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Les partis politiques face au délicat enjeu de la santé mentale au Québec

Une personne se tient la tête.

Les listes d'attente en santé mentale ont augmenté de 30% en deux ans au Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Alors que les listes d’attente en santé mentale (Nouvelle fenêtre) sont passées de 16 000 à 21 000 personnes en attente de services depuis deux ans, le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) ont présenté dimanche leurs visions respectives en la matière.

Du côté des libéraux, le parti propose la mise en place d’un service de psychothérapie public gratuit. Le coût de ce programme, qui comprend 15 séances de consultation gratuites par an, est évalué à 450 millions de dollars d'ici 2027.

La cheffe, Dominique Anglade, est revenue sur son expérience personnelle de jeunesse durant laquelle sa mère a fait face à des enjeux de santé mentale, la forçant à devoir parfois prendre en charge certaines responsabilités d'adulte.

« Au Parti libéral du Québec, nous avons compris que les problèmes de santé mentale doivent être considérés au même titre que les problèmes de santé physique. Tous les Québécois devraient donc avoir accès à des soins de qualité, sans égard à leur salaire. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du PLQ

La cheffe libérale est restée plus floue sur les moyens de s’assurer qu’il y aura suffisamment de psychologues dans le réseau pour répondre à la demande.

La cheffe devant un lutrin avec des candidats libéraux.

Dominique Anglade lors d'une annonce en santé mentale.

Photo : Radio-Canada

La proposition solidaire

Pour sa part, Québec solidaire croit avoir trouvé la solution aux problèmes de main-d'œuvre. Le plan de QS (700 millions de dollars sur 4 ans) prévoit à terme l'embauche de 900 psychologues supplémentaires grâce à une bonification de leurs salaires et de leurs conditions de travail, et à la reconnaissance de leur autonomie professionnelle.

Précision : Québec solidaire a modifié en journée une erreur figurant dans son annonce initiale. Le parti ne prévoit investir 280 M$ qu'à partir de la quatrième année du plan. En moyenne les dépenses annuelles seront donc de 175 M$ par an et non pas 280 M$).

Le Québec est l'endroit au Canada qui compte le plus grand nombre de psychologues en proportion de la population, a souligné le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Ce dernier croit qu’il arrivera à rapatrier dans le giron public les psychologues exerçant au privé en comblant la différence salariale de 30 % qui existe entre les deux secteurs. À terme, le quart des 280 millions de dollars annuels sera affecté à la revalorisation des salaires et des conditions de travail.

Deux personnes devant un lutrin.

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, et la candidate Mélissa Généreux lors d'une annonce en santé mentale.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

QS veut aussi leur offrir la possibilité, comme au privé, de choisir leur approche thérapeutique. Le parti propose aussi d'embaucher 1000 autres professionnels (travailleurs sociaux, psychoéducateurs et sexologues), qui seront déployés dans le réseau de la santé, mais aussi dans les écoles. Cette mesure contribuera à désengorger les groupes de médecine familiale (GMF), où 40 % des consultations sont reliées à la santé mentale, souligne le parti.

« Si on veut des gens en santé, il faut s'assurer d'avoir une société en santé. »

— Une citation de  Dre Mélissa Généreux, candidate solidaire dans la circonscription de Saint-François

Le plan caquiste

En début d’année, la CAQ avait présenté un plan de 1,2 milliard de dollars sur 5 ans pour la santé mentale, dont 361 millions de dollars en nouveaux investissements.

Au Québec, on a cette tendance à référer vers le psychologue ou le psychiatre où il y a des listes d’attente qui sont extrêmement longues, tant au public qu’au privé. Nous, ce qu’on fait, on fait intervenir tout le monde : les infirmières, les infirmières spécialisées de première ligne, les infirmières praticiennes spécialisées en santé mentale, les ergothérapeutes, les psychoéducateurs, donc tout le monde vient entrer dans l’effort, avait déclaré lors de l'annonce Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.

Selon M. Carmant, d'importants efforts ont été déployés ces deux dernières années pour éviter que la liste d'attente ne s'allonge démesurément, alors que les demandes de consultation ont augmenté de 30 % à 40 % durant la pandémie.

Avec [le ministre sortant de la Santé] Christian Dubé, on est vraiment en train d’effectuer un grand virage, a assuré hier la vice-première ministre sortante, Geneviève Guilbault, lors d’une allocution au congrès de l’organisme Force jeunesse. Elle a évoqué la collaboration des instances représentatives telles que le Collège des médecins et les principaux syndicats d'infirmières.

Geneviève Guilbault parle dans des micros.

La vice-première ministre sortante, Geneviève Guilbault, a rencontré les médias après avoir participé au congrès annuel de Force Jeunesse à HEC Montréal.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

La position du PQ et du PCQ

Le Parti québécois n’a pas encore présenté de plan spécifique pour l’enjeu de la santé mentale. Mais lors du congrès de Force jeunesse samedi, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a ramené l’enjeu de l'accessibilité autour du rôle du psychologue qui, selon lui, devrait être plus étendu.

Si les psychologues pouvaient établir un diagnostic, ça épargnerait du temps , a-t-il proposé, en remettant en question le passage obligatoire chez un médecin généraliste pour obtenir une référence.

Le PQ promet de mettre en place un service de psychothérapie accessible et universel. La psychothérapie serait couverte par la Régie de l’assurance maladie (RAMQ).

Enfin, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, croit que la question de la santé mentale est un enjeu particulièrement préoccupant au lendemain de la crise sanitaire.

Dans les 100 premiers jours d'un gouvernement conservateur, un sommet sur la santé mentale et la jeunesse serait organisé. On mesure à peine l'effet dévastateur du manque de socialisation et du manque d'activités sportives sur les jeunes, a déclaré M. Duhaime.

Selon lui, l'accès à des services en santé mentale nécessitera des investissements publics. Et même s'il existe un enjeu pour savoir lequel du secteur privé ou du secteur public est le plus à même de répondre aux besoins, le principal problème est celui de la pénurie de personnel, dit-il.

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