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La pêche à l’huître remplacée par l’aquaculture au Nouveau-Brunswick

Plan rapproché de plusieurs huîtres les unes sur les autres.

Des huîtres cultivées à L'Aldouane, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Radio-Canada

Dans plusieurs régions de l'est du Nouveau-Brunswick, c’est le début de la pêche à l'huître.

Contrairement à d'autres pêches, comme celle au homard ou au crabe, la pêche à l'huître a été supplantée par une autre manière de récolter ces mollusques : en les cultivant.

À l'Aldouane, il y a peut-être 10, 12 ans, il y avait peut-être une quinze-vingtaine de pêcheurs. Maintenant, si tu en vois trois ou quatre, c'est pas mal le max, explique Serge Gaudet, propriétaire de l’entreprise Huître Aquador.

Serge Gaudet sourit pour une photo alors qu'il est à la barre de son bateau.

Serge Gaudet a vu l'évolution de l'ostréiculture depuis plusieurs années au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Pour Serge Gaudet, contrairement aux quelques pêcheurs qui se rendront sur la rivière Saint-Charles, sur la côte est du Nouveau-Brunswick, la date du début de la saison de pêche n’est depuis plusieurs années qu’une journée comme les autres.

Les huîtres, cet ancien pêcheur les cultive maintenant.

C’est à l’adolescence, au hasard d’un emploi d’été, qu’il a découvert l’ostréiculture. On a développé une passion du domaine, puis ça fait déjà au-dessus de 32 ans que je suis dans l'industrie, explique Serge Gaudet.

Il pêche les jeunes huîtres pour ensuite les mettre dans de grandes poches, attachées les unes aux autres avec de la corde. Pas besoin de les nourrir, seulement d'en faire le tri à plusieurs stades de leur vie, dit-il.

Quelques années plus tard, elles peuvent être récoltées.

On peut gérer assez de volume de façon efficace, plus mécanisée. Les huîtres de culture, on peut les mettre sur le marché après 4 à 5 ans, tandis qu’une huître de fond, ça peut prendre de 6 à 12 ans, explique l’entrepreneur.

Plusieurs avantages

C'est d'ailleurs un avantage principal de la culture de l'huître, selon Rémi Sonier, chef de section pour l’aquaculture et les écosystèmes côtiers à Pêches et Océans.

Un des avantages primaires de l’élevage de l’huître comparativement à la pêche traditionnelle sur le benthos [ndlr : sur le fond marin] c’est surtout le temps qu’il faut, indique le spécialiste.

Rémi Sonier.

Rémi Sonier, chef de section pour l’aquaculture et les écosystèmes côtiers à Pêches et Océans, se dit optimiste pour l'avenir de l'industrie.

Photo : Radio-Canada

M. Sonier ajoute que l'aquaculture permet aussi de protéger l'huître de ses prédateurs naturels, dont l'étoile et l'escargot de mer. La suspension du mollusque les éloigne aussi des sédiments au fond de l'eau et les place dans une strate d'eau riche en nourriture.

L'une des idées qui vient avec l’élevage des huîtres, c’est vraiment de retirer si possible les paramètres qu’on ne désire pas avoir, souligne M. Sonier.

Une rentabilité appréciée

Pour Serge Gaudet, la culture d’huîtres est plus rentable que la pêche. D’abord à cause de la beauté des mollusques cultivés, puisque les consommateurs lèvent le nez sur les huîtres qui sont imparfaites.

Des bassins ostréicoles par dizaines, bien alignés sur plusieurs rangées, flottent à la surface d'un cours d'eau.
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Les bassins ostréicoles d'Huître Aquador, à l'Aldouane, au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Ensuite, dit l’ancien pêcheur, la pêche traditionnelle est devenue plus complexe. Afin d’éviter la surpêche et l’effondrement de l’industrie, toute huître pêchée qui fait moins de 76 millimètres doit être remise à l'eau, et les quantités pêchées sont limitées.

À Pêches et Océans, on est assez optimistes pour l'avenir de l'industrie, et ce, malgré les changements climatiques qui touchent plusieurs secteurs de l'industrie des pêches.

« On est chanceux d’avoir une huître très résiliente et qui a une adaptabilité quand même remarquable. »

— Une citation de  Rémi Sonier, chef de section pour l’aquaculture et les écosystèmes côtiers chez Pêches et Océans

L’huître cultivée peut s’adapter aux changements de température de l’eau et à l'acidification de l'eau de l’océan. [...] On est optimistes avec un principe de précaution. On voit un avenir brillant pour notre huître, mais on est toujours à l'affût de changements ou d'intempéries qui pourraient nous arriver, croit Rémi Sonier.

Huître Aquador vend quelque 2 millions d'huîtres par année, selon Serge Gaudet. Il s’en produit 30 millions par année au Nouveau-Brunswick. Seulement 10 % des huîtres récoltées dans la province proviendraient de la pêche.

D’après le reportage de Frédéric Cammarano, avec des informations du Téléjournal Acadie

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