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Campagne électorale : déjà plus de 25 000 kilomètres parcourus

François Legault pose la main sur la tête d'un enfant pour le saluer à la sortie de son autobus de tournée à son effigie.

La CAQ a parcouru plus de 5300 kilomètres depuis le déclenchement de la campagne électorale, soit presque autant que QS et le PQ.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Si les autobus des cinq principaux partis politiques au Québec faisaient le tour de la Terre, ils auraient déjà parcouru plus de la moitié du trajet! À mi-campagne, leurs déplacements additionnés totalisent plus de 25 000 kilomètres. Pris séparément, leurs itinéraires illustrent cependant des réalités fort différentes.


CAQ : 5343 km

D’ici au jour du vote, François Legault veut se rendre dans les 17 régions administratives de la province. Il est bien parti, car il en a déjà visité 12, dont certaines où il rêve de tout balayer ou presque le soir du scrutin, notamment le Saguenay–Lac-Saint-Jean, Laval et l’Outaouais.

Les plus gros déplacements restent toutefois à venir pour la Coalition avenir Québec (CAQ). M. Legault n’est pas encore allé en Abitibi-Témiscamingue, en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et dans le Nord-du-Québec.

Son saut de puce à Tadoussac, le jour de la mort de la reine Élisabeth II, ne peut pas être considéré comme un arrêt sur la Côte-Nord. Plutôt que de faire l’annonce prévue, il a suspendu sa campagne pour le reste de la journée.

Par ailleurs, M. Legault doit encore visiter Lanaudière, la région où il cherche lui-même à se faire élire dans la circonscription de L’Assomption.

Dans les premiers jours de la campagne, le chef de la CAQ marquait visiblement son territoire dans les circonscriptions potentiellement fertiles pour Éric Duhaime. Par la suite, il est surtout allé dans ses propres bastions, puis dans quelques platebandes libérales qu’il espère ravir à Dominique Anglade.

Souvent critiquée pour son programme en environnement, la CAQ promet que sa campagne électorale sera carboneutre. Le parti fait affaire avec le service Planetair pour calculer et compenser ses émissions de gaz à effet de serre (GES).


PLQ : 4918 km

Après avoir passé les trois premiers jours de la campagne dans la région de Québec, la caravane libérale a beaucoup sillonné les rues de Montréal et de Laval, où se trouve la majorité des comtés rouges.

L’autobus s’est tout de même déplacé jusqu’à Val-d’Or en Abitibi-Témiscamingue, en passant par l’Outaouais. Sans surprise, les kilomètres parcourus sont donc concentrés dans l’ouest du Québec, aux endroits où le Parti libéral du Québec (PLQ) doit protéger les circonscriptions remportées en 2018 et que la CAQ menace de lui prendre.

Dans l’est, la caravane ne s’est pas rendue plus loin que la circonscription Côte-du-Sud, en Chaudière-Appalaches. Il faut dire que le PLQ ne détient actuellement aucune circonscription dans cette région, ce qui pourrait expliquer le manque d’intérêt pour celle-ci en début de campagne.

Elle salue la foule de la main gauche.

Le cheffe Dominique Anglade monte à bord de son autobus de campagne.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Dominique Anglade a donc encore beaucoup de kilomètres à parcourir pour rattraper l’ancien chef libéral Philippe Couillard, qui avait visité toutes les régions du Québec à la dernière campagne électorale, y compris les Îles-de-la-Madeleine. Il les avait d’ailleurs visitées majoritairement dans les deux premières semaines.

En date d’aujourd’hui, les troupes de Mme Anglade ne sont pas encore allées à la rencontre des citoyens de la Gaspésie, du Saguenay–Lac-Saint-Jean ou de la Côte-Nord, par exemple.

Comme les chefs doivent participer à deux débats à Montréal dans les prochains jours, celui de TVA le 15 septembre et celui de Radio-Canada le 22 septembre, il sera difficile pour eux d’effectuer des déplacements en région éloignée d’ici là. Ensuite, il leur restera peu de temps pour appuyer sur l’accélérateur.

Tout comme la CAQ, le PLQ assure mettre en place des mesures pour pallier sa production de GES, avec l’aide de l’entreprise Carboneutre Québec. Notre empreinte carbone pour les autobus de campagne s’élève à 49,87 tonnes, 357 arbres seront plantés par Carboneutre Québec pour compenser, explique le directeur des communications de Dominique Anglade, Jérémy Ghio.


QS : 5678 km

Québec solidaire (QS) fonde beaucoup d’espoirs en Estrie. C’est d’ailleurs pour cette raison que le parti a lancé sa campagne dans Saint-François. Non seulement QS veut conserver son siège à Sherbrooke, remporté en 2018, mais il veut aussi dérober la circonscription voisine, celle de Saint-François.

D’ailleurs, la caravane s’est rendue deux fois dans ces circonscriptions depuis le début de la campagne, en plus d’y prévoir un événement culturel important de mi-campagne la fin de semaine prochaine.

Même constat pour la circonscription de Camille-Laurin dans l’est de Montréal, où le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois s’est rendu à deux reprises. Le parti veut déborder des circonscriptions déjà acquises sur l’île de Montréal et espère ravir des châteaux forts libéraux comme Verdun, Maurice-Richard et Saint-Henri–Sainte-Anne.

