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Les villes démocrates submergées par les migrants envoyés par des États républicains

Les leaders républicains des États limitrophes de la frontière avec le Mexique continuent d'envoyer des migrants par centaines chaque semaine vers le nord du pays.

Des migrants font la file devant un immeuble.

Les migrants qui arrivent en sol américain dans les États du Sud ne sont pas les bienvenus.

Photo : Getty Images / David McNew

Les villes démocrates des États-Unis qui se sont affichées comme villes sanctuaires s'organisent pour faire face au flot de migrants.

Une autre centaine de migrants hispaniques en provenance du Texas ont été déposés devant la résidence de fonction de la vice-présidente Kamala Harris, à Washington, gracieuseté du gouverneur républicain du Texas Greg Abbott.

Deux avions nolisés avec, à leur bord, des dizaines de migrants du Texas, ont été envoyés par le gouverneur floridien Ron DeSantis, à Martha’s Vineyards, au Massachusetts.

Un autre autobus rempli a été nolisé vers la capitale américaine par Doug Ducey, gouverneur républicain de l’Arizona.

Décidément, les États du Sud ont bel et bien décidé de mettre le paquet pour dénoncer les politiques migratoires de la Maison-Blanche démocrate.

Ils marchent sur un trottoir.

Des dizaines de migrants en provenance de l'Arizona sont arrivés cette semaine à Washington.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Une crise causée par Joe Biden, tel est le message répété par Greg Abbott, qui envoie depuis quatre mois des milliers de migrants vers des villes démocrates. Selon le gouverneur texan, l'administration Biden laisserait entrer trop de migrants.

Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison-Blanche, a rétorqué que cette mascarade politique n’était qu’une façon pour ces gouverneurs républicains de créer le chaos et la confusion dans les villes démocrates.

Au-delà de la joute, au centre de ces invectives entre républicains et démocrates, se trouvent des milliers de migrants qui sont accueillis tant bien que mal par les pouvoirs locaux. À New York, ils sont plus de 12 000 à avoir été ballottés des États du Sud jusque dans les rues de la Big Apple. À Washington, le chiffre de 9000 a maintenant été dépassé.

Les migrants qui arrivent au Texas et en Arizona sont envoyés par les gouverneurs républicains, par autobus, dans les villes démocrates du nord du pays

Les migrants qui arrivent au Texas et en Arizona sont envoyés par les gouverneurs républicains, par autobus, dans les villes démocrates du nord du pays

Photo : afp via getty images / JUSTIN HAMEL

L'administration de la mairesse de Washington D.C., Muriel Bowser, a créé un bureau d'accueil spécialisé pour les migrants au coût de 10 millions de dollars américains. Cette facture sera refilée à l'Agence fédérale de gestion des situations d'urgence (FEMA).

Un bureau essentiel pour gérer le flot de migrants afin, dit Mme Bowser, de ne pas déséquilibrer les services municipaux, notamment ceux qui œuvrent pour les sans-abri, toujours très nombreux dans le District de Columbia.

Un rêve américain décevant

En attendant que ce bureau soit pleinement efficace, la tâche d’accueil revient à des organismes subventionnés par l’administration fédérale comme le SAMU.

Tatiana Leborde, directrice générale de l’organisme, déplore les conditions dans lesquelles ces migrants sont traités dès leur arrivée en sol américain, entre autres dans les centres de détention dans le sud des États-Unis.

Avant d’en arriver là, il y en a qui passent par la jungle, entre la Colombie et le Venezuela, certains d’entre eux meurent en chemin. D’autres tombent dans les griffes des groupes criminels au Mexique. C’est dévastateur.

Portrait de Tatiana Leborde

Tatiana Leborde, directrice générale de l'organisme SAMU, donne un coup de main à la Ville de Washington pour accueillir les centaines de migrants qui arrivent chaque semaine.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Et quand ils arrivent au Texas ou en Arizona, explique Mme Leborde, un autre défi les attend après toutes les horreurs qu’ils ont vécues.

Ils sont confus parce qu’ils savent alors qu’ils ne sont pas les bienvenus et ils ne savent pas à quoi s’attendre, surtout quant à leur statut légal, dit-elle.

Face à cette expérience peu enviable, certains migrants s’étaient fait une idée du rêve américain, selon elle, mais certains ont décidé de poursuivre leur chemin jusqu’à la frontière canadienne dans l'espoir de jours meilleurs.

Accueil bénévole

En parallèle, ce sont surtout des bénévoles et organismes caritatifs qui offrent un coup de main aux villes. Dans le cas de Washington, des églises sont devenues le point de chute de ces migrants envoyés par autobus.

À l’église St. Peter, non loin du Capitole, des paroissiens s'activent pour préparer l’accueil des nouveaux arrivants. Grâce à des repas chauds, des vêtements et quelques jouets pour les enfants, ils offrent un peu de leur temps et de leur réconfort.

Des jouets et un livre sont disposés sur une table.

Les églises offrent un accueil réconfortant aux familles de migrants en leur fournissant vêtements et jouets pour les enfants.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Nadia Tibari revient pour une troisième fois faire du bénévolat à cette église. Elle déplore l’attitude de certains États qui refoulent les migrants vers le nord des États-Unis. Ça me fait très mal de voir tout ça, dit-elle. Parce que ce sont des êtres humains qui n'ont pas eu la chance que les autres personnes ont eue. Ils sont prêts à travailler et ils sont prêts à sacrifier tout pour le futur de leurs enfants.

Ce soir, elle est impatiente de saluer ces nombreux enfants qui espèrent un nouveau départ.

Tout ce que ces migrants font, c'est pour une meilleure vie pour leurs enfants. Ils ont traversé des montagnes, des rivières et des parcours très difficiles.

Tatiana Leborde estime que ce flot de migrants devrait se poursuivre au moins jusqu’au mois de décembre.

Portrait de Nadia Tibari

Nadia Tibari est une des bénévoles qui vient régulièrement à l'église St. Peter de Washington pour accueillir des familles de migrants.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Ping-pong politique sur fond d’élections

Face à la perte de vitesse dans les sondages, à 52 jours des élections de mi-mandat, les républicains espèrent que l’enjeu de l’immigration à la frontière sera porteur et fouettera leurs troupes. Cet enjeu apparaît une fois de plus comme celui qui permettrait de mobiliser la base conservatrice, mais aussi d’attaquer le bilan du président Joe Biden.

Depuis cet été, les démocrates connaissent une remontée dans les sondages, grâce à certains succès législatifs au Congrès, au dossier de l’avortement qui a fait perdre des plumes aux républicains ainsi qu’à la défense de la démocratie qui semble résonner dans cette campagne électorale pour les partisans de l’administration Biden.

L’immigration permettra-t-elle aux républicains de connaître un regain dans les intentions de vote? Les prochaines semaines devraient nous éclairer sur la question.

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