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Le projet de loi de Danielle Smith divise les députés conservateurs unis

Danielle Smith salue des partisans en levant les bras, devant un podium.

Danielle Smith a été chef du Parti Wildrose de l'Alberta de 2009 à 2014.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Si elle est élue chef du Parti conservateur uni le 6 octobre, Danielle Smith pourrait trouver difficile d’obtenir l’appui de tout son caucus pour son projet de loi sur la « souveraineté de l’Alberta ». Plusieurs députés ne croient pas pouvoir voter en sa faveur.

Sept candidats tentent de succéder à Jason Kenney comme chef de la formation politique et premier ministre de l'Alberta.

La candidate Danielle Smith a promis de faire de ce projet de loi son premier présenté à l’Assemblée législative. Selon elle, il permettra de redonner à l’Alberta ses pouvoirs constitutionnels, en lui accordant l’autorité de refuser d’appliquer des lois et des politiques fédérales jugées contraires aux intérêts de la province.

Plusieurs experts croient toutefois que cela violerait la loi suprême du pays.

Des députés inquiets

De retour à l’Assemblée législative jeudi pour une session extraordinaire en raison du décès de la reine Élisabeth II, les députés conservateurs unis étaient divisés quant à leur appui à ce projet de loi proposé.

Vu la manière dont il est écrit, ou plutôt décrit en ce moment, je ne peux pas l’appuyer, mais il est encore très hypothétique qu’il soit même présenté, a affirmé la ministre de l’Énergie, Sonya Savage.

Bien qu’elle dise appuyer la défense des intérêts de l’Alberta face à Ottawa, la ministre affirme ne pas pouvoir voter en faveur d’un projet de loi potentiellement illégal.

La ministre Sonya Savage.

La ministre Sonya Savage dit ne pas pouvoir appuyer le projet de loi de Danielle Smith dans sa forme actuelle.

Photo : Gouvernement de l'Alberta/Chris Schwarz

Dans une publication sur le site True North, Sonya Savage ajoute que, lors d’une récente conférence sur l’énergie en Norvège, des investisseurs inquiets l’ont interrogée à propos de ce projet de loi. Elle croit que ce dernier crée une instabilité et un chaos institutionnel qui fera fuir les investisseurs.

Le ministre des Services communautaires et sociaux, Jason Luan, a aussi dit qu'il était incapable d’appuyer un projet de loi qui ne respecterait pas la Constitution canadienne et que plusieurs de ses aspects l'inquiétaient beaucoup. Selon lui, cela a créé beaucoup d'incertitudes, particulièrement à un moment où la province est sur le point de vivre un boom économique.

« Jason Luan, ministre des Services communautaires et sociaux »

— Une citation de  Jason Luan, ministre des Services communautaires et sociaux

Les deux ministres appuient le candidat à la chefferie Travis Toews, vu comme un des meneurs de la course. Leur opposition au projet de loi de Danielle Smith s’ajoute à celle du ministre des Finances, Jason Nixon, et du premier ministre, Jason Kenney.

Trois appuis clairs pour Danielle Smith

Le député de Calgary-Falconridge, Devinder Toor, et le ministre de Services Alberta, Nate Glubish, ont quant à eux immédiatement donné leur appui au projet de loi sur la souveraineté de l’Alberta.

Nate Glubish affirme que Micehlle Smith, si elle devenait première ministre, bénéficierait des conseils du caucus pour écrire le projet de loi de la meilleure façon possible.

Il ne croit pas que le projet ferait fuir les investisseurs.

J’ai hâte d’avoir l’occasion de travailler avec Danielle pour que ce projet de loi soit bien écrit. Beaucoup de choses doivent se produire auparavant, toutefois, dit-il.

Le ministre du Travail, Kaycee Madu, a aussi fois appuyé à plusieurs reprises l’idée phare de Danielle Smith sur les réseaux sociaux.

Des députés veulent voir le texte avant de juger

De nombreux députés interrogés jeudi ont affirmé qu’ils ne porteraient pas de jugement sur le projet de loi tant qu’ils n’en ont pas vu le texte. C’était le cas d'Adriana LaGrange, ministre de l’Éducation, Jason Copping, ministre de la Santé, Demetrios Nicolaides, ministre de l’Éducation supérieure, Ric McIver, ministre des Affaires municipales, ainsi que du député de Highwood, RJ Sigurdson.

Selon le député de Vermilion-Lloydminster-Wainwright, Garth Rowswell, leur appui dépendra des conseils juridiques qu’ils recevront.

« Je crois que [ce projet de loi] est le produit des frustrations des gens, mais je ne suis pas certain qu’on puisse le faire. Je ne le mets pas de côté, j’aimerais voir ce qu’il en est. »

— Une citation de  Garth Rowswell, député de Vermilion-Lloydminster-Wainwright

Comme un siège est vacant à l’Assemblée législative, tout projet de loi a besoin de l’appui de 43 des 86 députés pour être adopté. L’Assemblée est composée de 59 députés conservateurs unis, en plus du président, Nathan Cooper, de 23 députés néo-démocrates et de 3 députés indépendants.

Danielle Smith ne détient pas de siège en ce moment et se présente à la nomination de la circonscription de Livingstone-Macleod. Si elle est élue chef, elle pourrait quand même agir en tant que première ministre, mais ne siégerait pas à l’Assemblée.

Avec les informations de Janet French

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