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Vitalité a perdu 500 employés en un an, dont 150 infirmières

Une infirmière se déplace dans un couloir d'hôpital.

L’âge moyen des 152 infirmières du Réseau de santé Vitalité qui ont quitté leur emploi au cours de l'exercice financier 2021-2022, pour des raisons autres que la retraite, est de 34 ans.

Photo : getty images/istockphoto

Radio-Canada

Le Réseau de santé Vitalité, au Nouveau-Brunswick, a perdu 500 employés au cours de l’exercice financier 2021-2022, dont 152 infirmières qui ont quitté leur poste pour des raisons autres que le départ à la retraite.

C’est ce qu’a dévoilé la directrice du Réseau de santé Vitalité, France Desrosiers, jeudi, devant le comité des comptes publics de l’Assemblée législative.

L’âge moyen des 152 infirmières du Réseau de santé Vitalité qui ont quitté leur emploi pour des raisons autres que la retraite est de 34 ans.

La Dre France Desrosiers, pdg du réseau, pense qu’il est possible d’en convaincre plusieurs de rentrer au bercail. Vitalité, dit-elle, sonde celles qui sont parties pour connaître les raisons de leur départ. On en aurait interrogé le quart jusqu’à maintenant.

France Desrosiers en mêlée de presse, entourée de caméras et de micros, dans les corridors de l'édifice de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

La Dre France Desrosiers, pdg du Réseau de santé Vitalité, le 15 septembre 2022 à Fredericton

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Ce qu'on nous dit, majoritairement, les causes de départ sont : d'abord, les horaires de travail, incluant le fait qu'elles ont difficilement accès à des vacances l'été; deuxièmement, la charge de travail; et troisièmement, le manque de soutien, a expliqué la Dre Desrosiers plus tard jeudi, dans une entrevue au Téjournal Acadie.

Par rapport aux horaires de travail, c'est là où on nous dit que si on réussit à améliorer ça, il y en a beaucoup qui étaient prêtes à revenir dans le réseau de santé, a-t-elle affirmé.

Vitalité, dit-elle, a travaillé sur un nouveau modèle de soins où il va y avoir plus de soutien dans les équipes infirmières.

Le réseau de santé est plus que prêt à travailler avec le syndicat dans ce dossier, a affirmé la Dre Desrosiers dans cette entrevue.

Agressions sexuelles : diminution des infirmières examinatrices

Par ailleurs, le nombre d’infirmières examinatrices, formées pour soutenir les victimes de viol et d’agression sexuelle, a diminué radicalement ces dernières années, tant chez Vitalité qu’au Réseau de santé Horizon. Ces départs se sont même accélérés dans la dernière année et demie.

Au Nouveau-Brunswick, le programme SANE (Nouvelle fenêtre) (pour Sexual Assault Nurse Examiner) forme des infirmières examinatrices des cas d’agression sexuelle.

À l’urgence, une victime d’agression sexuelle — adulte ou enfant — peut demander à voir l’infirmière SANE pour recevoir de l’aide, passer un examen médico-légal et des tests de dépistage.

Aucun policier ne sera présent et les patient(e)s n’ont pas besoin de signaler l’agression à la police pour obtenir ce soutien. Des échantillons seront prélevés si la personne veut éventuellement porter plainte.

Vitalité, a-t-on appris, ne compte que 14 infirmières examinatrices faisant partie du programme SANE, alors qu’il y en avait 40 en 2015.

À 14, on joue avec le feu, a lancé le député Jean-Claude D’Amours, porte-parole du Parti libéral en matière de santé. Il se demande comment il est humainement possible pour seulement 14 infirmières de couvrir huit hôpitaux.

Selon la Dre France Desrosiers, présidente-directrice générale du Réseau de santé Vitalité, les infirmières du programme SANE sont très travaillantes et prêtes à aller vers les patients où ils se trouvent, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Diminution importante chez Horizon aussi

Au Réseau de santé Horizon, l’exode de ces infirmières spécialisées en cas d’agressions sexuelles a été encore plus spectaculaire. Il y en a 26, alors qu’on en comptait 40 en avril 2021, a indiqué la dirigeante par intérim du réseau, Margaret Melanson.

Les deux régies disent que la pandémie a compliqué les efforts pour former davantage d’infirmières du programme SANE.

Cela n’a pas plu à la députée Andrea Anderson-Mason, du Parti progressiste-conservateur. Pendant la COVID-19, on a interrompu les formations, mais on n’a pas interrompu les agressions sexuelles, a-t-elle déclaré pendant l’audience du comité parlementaire.

Mme Anderson-Mason a noté qu’on demande régulièrement aux Néo-Brunswickois d’éviter les urgences lorsqu’elles débordent; elle ne veut absolument pas que les victimes de violence sexuelle sentent qu’elles n’auront pas accès aux services auxquelles elles ont droit.

Margaret Melanson en mêlée de presse, entourée de caméras et de micros, dans les corridors de l'édifice de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Margaret Melanson, présidente et cheffe de la direction par intérim du Réseau de santé Horizon, jeudi à Fredericton.

Photo : CBC / Jacques Poitras

On doit continuer à marteler le message que, si vous êtes victime d’agression sexuelle, il est important d’aller à l’hôpital, a-t-elle dit.

En août, une femme de 26 ans qui venait d’être agressée sexuellement a été refoulée à l’urgence de l’hôpital Dr Everett Chalmers, à Fredericton, car personne n’était disponible pour l’examiner. On lui a dit de ne pas se laver, pour préserver les preuves de l’agression, et de revenir le lendemain.

Le réseau Horizon a lancé une enquête interne après cet événement. Jeudi, la dirigeante du réseau, Margaret Melanson, a dit que 300 examens médico-légaux sont effectués chaque année dans les hôpitaux d’Horizon. Depuis avril, il y en a eu 63 à Fredericton seulement.

Les réseaux de santé essaient de former de nouvelles infirmières examinatrices à l’automne chaque année.

La pdg de Vitalité, France Desrosiers, n’a pas exclu jeudi l’idée de former toutes les infirmières pour les cas d’agression sexuelle. Puisque ces infirmières consacrent typiquement de 2 à 3 heures à chaque victime, il ne serait pas réaliste, a-t-elle ajouté, de leur demander d’être en plus sur le plancher dans une urgence très achalandée.

D’après les reportages d’Alix Villeneuve et de Jacques Poitras (CBC), et avec des renseignements de Karine Godin

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