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Le Sénégal a un premier ministre, une première depuis 2019

Charles Michel, à gauche, et Macky Sall, à droite, se serrent la main.

En juin dernier, le président sénégalais Macky Sall avait rencontré le président du Conseil européen, Charles Michel, en marge du sommet du G7 en Allemagne.

Photo : Getty Images / Pool

Agence France-Presse

Le président Macky Sall a nommé samedi un nouveau premier ministre au Sénégal, poste qu'il avait supprimé en 2019, puis rétabli en décembre 2021, attendant ensuite que les élections locales et législatives soient passées pour faire son choix.

Amadou Ba, ancien ministre du chef de l'État, a été nommé par décret présidentiel dans un pays très divisé politiquement, cinq jours après une rentrée parlementaire marquée par une série d'incidents et qui s'est achevée sous la garde des gendarmes.

Aux prises avec la hausse des prix, le nouveau chef de gouvernement, qui a été ministre des Finances de 2013 à 2019 puis ministre des Affaires étrangères de 2019 à 2020, aura pour mission de mener de larges concertations et de prendre de nouvelles mesures sur le plan social, a dit vendredi soir Macky Sall dans une adresse à la nation diffusée à la télévision nationale.

Les mesures d'allègement du coût de la vie et de soutien à l'emploi et l'entrepreneuriat des jeunes, la lutte contre les inondations et la cherté du loyer resteront pour moi la priorité des priorités, a déclaré le chef de l'État sénégalais.

Ces priorités ont été rappelées par le nouveau premier ministre dans sa première allocution après la lecture du décret par le secrétaire général de la présidence.

Amadou Ba tient des écouteurs sur ses oreilles.

Amadou Ba vient d'être nommé premier ministre du Sénégal. Auparavant, il a été ministre des Finances de 2013 à 2019, puis ministre des Affaires étrangères de 2019 à 2020. Il était depuis ministre du chef de l'État. (Archives)

Photo : Getty Images / AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Équilibre du pouvoir

Censée fluidifier le fonctionnement de l'État, la suppression du poste de premier ministre en mai 2019 avait établi un nouvel équilibre entre les pouvoirs en renforçant le caractère présidentiel du régime sénégalais.

À cette époque, l'opposition et une partie de la société civile avaient dénoncé la suppression de ce poste comme une tentative de mainmise sur le pouvoir de la part du président Sall.

Près de trois ans et demi plus tard, l'opposition critique encore le président Sall pour sa conduite solitaire du pouvoir. Elle lui prête également le projet de briguer un troisième mandat en 2024.

Le président Sall, élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, maintient toujours le flou sur ses intentions pour 2024.

Vendredi, un concert devant se tenir samedi et organisé par des associations de la société civile pour la limitation des mandats en Afrique a été interdit par les autorités en raison de risques de troubles, ce qui a déclenché une vague d'indignation sur les réseaux sociaux.

Le camp présidentiel au Sénégal était arrivé légèrement en tête à l'issue des législatives du 31 juillet. Il avait gardé la majorité absolue à l'Assemblée nationale grâce au ralliement d'un député de l'opposition, malgré une forte baisse du nombre de ses parlementaires élus.

Le président Sall s'est également brouillé avec une figure de son clan, la tête de liste du camp présidentiel aux dernières élections législatives, l'ancienne première ministre Aminata Mimi Touré, qui n'a pas été choisie lundi pour prendre la tête de l'Assemblée nationale et qui dénonce depuis une injustice.

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