•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Des journalistes écoutent le débat électoral de TVA.

Les chefs se sont affrontés lors du premier débat télévisé de la campagne.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La présence simultanée de cinq aspirants premiers ministres sur le même plateau – un record – aura donné beaucoup de fil à retordre au modérateur de ce premier débat des chefs. Multiplication des sujets et des questions, courts échanges rapidement interrompus, la discussion a souvent viré à la cacophonie.

Dans cette nouvelle configuration politique, où cinq partis se partagent l’électorat, les attaques sont venues de partout et tous les chefs s’en sont pris les uns aux autres à un moment ou à un autre.

Après un lent départ, François Legault a paru retrouver sa stature de premier ministre sortant lors d’un échange serré avec son vis-à-vis conservateur Éric Duhaime sur la gestion de la pandémie. Dans un extrait qu’on risque de revoir souvent ces prochaines heures, le chef caquiste lui a reproché d’avoir manqué de solidarité, d’avoir tiré dans la chaloupe.

Plus faible sur cette question, Éric Duhaime aura par ailleurs été très efficace à rappeler à chacun de ses adversaires leurs contradictions, évoquant le passé caquiste de Dominique Anglade, les passages du programme de Québec solidaire sur le désarmement des policiers, ou encore, le recentrage vers la gauche de la CAQ, pourtant née d’une fusion avec l’ADQ, plus à droite.

Il s’est aussi distingué en mettant de l’avant des positions souvent à contrepied de celles de ses adversaires, qu’on pense à la place du privé en santé ou à l’exploitation des hydrocarbures.

Affichant parfois de drôles d’expressions faciales, François Legault aura passé une bonne partie de la soirée sur la défensive, notamment sur les questions de l'environnement et de la pénurie de main-d'œuvre. S'il a réussi à clarifier quelque peu sa pensée au sujet de l’immigration, il demeure vulnérable sur d'autres enjeux, notamment le troisième lien.

Éric Duhaime (chef du Parti conservateur du Québec), Dominique Anglade (cheffe du Parti libéral du Québec), Gabriel Nadeau-Dubois (co-porte-parole de Québec solidaire), Paul St-Pierre Plamondon (chef du Parti québécois) et François Legault (chef de la Coalition avenir Québec) lors du Face-à-Face au studio de TVA.

Les chefs des cinq partis ont participé au premier débat télévisé de la campagne.

Photo : POOL / Journal de Montréal / POOL / Martin Chevalier / Journal de Montréal

Seule femme sur le plateau, Dominique Anglade a commencé le débat avec force, reprochant entre autres à François Legault d’attribuer constamment au Parti libéral les malheurs du Québec, alors que le chef caquiste est lui-même en politique depuis 25 ans.

Si elle a montré sa grande maîtrise des dossiers, les nombreux échanges sur la langue française l’ont toutefois placée dans une position délicate. Alors que le Parti libéral récolte moins de 10 % des intentions de vote chez les francophones, entendre Dominique Anglade argumenter avec véhémence contre la loi 96 n’est pas de nature à inverser la tendance.

Habile, et en parfaite maîtrise de sa communication non verbale, Gabriel Nadeau-Dubois a multiplié les attaques contre Dominique Anglade, à qui il veut ravir le titre de chef de l’opposition officielle, la comparant à Jean Charest et lui reprochant d’avoir les mêmes idées que François Legault.

Le simple fait que le chef caquiste prenne le co-porte-parole de Québec solidaire comme cible principale, pendant et après le débat, n’est pas pour déplaire à ce dernier. Gabriel Nadeau-Dubois aura toutefois eu du mal à donner la réplique à François Legault, qui a multiplié les attaques contre les taxes orange et leurs répercussions sur la classe moyenne.

Dans le lot, c’est sans doute la performance de Paul St-Pierre Plamondon qui a offert le plus grand contraste avec celles de ses adversaires. Fidèle au style qu’il a adopté jusqu’ici, le chef péquiste est demeuré calme et posé tout au long de la soirée. Il est même allé jusqu’à féliciter Gabriel Nadeau-Dubois pour son plan de lutte contre les gaz à effet de serre!

En insistant sur la question de l’indépendance, et en rappelant les limites du fédéralisme pratiqué par François Legault, il aura peut-être convaincu des péquistes égarés de rentrer au bercail.

Le débat n’aura peut-être pas fait de grands gagnants ou de grands perdants, mais il aura au moins permis à tous les partis de conforter leur base. Il aura aussi fait ressortir les nombreuses différences qui existent entre les partis, après un début de campagne lent, où les promesses des uns semblaient souvent inspirées de celles des autres.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !