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Idées suicidaires : plus de mineurs aux urgences en Estrie en 2021

Un adolescent appuyé sur une clôture.

Le nombre de mineurs qui ont visité les urgences pour des comportements suicidaires a bondi en 2021 (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans le cadre de son travail, l’assistante-infirmière-chef en pédiatrie, Sylvie Tanguay, était habituée de voir des adolescents au CHUS - Fleurimont pour des idées ou des comportements suicidaires. L’an dernier, ce sont plutôt des jeunes âgés d’une dizaine d’années qui se sont présentés.

On a toujours un créneau de jeunes de 15, 16 et 17 ans qui sont là pour dépression, idées suicidaires, tentatives de suicide […], mais des 7, 8, 9, 10 ans, c’était du jamais vu pour nous, révèle celle qui se présente aujourd'hui comme candidate pour le Parti québécois dans Saint-François.

« On avait des jeunes avec des symptômes dépressifs à 8 ans. Ce n’est pas normal, on en avait même avec des tentatives de suicide. »

— Une citation de  Sylvie Tanguay, assistante-infirmière chef et candidate du Parti québécois dans Saint-François

En 2019, 229 mineurs ont visité les urgences du CIUSSS de l’Estrie - CHUS pour des comportements suicidaires. Ils étaient 196 en 2020. En 2021, 327 jeunes se sont présentés pour les mêmes raisons. Le nombre de séjours aux urgences des mineurs pour des comportements suicidaires a lui aussi augmenté en 2021 : il est passé de 257 en 2019, à 227 en 2020 et à 369 l’an dernier.

Idées suicidaires : nombre de mineurs hospitalisés en Estrie et nombre de séjours aux urgences

2019

2020

2021

Patients hospitalisés

89

69

100

Séjours aux urgences

257

227

369

J’ai produit mes propres études dans les dernières années pendant la pandémie qui démontraient la même chose, que nos jeunes vivent une grande détresse psychologique, explique la candidate pour Québec solidaire dans Saint-François et ancienne directrice de la santé publique en Estrie, Mélissa Généreux. Il ne faut surtout pas penser que parce que la pandémie "ralentit", on peut pour autant penser que la détresse est derrière les jeunes.

Appel à la vigilance

En juillet dernier, la directrice de la santé publique actuelle, la Dre Isabelle Samson, a envoyé un appel à la vigilance aux professionnels de la santé du CIUSSS.

Les différents services cliniques du CIUSSS de l’Estrie et partenaires intersectoriels nous ont fait part de certaines préoccupations concernant la santé mentale des adolescentes et des jeunes femmes […]. C'est pourquoi aujourd'hui nous faisons appel à votre vigilance afin qu'ensemble, nous puissions nous assurer de reconnaître les signes avant-coureurs et ainsi venir en aide à nos jeunes , peut-on lire dans cette note.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

Ailleurs au Canada:

Les propositions des partis

L’an dernier, 100 mineurs ont été hospitalisés pour tentative de suicide ou des idées suicidaires, majoritairement des jeunes femmes. Ce sont ces chiffres qui ont poussé Sylvie Tanguay et Mélissa Généreux à se lancer en politique dans la circonscription de Saint-François.

« De voir les hausses d’idées suicidaires qui se concrétisent même par des visites aux urgences ou des hospitalisations, encore plus chez les jeunes femmes, ça nous brise le cœur. »

— Une citation de  Mélissa Généreux, candidate de Québec solidaire dans Saint-François

Sylvie Tanguay, du Parti québécois, propose de faire des CLSC la première porte d’entrée pour les urgences.

Pour la santé mentale, on veut rendre accessibles tous les soins de psychothérapie le plus possible au public, c’est-à-dire de ramener avec des conditions de travail et un salaire adéquat évidemment le plus de psychologues possible dans le réseau de la santé publique, indique-t-elle.

Québec solidaire veut pour sa part augmenter les effectifs dans le réseau public.

Nous, ce qu’on veut à Québec solidaire, c’est de rapatrier 900 psychologues du réseau privé au réseau public. Évidemment, ça ne se fait pas par magie, ça se fait en rehaussant leur salaire de 30 % dans le réseau public et en leur donnant une plus grande autonomie professionnelle, souhaite Mélissa Généreux.

On est préoccupés, comme beaucoup de gens, de l’état de la santé mentale suite à la pandémie. On ne voudrait pas que cette pandémie se traduise par une crise en santé mentale. Une des choses qu’on propose, c’est un accès universel à des soins en psychothérapie, lance pour sa part la candidate du Parti libéral dans Orford, Vicki-May Hamm.

Dans un courriel à Radio-Canada, la Coalition avenir Québec (CAQ) a indiqué avoir mis 1,15 G$ dans son Plan interministériel en santé mentale 22-25 et a déposé la Stratégie de prévention du suicide au printemps 2022. Cette dernière vise à augmenter le bien-être psychologique de la population, diminuer le niveau de détresse psychologique et prévenir les tentatives et idées suicidaires. 

Rappelons également que c’est notre gouvernement qui a annoncé en janvier dernier qu’il débloqua une enveloppe de 10 M$ pour l’implantation d’un centre de crise dans deux régions du Québec, dont l’Estrie, a ajouté le parti.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

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