et c’est très inquiétant. On est chanceux à ce moment-ci, parce qu'on n'a pas besoin d'y aller. Mais la journée qu'on va avoir besoin d'y aller, qu'est-ce qui va se passer? On ne le sait pas.

Un cancer, mais pas de médecin de famille

Ginette Collin a reçu un diagnostic de cancer du côlon en février. Au même moment, elle a perdu son médecin de famille.

Ginette Collin.

Ginette Collin a appris par hasard que son médecin avait quitté sa pratique. On ne l'avait pas contactée pour l'aviser.

Photo : Radio-Canada

C'est un médecin dans une clinique sans rendez-vous qui lui a annoncé la nouvelle en lisant son dossier.

Ça m'a vraiment déçue. Ça faisait une dizaine d'années que j'avais mon médecin de famille. Elle avait eu les dossiers de mon médecin de famille avant ça. Donc, elle avait vraiment tout mon historique, raconte-t-elle.

En attendant de trouver un autre médecin, elle est suivie par une équipe d'oncologie à l'hôpital.

Attendre à l’urgence, la solution de Ronald Hébert

Ronald Hébert vit avec la sclérose en plaques depuis une dizaine d'années.

Ronald Hébert.

Ronald Hébert doit se tourner vers l'urgence pour plusieurs problèmes en lien avec son état de santé.

Photo : Radio-Canada

Il n'a plus de médecin de famille depuis environ trois ans et il voit un spécialiste qui vient du Québec pour sa maladie une fois par année.

À part le spécialiste, il ne voit personne d'autre pour assurer un suivi concernant sa maladie. Il renouvelle ses médicaments à l'urgence de l’hôpital ou à la clinique sans rendez-vous de Saint-Jacques.

À l'urgence, c’est parfois long. On peut attendre jusqu'à huit ou douze heures avant de voir un médecin, juste pour une prescription, explique-t-il.

Revoir les tâches des médecins de famille

Selon la présidente élue de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, Michèle Michaud, il est temps de revoir les façons de fonctionner en ce qui concerne la médecine familiale.

La COVID a peut-être mis en évidence un surmenage important au niveau de la médecine familiale. Il va devoir y avoir une réinvention de notre façon de travailler dans les prochaines années [pour] attirer les jeunes médecins qui sont actuellement en formation, indique-t-elle.

Michèle Michaud en entrevue par vidéoconférence.

La Dre Michèle Michaud, médecin de famille à Edmundston et présidente élue de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, pense que la question de la rétention des médecins est primordiale (archives).

Photo : Radio-Canada

La Dre Michaud est elle-même médecin de famille, mais elle travaille également à l'hôpital, à la clinique de la douleur et aux soins palliatifs. Elle croit que beaucoup de médecins qui partent le font pour améliorer leur qualité de vie personnelle ou professionnelle.

Pour ces raisons, elle pense qu'en plus du recrutement, les réseaux de santé et les communautés doivent se pencher sur la question de la rétention.

On a besoin du soutien de nos communautés pour tenter d’attirer et retenir nos médecins.

Avec des informations de Mathilde Pineault

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