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Il y a 50 ans, la CECO dévoilait les activités du crime organisé au Québec

Le juge Jean Dutil et les commissaires Denis Dionne et Marc Cordeau au micro lors des audiences de la Commission d’enquête sur le crime organisé.

La CECO dévoile plusieurs scandales liés à la mafia et au crime organisé au Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 27 septembre 1972, la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO) est créée par le gouvernement du premier ministre Robert Bourassa. Le travail de la CECO a à la fois fasciné et révolté le Québec. Elle a révélé notamment l’étendue du pouvoir des grandes organisations criminelles à Montréal et a mis en lumière des scandales d’une ampleur insoupçonnée, comme celui de la viande avariée.

Un début critiqué

« En 1973, les audiences de la CECO se tenaient à huis clos. Les policiers qui étaient affectés au crime organisé vivaient de grandes frustrations. La commission semblait avoir été mise sur pied seulement pour apaiser l’opinion publique. »

— Une citation de  Isabelle Richer, 14 juillet 2009

Le mandat que donne le gouvernement du Québec à la CECO est de mener au démantèlement des principaux réseaux de la drogue, du jeu et de la prostitution au Québec.

On veut aussi mettre fin au chantage, à la fraude, au vol, à la contrefaçon et à l’extorsion liés à ces activités.

On vise notamment la mafia de Montréal, qui se cache souvent derrière cette criminalité.

L'animatrice Isabelle Richer raconte les efforts du policier montréalais Michel Lépine pour démanteler le réseau des salons de massage dans lesquels se pratique la prostitution illégale.

Mais initialement, comme le rappelle l’animatrice Isabelle Richer dans cet extrait de l’émission Tout le monde en parlait, diffusé le 14 juillet 2009, les premiers mois l’existence de la CECO ont été très critiqués pour son absence de résultats.

Le 1er mai 1973, un journaliste du quotidien Le Devoir, Jean-Pierre Charbonneau, est presque assassiné sur son lieu de travail parce que trop curieux des activités de la mafia.

Dans ce contexte d'impunité, la police et la commission doivent redorer leur blason.

Un courageux agent de la Ville de Montréal, le sergent Michel Lépine – qu’on surnomme bientôt l’inspecteur Columbo québécois (rôle principal d’une télésérie policière américaine très populaire à l’époque) –, s’attelle à la tâche en s’attaquant à ceux qui dirigent les réseaux de salons de massage où se pratique la prostitution.

L’extrait montre aussi comment le juge Jean Dutil, qui présidait la CECO, a forcé la réorganisation de la collaboration des divers corps policiers engagés dans la lutte contre la mafia.

Autre innovation, le juge a autorisé la diffusion à la télévision des audiences de la commission pour mieux combattre le crime organisé.

L’arrivée des caméras dans la salle d’audience va projeter le juge Dutil et la CECO dans les maisons des Québécois.

Le juge déballe une vérité qui à la fois fascine et révolte la population.

Viande avariée et violences à Montréal

« On ne croyait pas à ce moment-là que ça aurait une telle réception auprès de la population. Deux jours après, la CECO on appelait ça "la viande avariée". »

— Une citation de  Juge Jean Dutil, président de la CECO, Tout le monde en parlait, 7 juillet 2009

Dans le souvenir de plusieurs Québécois, la CECO a révélé l’ampleur d’un phénomène jusque-là peu soupçonné : la présence de la mafia dans la manipulation à grande échelle de viande avariée vendue à la consommation aux Québécois.

L'animatrice Isabelle Richer rappelle les efforts de la CECO pour mettre en lumière les liens entre la mafia et le commerce de la viande avariée au Québec.

Cet extrait de l’émission Tout le monde en parlait, qu’anime Isabelle Richer le 7 juillet 2009, montre l’impact qu’ont les audiences de la CECO lorsqu’on y révèle l’étendue de l’utilisation délibérée de vastes quantités de viande avariée au Québec.

Le public apprend avec stupeur l’implication de la mafia de Montréal dans cette gigantesque contrefaçon, la participation de plusieurs entreprises de salaison et de boucherie et l’aveuglement presque volontaire des autorités sanitaires.

De fait, on s’aperçoit que la chaîne de production, de vente et de contrôle de la qualité des viandes est profondément corrompue.

La décision du juge Dutil de téléviser les audiences donne également l’occasion de connaître les visages de ceux qui règnent sur la mafia de Montréal, dont le parrain Frank Cotroni.

L'animatrice Isabelle Richer rappelle les efforts de la CECO pour démanteler le clan des frères Dubois dans le quartier de Saint-Henri à Montréal.

Comme le montre cet autre extrait de l’émission Tout le monde en parlait du 7 juillet 2009, les audiences télévisées de la CECO jettent aussi la lumière sur les activités illicites du clan Dubois.

Le clan Dubois est la deuxième organisation criminelle en importance, après la mafia, dirigée par la famille Cotroni, dans le territoire de Montréal.

Les neuf frères Dubois sont impliqués dans le jeu illégal, l’extorsion et la prostitution.

Ils sont également reconnus pour utiliser la violence pour arriver à leurs fins.

Les frères Dubois ont même réussi à arracher à la mafia le contrôle d’une portion significative du territoire montréalais lors de ce qu’on a appelé la guerre de l’ouest.

Un à un, les frères Dubois sont questionnés par les commissaires.

L’ampleur et la brutalité de leurs activités sont mises au jour lors d’interrogatoires de propriétaires de bar terrifiés par les menaces ou de délateurs qui dénoncent les méfaits du clan Dubois.

La grande réalisation de la CECO est d’avoir révélé les multiples liens entre les organisations mafieuses et le crime organisé.

La CECO a aussi assaini la vie au Québec… et les assiettes des Québécois.

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