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Un francophone hors Québec co-directeur d’une importante revue de science politique

M. Mathieu debout dehors, souriant.

Félix Mathieu tenant une copie de la Revue canadienne de science politique.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Le politologue de l’Université de Winnipeg Félix Mathieu est le nouveau co-directeur de la section francophone de la Revue canadienne de science politique. Nommé pour un mandat de trois ans, c’est la première fois qu’un chercheur hors Québec occupe ce poste.

La publication qui existe depuis plus d’un demi-siècle est la revue phare de la discipline au Canada et dispose d'une excellente réputation mondiale, selon Félix Mathieu. Quatre numéros avec une dizaine d'articles sont publiés chaque année.

C’est moi qui suis responsable de recevoir des textes, en faire une première évaluation éditoriale, d’identifier des évaluateurs, explique-t-il.

C’est la principale revue pour la communauté scientifique des politologues au Canada, poursuit le nouveau co-directeur. Historiquement, ça a été essentiellement des Québécois et des personnes qui ont été dans des institutions universitaires du Québec qui ont été à ce poste.

M. Mathieu a fait ses études au Québec et son stage postdoctoral à Barcelone, avant de se rendre à l’Université de Winnipeg en 2021, où il enseigne comme professeur adjoint de science politique. Il s’intéresse à la manière dont on gère la diversité ethnoculturelle et nationale dans [les] démocraties.

Il indique qu’il a été choisi pour bâtir des ponts entre les chercheurs francophones du Québec et ceux en situation linguistique minoritaire. Le chercheur veut maintenant dynamiser la revue, notamment en continuant le développement d’une section où des universitaires sont interpellés sur des enjeux d’actualité.

On va leur demander : pouvez-vous utiliser vous connaissances et les associer à une problématique très contemporaine? En ce moment, on est allés chercher des articles pour comprendre la campagne électorale québécoise, indique M. Mathieu. Dans les prochains mois, il s’attend à ce que l’avenir du Parti conservateur soit à l’ordre du jour.

Le défi de la légitimité des chercheurs en situation minoritaire

Tout le défi d’être un chercheur dans une langue minoritaire se rapporte à la légimité, selon le professeur de sciences politiques à l'Université Simon Fraser à Vancouver Rémi Léger, spécialisé en francophonie canadienne hors Québec et en politique linguistique canadienne.

À un niveau, il s’agit de celle du chercheur pour son établissement : est-ce que ton institution, tes collègues, ton département, ton doyen, tes vice-doyens valorisent ta recherche?, développe celui qui enseigne et publie en anglais et en français.

Si tu travailles dans une institution de langue anglaise comme moi […] c’est un défi quotidien de convaincre les collègues, ton département, tes supérieurs que faire de la recherche en français ça a sa valeur, ça a sa pertinence, poursuit-il.

Les chercheurs francophones sont aussi confrontés au défi de la pression de l’anglais dans leur discipline. Les institutions bilingues ont tendance à basculer vers l’anglais, dit-il. En sciences naturelles, presque tous les articles sont maintenant dans cette langue, note le chercheur.

Malgré cette pression de l’anglais, une revue bilingue comme la Revue canadienne de science politique permet aussi de conférer une certaine légitimité aux francophones dans les yeux de leurs collègues anglophones.

Ça résonne chez eux parce qu’ils connaissent en anglais le Canadian journal of political science, note M. Léger.

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