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« Il y a cet énorme préjugé : que les hommes ne peuvent jamais changer »

Le programme Caring Dads veut aider les pères à briser le cycle de la violence à la maison.

Un père et son fils d'environ 4 ans sont debout dans l'eau peu profonde d'une rivière. L'adulte plonge sa main dans l'eau pour ramasser quelque chose.

Un père et son fils

Photo : Getty Images / Stefan Nikolic

Radio-Canada

Un programme qui aide les hommes à mettre fin au cycle de la violence à la maison, et à être le meilleur père possible pour leurs enfants, arrive à l’Île-du-Prince-Édouard.

Caring Dads, que l’on pourrait traduire par pères aimants, est un programme d’intervention pour les hommes qui considèrent avoir négligé ou maltraité leurs enfants, ou qui les ont exposés à des gestes violents.

À partir de cet automne, des sessions de groupe de 10 à 12 hommes vont se dérouler une fois par semaine, pendant 17 semaines.

« Il y a cet énorme préjugé : que les hommes ne peuvent jamais changer, ou ne veulent pas. Mais ils sont nombreux, en fait, à vouloir changer. C’est juste qu’ils n’ont jamais eu d’exemple pour y arriver. Et parfois, ils ont fini par se faire convaincre que ce n’était pas possible. »

— Une citation de  Danya O'Malley, directrice, services de prévention de la violence familiale

Caring Dads comme un programme unique, dit Danya O'Malley, directrice des services de prévention de la violence familiale, un organisme communautaire à l’Île-du-Prince-Édouard 

Elle explique que le but de Caring Dads est d’aider les hommes, et non pas de les punir.

Danya O'Malley, debout un coude appuyé sur un bureau à sa droite, pose pour une photo.

Danya O'Malley, directrice des services de prévention de la violence familiale, un organisme communautaire à l’Île-du-Prince-Édouard.

Photo : CBC / Steve Bruce

Les conséquences des gestes abusifs qui ont été posés ne sont pas ignorées par le programme, mais ils sont discutés d’une façon très respectueuse pour les participants, dit Danya O'Malley.

Et c’est fait avec l’idée de développer ses habiletés pour ne plus que ces choses se produisent, ajoute-t-elle.

C’est un programme qui se base sur des faits, sur des données factuelles, poursuit-elle. Les hommes qui l’ont suivi avec succès ont appris à mieux reconnaître certains de leur comportement, et ont développé des habiletés pour maintenir des relations positives avec leurs enfants.

Cette approche, insiste Danya O'Malley, a réussi à réparer les relations dans les familles où un père avait causé du tort à ses enfants, directement ou indirectement, dans un contexte de violence conjugale, par exemple.

Impact de père en fils

Yoshi Takano, de la faculté de psychologie de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI), a aidé à mettre en place Caring Dads dans d’autres provinces où il a travaillé. Il forme aussi ceux qui vont s’en occuper. Le professeur dit qu’il n’y a rien à l’île qui ressemble à ce programme.

Parmi les ateliers de Caring Dads, les hommes sont par exemple appelés à penser à comment, lorsqu’ils étaient enfant, leur propre père les a élevé, et comment celui-ci aurait pu faire mieux.

Ensuite, on peut aider les participants à développer ce qu’il faut pour essayer d’être ce père idéal, qu’ils n’ont peut-être pas eu.

Selon Danya O'Malley, qui a été formée pour être facilitatrice dans le programme, les hommes qui ont participé à Caring Dads ont non seulement appris à être un père différent, plus positif, mais ils vont aussi transmettre à leur fils, par exemple, les mêmes qualités pour être un bon père quand ce sera leur tour.

Il y a un impact générationnel. Et aussi sur tous les enfants dans ces familles, dit-elle.

Caring Dads a été créé il y a une vingtaine d’années. Le programme existe en Colombie-Britannique, en Ontario, en Alberta, aux États-Unis, en Angleterre et en Australie.

En Australie, les auteurs d'une étude indépendante de l'Université de Melbourne se sont penchés sur trois années du projet Caring Dads dans ce pays.

Leur évaluation (Nouvelle fenêtre), publiée en 2020, a remarqué des changements prometteurs dans les attitudes et les comportements de certains pères ayant complété le programme, mais pas chez tous les participants.

Les chercheurs ont conclu que la participation à Caring Dads contribuait vraisemblablement à la sécurité et au bien-être accru des enfants dans plusieurs cas, mais qu'il y avait peu de changements dans d'autres. Il a aussi été plus facile pour les participants de réduire l'hostilité envers les enfants qu'envers leurs mères.

Les chercheurs notaient que le projet démarrait et avançait dans la bonne direction et que presque tous les hommes qui y avaient participé disaient avoir aimé l'expérience.

Les pères sont invités à communiquer avec Caring Dads s’ils estiment que cela pourrait les aider, et qu’ils veulent participer aux sessions d’aide et de soutien.

D’autres hommes seront dirigés vers le programme par les services sociaux. Le professeur Yoshi Takano soutient que le programme a été efficace pour réduire la récidive chez des pères qui ont été violents ou abusifs dans le passé.

D’après le reportage de Sara Fraser, CBC

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