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Le ministère de l’Environnement serre la vis de la cimenterie de Port-Daniel–Gascons

Les installations de la cimenterie McInnis, photographiées en été.

La cimenterie de Port-Daniel-Gascons est désormais contrainte à appliquer des mesures pour que cessent les émissions de poussières dans l'atmosphère (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Alice Proulx

Le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) passe de la parole aux actes. Le propriétaire de la cimenterie McInnis, St. Mary's Cement, est désormais contraint à appliquer des mesures correctives pour que cessent les émissions de poussières dans l'atmosphère.

Le MELCC a signé une ordonnance contre la cimenterie vendredi, puisqu'elle contrevient à certaines dispositions de la Loi sur la qualité de l’environnement et du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère.

Depuis 2020, plusieurs épisodes d'émanation de poussières collantes provenant des installations ont notamment été observés dans différents secteurs aux abords de la route 132 près de laquelle se trouve l'usine.

Un homme passe un doigt sur une table d'extérieur salie par une pluie toxique à Port-Daniel.

Des épisodes de poussières ont été constatés à Port-Daniel-Gascons (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Cette situation a mené le Ministère à évaluer tous les recours à sa disposition pour corriger le problème, explique le directeur général du contrôle environnemental de l’Est et de l’application de la loi au ministère de l’Environnement, Daniel Labrecque.

« Il fallait aller encore plus loin pour forcer l’entreprise à cesser les rejets de poussières et à mettre en place des correctifs qui allaient régler de façon permanente la problématique. »

— Une citation de  Daniel Labrecque, directeur général du contrôle environnemental de l’Est et de l’application de la loi au ministère de l’Environnement

Québec avait d'ailleurs fait parvenir un avis préalable d'ordonnance à l'égard de l'exploitant, le 30 juin dernier, afin d'indiquer son intention de lui imposer diverses mesures de correction.

Dans le préavis, il était entre autres mentionné que 80 signalements à Urgence-Environnement et 11 plaintes relatives à des poussières ou à la qualité de l'air ont été recensés en date du 31 mai dernier. Le Ministère a également comptabilisé au moins 10 cas de bris d'équipement causés par ces particules entre le 13 août 2020 et le 8 septembre 2021.

L'entreprise bénéficiait alors d'un délai de 15 jours pour faire valoir ses arguments et ses observations dans le but de faire changer la position du Ministère.

Des arguments peu convaincants

Or, les observations qui ont été déposées par St. Mary's Cement ne semblaient pas suffisantes pour faire changer le fusil d'épaule du MELCC.

« On a fait une analyse minutieuse des observations que l’entreprise a déposées. Cette analyse nous a permis de conclure qu’il n’y avait pas lieu de modifier les fondements de cette ordonnance. »

— Une citation de  Daniel Labrecque, directeur général du contrôle environnemental de l’Est et de l’application de la loi au ministère de l’Environnement

Les mesures imposées à St. Mary's Cement :

  • En vertu de l'ordonnance, St. Mary's Cement doit dorénavant cesser le rejet des poussières et autres contaminants dans l’environnement au-delà des normes établies.
  • Elle doit aussi octroyer à un expert indépendant reconnu par le MELCC le mandat de réaliser une évaluation du bon fonctionnement de ses équipements d’épuration de l’air et transmettre un rapport comprenant constats et recommandations, selon un calendrier établi.
  • L’entreprise se voit aussi obligée de soumettre au Ministère un plan de contrôle des poussières faisant état des mesures mises en place et de réaliser les travaux conformément à ce plan.

Quelques ajustements mineurs ont toutefois été apportés en lien avec la réalisation de l'évaluation des équipements d’épuration de l’air par un expert. Le Ministère exigeait initialement l'arrêt total des opérations pendant cet exercice.

St. Mary's Cement a précisé, par voie écrite, que ces modifications vont permettre des examens par des tiers experts au fur et à mesure que les opérations sont en cours afin que le travail soit effectué de façon efficace et durable.

La cimenterie McInnis et le site environnant.

La cimenterie McInnis est située près de la route 132 (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L'entreprise a également fait savoir qu'elle travaille avec diligence pour exploiter l'usine conformément aux normes et aux seuils applicables.

Elle assure, par ailleurs, que depuis la prise en charge la gestion de l'usine en 2021, St. Mary's Cement a commencé à prévenir à l'atténuation des événements de poussière et à l'amélioration continue des processus de notification.

Entrer dans un nouvel air

Le porte-parole d'Environnement Vert Plus, Pascal Bergeron, se réjouit de ce que le MELCC ait enfin sorti les dents dans le but d'arrêter d'une manière concrète l'émission de poussières.

« C’est ce qu’on attendait. On est satisfait de l'ordonnance et de ce qui va en découler. »

— Une citation de  Pascal Bergeron, porte-parole d'Environnement Vert Plus

La cimenterie doit prendre des mesures concrètes pour arrêter d’émettre ces poussières. Ça commence maintenant, renchérit-il.

Le porte-parole d'Environnement Vert Plus, Pascal Bergeron.

Pascal Bergeron attendait cette nouvelle avec impatience (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

À ses yeux, la municipalité de Port-Daniel–Gascons, qui vit sous la poussière depuis quelques années, entre dans une nouvelle ère, celui d'un air nouveau.

On va avoir des mesures concrètes, précises. Avec un peu de chance, il va y avoir d'importantes modifications dans la salle de contrôle et dans toute l’usine qui vont permettre aux gens de respirer pleinement à Port-Daniel, indique M. Bergeron.

Il estime que le combat contre les émissions de contaminants n'est toutefois pas encore gagné, mais que cette ordonnance est un pas dans la bonne direction.

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