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Alexandre Dionne a tué pour ne pas « perdre la face » devant ses amis

Le corridor d'une prison avec à gauche un gros plan sur les barreaux d'une cellule.

Alexandre Dionne tente de convaincre la Commission des libérations conditionnelles du Canada de le laisser vivre en maison de transition.

Photo : Radio-Canada

L'homme qui a sauvagement assassiné un pharmacien semi-retraité à Sainte-Adèle en 2012, alors qu'il n'avait que 17 ans, tente de convaincre la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) qu'il est prêt à séjourner en maison de transition.

Ne pas perdre la face devant mes amis était plus fort que tout. [...] Les décevoir n'était pas une option, a expliqué Alexandre Dionne, mercredi, en se remémorant le meurtre sordide de Gary Quenneville, 60 ans.

À l'époque, l'adolescent habitait avec un ami dans un appartement fréquenté par plusieurs jeunes, consommait de la drogue et commettait de petits larcins. Il avait fait part de son plan baptisé Mexico à ses amis. Il prévoyait séquestrer et voler son voisin afin de partir en voyage. Il l'a finalement battu et étranglé.

Alexandre Dionne a été condamné à l'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans, étant assujetti à une peine pour adulte.

Lors de son audience virtuelle avec la CLCC, attablé au pénitencier près de son agent de libération conditionnelle, crâne rasé, vêtu d'un t-shirt bleu, l'homme de 28 ans a assumé la responsabilité du crime.

L'idée était de moi. [...] On était cinq à s'encourager à aller jusqu'au bout, a-t-il relaté. Sur les lieux, c'est moi qui n'ai pas été capable d'arrêter de frapper. Ça, je ne le mets pas sur eux, c'est totalement moi. C'est l'état dans lequel j'étais.

Il affirme que son plan initial était de knocker Gary Quenneville et d'obtenir son NIP. Mais le 26 février 2012, rien ne se serait passé comme prévu.

En le frappant, j'ai reçu une résistance de la part de monsieur. Je ne m'attendais pas à ça. Ça a déboulé de là. Une fois à terre... Ce qui m'a vraiment frustré, c'est quand il m'a demandé : ''Pourquoi tu fais ça?'' C'est là que j'ai crié : ''Ta gueule'' et que j'ai frappé plus fort. C'est comme si cette frustration-là était dirigée vers moi. Parce qu'en me faisant poser cette question-là, j'avais pas de réponse.

Il a par la suite étranglé la victime avec un fil électrique.

C'était quasiment un défoulement de rage pis j'ai pas eu la force d'arrêter, a-t-il raconté, en référence à son enfance, marquée par une relation difficile avec ses parents et des séjours en centre jeunesse.

Sadique envers sa victime, selon la CLCC

Dans les semaines précédant le meurtre, Alexandre Dionne s'était amusé à terroriser son voisin en le cambriolant à cinq reprises et en vandalisant son domicile.

Sadisme, acharnement, froideur, la commissaire Carole Ménard ne manquait pas de mots pour manifester son indignation. La quiétude de M. Quenneville, je n'y pensais pas a répondu le meurtrier.

Après son crime, Alexandre Dionne est revenu à plusieurs reprises au domicile de sa victime pour le voler.

Le commissaire Joseph Laine semblait stupéfait. Le cadavre était étendu, vous êtes passé à côté, vous êtes revenu... Comment vous expliquez cette capacité-là? a-t-il demandé. Je me foutais des autres, je pensais à moi, a rétorqué le détenu.

Vers la fin de l'audience, Carole Ménard était « un peu assommée » qu'Alexandre Dionne se soit exprimé avec détachement et n'ait pas mentionné les victimes.

La voix étranglée par l'émotion, le jeune homme a alors affirmé penser régulièrement à elles. Y'a rien que je peux faire qui va ramener M. Quenneville. Je suis entré dans leur vie et personne n'a demandé ça. J'ai fait le choix de le faire. Je suis zéro fier de moi, a-t-il expliqué, disant essayer de devenir une meilleure personne.

Projet d'étude

Alexandre Dionne souhaite séjourner en maison de transition en Abitibi-Témiscamingue afin d'obtenir un diplôme d'études professionnelles en abattage et façonnage des bois.

Selon son équipe de gestion de cas, son risque de récidive est faible en semi-liberté. Il est motivé, a su développer son introspection et a montré de l'empathie envers les proches de la victime.

La CLCC a mis la décision en délibéré et devrait se prononcer d'ici 15 jours.

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