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Élections : des aînés se sentent oubliés malgré le vieillissement de la population

Une personne âgée tient une canne à deux mains.

Certains aînés appellent les formations politiques à mieux écouter leurs revendications (archives).

Photo : Getty Images / Cecilie_Arcurs

À l'approche du scrutin du 3 octobre, des aînés se sentent oubliés durant la campagne électorale.

Pourtant, la population de l'Est-du-Québec est vieillissante : la proportion de personnes âgées dans les populations de nos régions va augmenter considérablement au cours des vingt prochaines années, selon l'Institut de la statistique du Québec.

Proportion des 65 ans et plus dans la population

Région

Proportion en 2020

Proportion projetée en 2041

Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

28,6 %

38 %

Bas-Saint-Laurent

26,8 %

35 %

Côte-Nord

20,4 %

31 %

Logement abordable, soins à domicile, pauvreté, milieu de vie et inflation : les questions qui intéressent et qui inquiètent les aînés sont nombreuses.

Pour certains, le prochain gouvernement doit en faire davantage.

C'est le cas de Jean-Yves L. Langlois, un résident de Mont-Joli qui n'arrive plus à joindre les deux bouts.

Il m'est arrivé une coupure du gouvernement. Ça me coûtait 38 piastres par mois, et là, ça me coûte 250 piastres par mois. Plus mon loyer. Si c'est ça, vieillir..., lance-t-il, découragé.

Jean-Yves L. Langlois regarde le journaliste à proximité de nombreux paniers alimentaires.

Jean-Yves L. Langlois, un bénéficiaire des services de Moisson Mitis

Photo : Radio-Canada

Le revenu dont il dispose est si faible que chaque mois, il doit se résoudre à demander un panier de denrées alimentaires à Moisson Mitis.

Il lance un cri du cœur.

Il faut toujours que tu sois à l'agonie pour avoir de l'aide. Il faut toujours que tu sois au boutte de ton rouleau. À mon âge, je pense bien souvent au suicide. Pourquoi? Parce que, crime, des fois, je me dis que je serais bien mieux d'être mort que d'être une loque humaine. Comprenez-vous? Là, je suis bien moins actif, je manque de revenus, je manque de considération de la part du gouvernement, peu importe ce que j'ai fait dans ma vie, raconte-t-il.

« Moi, les promesses électorales, j'ai 70 ans, je pourrais t'en faire un livre comme la réforme de l'école. »

— Une citation de  Jean-Yves L. Langlois, bénéficiaire des services de Moisson Mitis

Davantage de précarité

M. Langlois n'est pas le seul à dépendre de la banque alimentaire. Depuis le début de la pandémie, presque deux fois plus de personnes de 65 ans et plus bénéficient des services de Moisson Mitis.

Cela a été une surprise pour le directeur général de l’organisme, Gilles Dufour, qui pointe non seulement l'inflation mais aussi la solitude des personnes âgées pour expliquer la hausse du nombre de demandes d'aide.

Gilles Dufour sourit au photographe devant de nombreux paniers de denrées alimentaires.

Gilles Dufour, directeur général de Moisson Mitis

Photo : Radio-Canada

On sait combien les personnes âgées peuvent avoir comme pension de vieillesse, puis le supplément de revenu garanti, ce n'est pas énorme. Les personnes âgées, ça nous marque plus, parce qu'on se dit qu’elles ont quand même contribué toute leur vie. Le fait qu'elles utilisent les services de la banque alimentaire, ce n'est pas toujours jojo.

« Les aînés pilent sur leur orgueil pour venir ici. »

— Une citation de  Gilles Dufour, directeur général de Moisson Mitis

Demande de soutien

Des regroupements de personnes âgées demandent au gouvernement de les aider à maintenir les services qu'ils offrent aux aînés.

C'est notamment le cas du Carrefour 50 + du Québec, qui regroupe 145 clubs en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et au Bas-Saint-Laurent, des régions qui comptent de nombreuses municipalités vieillissantes et dévitalisées.

Pour le président de l’organisme, Richard Rancourt, les aînés sont oubliés de manière répétée lors des campagnes électorales.

Les gens sont obligés de faire un choix entre s'acheter un médicament, se nourrir et limiter leurs activités de transport. Par exemple, lorsque je veux me déplacer pour aller chercher un service dans une ville-centre, il coûte cher, mon transport en automobile. C'est ça, le problème, explique-t-il.

Richard Rancourt accorde une entrevue dans son bureau.

Richard Rancourt, président du Carrefour 50 + du Québec

Photo : Radio-Canada

M. Rancourt demande notamment la création d’un ministère des Aînés.

C'est beau, les petites maisons des aînés de Mme Blais, mais ce n'est pas ça que les gens veulent. Ce qu'ils veulent, c'est d'être reconnus et d'avoir un ministère qui peut les accompagner et comprendre leurs besoins, affirme-t-il.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

De son côté, Armande Charest, retraitée et présidente du Club 50 + de Saint-Yves, à Rimouski, souligne l’importance de l’implication bénévole dans les milieux de vie des aînés.

Notre but à nous, c'est de pouvoir sortir les aînés de leur isolement. C'est de leur offrir des activités pour pouvoir garder leur santé physique et morale à moindre coût, indique-t-elle.

Tous appellent les formations politiques à tendre davantage l'oreille et à être plus sensibles à leurs préoccupations.

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