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Des chercheurs étudient des algues clefs de l’écosystème marin près de Cambridge Bay

Une plongeuse collecte des algues dans les fonds marins près de Cambridge Bay.

Dans le cadre d'un projet de recherche, des scientifiques se trouvent à Cambridge Bay jusqu'à mardi pour collecter des échantillons de macroalgues. Leur travail vise à faire un inventaire de la biodiversité de cette espèce marine.

Photo : Roger Bull/Musée canadien de la nature

Une équipe de scientifiques se trouve en ce moment à Cambridge Bay, dans l’ouest du Nunavut, pour faire un inventaire de la biodiversité de laminaires, une espèce d'algues côtières qu’ils jugent d’une grande importance, bien qu'elle soit « sous-étudiée » dans l’Arctique.

Les chercheurs s’intéressent notamment aux forêts de laminaires, des algues géantes, qui ont des fonctions cruciales dans les écosystèmes côtiers, puisque certaines espèces marines en dépendent. L'objectif de la recherche est principalement de déterminer l’ampleur du recouvrement de laminaires dans les régions côtières près de Cambridge Bay pour cerner leur rôle dans l’écosystème marin.

Les laminaires arctiques sont extrêmement importantes [...] puisqu’elles constituent un habitat propice à l’ensemble de l’écosystème marin, explique la chercheuse et directrice du Centre de connaissance et d'exploration de l'Arctique du Musée canadien de la nature, Amanda Savoie. Cette dernière chapeaute le projet de recherche mené en collaboration avec l’Université Laval, le réseau de recherche ArcticNet et Savoir polaire Canada.

La chercheuse Amanda Savoie dans la salle principale de la Station canadienne de recherche dans l'Extrême-Arctique, à Cambridge Bay.

Amanda Savoie s’appuie sur des collections muséales pour effectuer sa recherche. Son travail sur le terrain, qui implique parfois de faire de la plongée sous-marine, consiste à collecter de nouveaux échantillons.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Son équipe et elle se trouvent à Cambridge Bay depuis la mi-août et y resteront jusqu’à mardi. Leur travail sur le terrain consiste, entre autres, à prélever des échantillons de laminaires grâce à des quadrats, des cadres d'échantillonnage qui servent à étudier la distribution d'un élément particulier.

Amanda Savoie croit d’ailleurs que les conditions complexes du terrain, accessible uniquement en plongée sous-marine, expliquent notamment pourquoi les laminaires arctiques sont peu étudiées. L’autre jour, nous avons fait de l’échantillonnage pendant une heure… et il faisait vraiment froid!, souligne-t-elle.

Deux plongeurs sur les rives regardent les algues qu'ils ont collectées.

Les scientifiques Amanda Savoie (à gauche) et Roger Bull (à droite) contemplent un échantillon d'algues qu'ils viennent de collecter.

Photo : Pierre Poirier/Musée canadien de la nature

Poursuivre un travail entamé il y a plusieurs décennies

Le Musée canadien de la nature dénombre environ 175 espèces d'algues dans l’Arctique canadien. Les chercheurs s’attendent toutefois à en découvrir de nouvelles, puisque la plus récente analyse taxonomique remonte aux travaux du chercheur R.K.S. Lee, dans les années 1960 et 1970.

C’était donc l’occasion d’essayer de comparer les espèces qu’il a trouvées à l’époque et celles que nous collectons aujourd’hui, dit Amanda Lavoie.

Une personne tient dans ses mains une page sur laquelle est collé un échantillon d'algue séchée.

Amanda Savoie manipule un échantillon d'algue séchée dans un laboratoire de la Station canadienne de recherche dans l'Extrême-Arctique, à Cambridge Bay.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Quel est le rôle des laminaires dans l’écosystème côtier?

Ultimement, les scientifiques espèrent mieux comprendre comment les changements climatiques sont susceptibles d’affecter la biodiversité marine, en particulier dans cette région de l’Arctique.

« Avec le réchauffement climatique, nous savons qu’il y aura des changements. Donc, nous avons besoin d’information de référence pour pouvoir détecter les changements futurs. »

— Une citation de  Amanda Savoie, chercheuse, Musée canadien de la nature

Bien qu’il lui soit difficile de tirer de quelconques conclusions au sujet des laminaires, elle s’attend à ce que le réchauffement des eaux pousse de nouvelles espèces marines à faire leur apparition dans l’Arctique.

Cet aspect intéresse particulièrement Camille Lavoie, étudiante au doctorat en océanographie à l’Université Laval, qui fait partie des scientifiques présents sur place. Mon projet, c’est vraiment de comprendre quelles sont les espèces d’invertébrés, comme les crabes et les poissons, qui dépendent de ce type d’habitat et quelles sont les espèces qui n’en dépendent pas, résume-t-elle.

« Comment [le réchauffement climatique] va-t-il va augmenter la biodiversité et [...] les abondances d’invertébrés? »

— Une citation de  Camille Lavoie, étudiante au doctorat en océanographie
Des algues dans les fonds marins près de Cambridge Bay.

Un aperçu de la biodiversité marine dans les eaux du Cap Colborne, près de Cambridge Bay.

Photo : Roger Bull/Musée canadien de la nature

L’importance du savoir traditionnel

Pour mener leur travail sur le terrain, l’équipe travaille avec un résident de Cambridge Bay, John Lyall, qui agit à titre de guide local. Je les amène dans des endroits propices à la plongée parce que je connais bien le territoire environnant, précise-t-il. Je leur donne des conseils ou je les informe sur les éléments à garder en tête.

John Lyall, à la Station canadienne de recherche dans l'Extrême-Arctique, à Cambridge Bay.

John Lyall aiguille les scientifiques pour mieux les préparer aux conditions sur le terrain.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Sa connaissance approfondie du territoire et des conditions environnementales est un atout précieux pour l’équipe, comme l'explique Camille Lavoie. John [...], c'est quelqu'un qui connaît les environs comme le fond de sa poche. Ce qui fait que, par exemple, si je lui montre sur la carte un endroit, il sait exactement où c’est sans même regarder.

Le guide, qui travaille avec des scientifiques depuis 1985, leur donne notamment des conseils pour s’habiller adéquatement. Ils doivent s’habiller en conséquence, car nous ne sommes pas dans le Sud ici, nous sommes dans l’Arctique.

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