La caravane solidaire a aussi été la première à se rendre dans l’Est-du-Québec. Rivière-du-Loup-Témiscouata, Rimouski, Bonaventure, Gaspé : QS veut croître et montrer qu’il n’est pas qu’un parti montréalais.

Il marche près de son autobus de campagne.

Gabriel Nadeau-Dubois lors de sa visite à Gatineau le 6 septembre (archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Son itinéraire le démontre bien. Après la Gaspésie, Gabriel Nadeau-Dubois s’est rendu à Trois-Rivières, Québec, Chicoutimi et Chibougamau, soit le point le plus au nord où s’est rendu un chef.

Le co-porte-parole souhaite faire élire la première femme autochtone à l’Assemblée nationale dans la circonscription d’Ungava. Un arrêt s’imposait aussi à Rouyn-Noranda afin de soutenir sa candidate Émilise Lessard-Therrien qui a vivement dénoncé les émissions d’arsenic de la Fonderie Horne. Par contre, là aussi la lutte s’annonce serrée.

La campagne solidaire sera aussi carboneutre. Les émissions de GES des deux autobus de campagne, soit celui du chef et celui des médias, seront compensées par l’intermédiaire de Carbone Boréal. Ce sera aussi le cas des kilomètres parcourus par la Manon Mobile, qui arpente surtout les campus universitaires, et par les véhicules des techniciens de la tournée.


PQ : 5453 km

L'autobus du Parti québécois (PQ) a dévoré 5453 kilomètres de route depuis le déclenchement de la campagne, mais la caravane a pris plusieurs jours avant de s'éloigner de la grande région de Montréal.

L'explication est simple, le chef péquiste, Paul St-Pierre-Plamondon, a fait le pari de briguer les suffrages dans l'est de Montréal, dans la circonscription Camille-Laurin où le PQ a été chassé par la CAQ en 2018.

Dans ce contexte, l'équipe de campagne a jugé bon d'établir son quartier général dans l'est de la métropole pour permettre au chef de faire des annonces dans son comté, quitte à faire quelques allers-retours dans des circonscriptions stratégiques que le parti tente de conserver, comme celle de Joliette.

L'autobus de campagne du PQ en 2022

Après 18 jours de campagne, l'autobus du PQ est celui qui a parcouru le plus de kilomètres après celui de QS.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Puis la caravane a mis le cap sur Ottawa, le parti a franchi la rivière des Outaouais, le temps d'une conférence de presse devant le parlement canadien, un arrêt symbolique pour promouvoir la souveraineté et dénoncer le bilan de la CAQ en ce qui a trait aux négociations avec le gouvernement fédéral.

Le bus n'a ensuite pas tardé à se rendre en Gaspésie pour une intense tournée de 36 heures. Une destination où la caravane pourrait à nouveau s'arrêter d'ici la fin de la campagne pour conserver ses acquis dans Matane-Matapédia et Gaspé, ainsi que pour reprendre Bonaventure.

La caravane péquiste prévoit parcourir 12 000 kilomètres en tout d'ici le 3 octobre. L'opération sera carboneutre, promet-on. Le PQ a signé un contrat avec l'entreprise Carboneutre Québec qui a évalué que le parti peut compenser ses émissions de GES par la mise en terre de 71 arbres.


PCQ : 4262 km

La journée du déclenchement de la campagne électorale aura été révélatrice. L’autobus du Parti conservateur du Québec (PCQ), stationné devant le local électoral d’Éric Duhaime dans la circonscription de Chauveau, n’a presque pas bougé ce dimanche-là. Il est celui qui a parcouru le moins de route depuis.

Ce n’est rien de très surprenant. Éric Duhaime a lui-même qualifié la grande région de Québec de château fort du mouvement conservateur, plus réceptive à ses idées et à celles de son parti. Il s’agit de l’épicentre de sa campagne, a-t-il avoué dès le départ.

Quand on regarde l’itinéraire de la caravane conservatrice depuis 18 jours, on comprend ce qu’il voulait dire. Près de la moitié des annonces ont eu lieu dans la région de la Capitale-Nationale ou de Chaudière-Appalaches, de Donnacona à Montmagny, en passant par Québec et Lévis.

Il porte des documents dans sa main gauche.

Éric Duhaime devant son autobus de campagne

Photo : CP / Jacques Boissinot

C’est là que se tiennent les rassemblements conservateurs les plus courus, mais d’autres ont également attiré de bonnes foules à Trois-Rivières, Victoriaville, Saint-Jérôme et Laval. Un autre a été plus modeste à Alma.

Même si le chef du PCQ n’y a fait que de brefs arrêts, il espère que la tache d’huile qu’il compte laisser sur la carte électorale se rendra jusque dans ces comtés, et jusqu’à Montréal.

En fait, cette campagne est presque celle de l’autoroute 20, tellement l’autobus fait des allers-retours entre les deux principales régions métropolitaines.

Puis, moins de kilomètres parcourus signifient-t-ils moins de crédits carbone? Non, nous n’allons pas compenser les émissions de GES provoquées par nos déplacements, répond Cédric Lapointe, l’attaché de presse du PCQ. À cet égard, la formation politique fait bande à part et laisse donc la course à la carboneutralité à ses adversaires.

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