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Les chefs des partis courtisent les municipalités du Québec

Paul St-Pierre Plamondon, Valerie Plante et Francois Legault.

Devant les élus municipaux, François Legault a entrouvert la porte qu’il avait fermée quant au Pacte vert de l’UMQ pour l’adaptation aux changements climatiques.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Au Sommet de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), les chefs des cinq partis ont tous milité pour plus d’indépendance fiscale des villes et leur nécessaire adaptation aux changements climatiques. Pour le Parti québécois (PQ), Québec solidaire (QS) et le Parti conservateur du Québec (PCQ), une partie de la solution passe par le transport en commun. De son côté, le Parti libéral du Québec (PLQ) insiste sur l’importance d’établir un partenariat avec les villes.

Devant les élus municipaux, François Legault a entrouvert la porte qu’il avait fermée quant au Pacte vert de l’UMQ pour l’adaptation aux changements climatiques.

Je suis moins catégorique que ce qui a été écrit par les journalistes, a déclaré vendredi à ce sujet le chef caquiste François Legault. Mardi, il avait fermé la porte à l’idée de l’UMQ, qui demande 2 milliards $ par année sur 5 ans, afin de répondre dès maintenant à l'urgence climatique.

La porte est-elle pour autant ouverte? Pas sûr si l’on se fie aux propos du premier ministre sortant quelques minutes plus tard.

« Si demain matin, je donnais 2 milliards de dollars aux municipalités, il faudrait que j’augmente les impôts des contribuables de 2 milliards. Avec l’inflation, ce n’est pas le temps de mettre des ''taxes orange''. »

— Une citation de  François Legault, chef de la CAQ

M. Legault faisait ainsi référence aux hausses de taxes prônées par Québec solidaire. Les solidaires misent en effet sur plusieurs hausses de taxes pour financer ses mesures environnementales. Le 3 octobre, c’est l'élection de la dernière chance pour répondre au défi climatique, a martelé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau Dubois.

« Le transport collectif, c’est l’investissement le plus important que l’on peut faire pour l’avenir du Québec. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Son parti veut diminuer de moitié le prix des billets et nationaliser une partie du transport interurbain en investissant dans plusieurs lignes d'autobus et de train à hauteur de 12, 7 milliards $.

Des personnes assises à une table, dont Éric Duhaime, Paul St-Pierre Plamondon, Valérie Plante, François Legault, Daniel Côté, Dominique Anglade et Gabriel Nadeau-Dubois.

Les chefs sont assis à la même table à l'occasion du sommet de l'Union des municipalités du Québec.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Desrosiers

Le Parti québécois promet de doubler les investissements en transport en commun sur 10 ans pour un total de 30 milliards $. Cela correspond à des enveloppes allant de 300 millions $ à 1 milliard $ de plus pour les 30 villes les plus importantes du Québec, afin que ces dernières bonifient leur offre de transport collectif.

« Pour réduire nos émissions de GES, nous devons d’abord nous attaquer au secteur des transports. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ

À moyen terme, le PQ souhaite que les deux tiers des investissements en transport aillent vers le transport en commun (contre 30 % actuellement). Plus tôt cet été, le parti avait présenté sa promesse de passe-climat, permettant pour 365 $ par an d'avoir un accès illimité à tous les modes de transport collectif du Québec.

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Au Parti conservateur du Québec, le chef Éric Duhaime propose de tester le principe de la gratuité du transport en commun pour voir s’il y a réellement de l'appétit pour la formule et si cela pousse les automobilistes à délaisser leur véhicule. À l’image de la Norvège, le PCQ mise aussi sur l’exploitation des hydrocarbures québécois pour notamment financer l’électrification des transports.

Un homme sur scène donne un discours devant un écran géant.

Éric Duhaime, lors du Sommet électoral de l'UMQ

Photo : Radio-Canada

Le PLQ se pose en partenaire des municipalités

Pour faire face au changement climatique, la cheffe libérale Dominique Anglade mise sur un réel partenariat avec les municipalités.

Si elle est élue première ministre, elle promet d’être responsable du dossier climatique et de faire une grande révision du pacte fiscal entre Québec et les municipalités.

« On ne peut plus pelleter des choses dans la cour des municipalités sans leur donner les moyens. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du PLQ

La cheffe du PLQ a été chaudement acclamée par les membres de l'UMQ quand elle a déclaré que les villes ne devraient pas se voir obligées de céder au gouvernement du Québec des terrains pour qu'il puisse y construire des écoles.

Mme Anglade n’est pas la seule à faire des promesses fiscales aux municipalités. Après leur avoir accordé un point de pourcentage de la TVQ durant son mandat, François Legault promet de pérenniser la mesure.

Québec solidaire veut de son côté implanter un gouvernement de proximité qui permettrait aux municipalités de taxer les logements vacants comme à Vancouver et qui constituerait un Fonds d’urgence climatique à hauteur de 500 millions $ par an. Au PQ, comme chez QS, on a retenu l’idée de réserver 1 % de la valeur des grands contrats d’infrastructure à des projets de verdissement.

L'UMQ satisfaite

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, se réjouit que le Pacte vert ait été sur toutes les lèvres des chefs.

« Au final, peu importe la couleur, peu importe le nom que pourrait avoir ce plan-là, l’idée, c'est de travailler en partenariat avec les municipalités, avec les villes pour pouvoir adapter notre territoire, nos infrastructures aux changements climatiques. »

— Une citation de  Valérie Plante, mairesse de Montréal

Le message a été entendu, on a des engagements clairs, s’est félicité le président de l'UMQ et maire de Gaspé, Daniel Côté. Ce dernier s’est dit ouvert à discuter avec le gouvernement des modalités entourant le Pacte vert, mais pas sur le montant de l’aide nécessaire.

Jeudi prochain, les chefs de partis seront au Congrès annuel de la Fédération des municipalités du Québec (FMQ), qui aura lieu à Montréal.

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