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Le chef des conservateurs s’emploie à former un gouvernement en Suède

Ulf Kristersson sourit, debout devant un lutrin, entouré de gens qui applaudissent.

À la faveur de la victoire d'un bloc unissant la droite et l'extrême droite, le chef du parti conservateur Ulf Kristersson deviendra premier ministre de la Suède.

Photo : Associated Press / Fredrik Sandberg

Agence France-Presse

« Je commence maintenant le travail pour former un nouveau gouvernement efficace », avait avancé dès mercredi soir le dirigeant en réaction à ce succès inédit, qui évince du pouvoir la gauche aux commandes depuis huit ans.

Maintenant, nous allons remettre de l'ordre en Suède!, a-t-il promis.

Avec 176 sièges, dont 73 pour le parti d'extrême droite des Démocrates de Suède (SD), le bloc de droite formé de quatre partis devance de très peu celui de gauche (173 sièges), selon un comptage quasi final de l'autorité électorale portant sur 99,9 % des bureaux de vote.

Les élections de dimanche étaient si serrées qu'il a fallu attendre l'ajout de quelques dizaines de milliers de voix manquantes mercredi. La première ministre sortante, la sociale-démocrate Magdalena Andersson, a reconnu la défaite de son camp et annoncé sa démission, effective jeudi.

La bascule est historique : jamais jusqu'ici un gouvernement suédois ne s'était appuyé au Parlement sur les SD, les grands vainqueurs des élections avec 20,5 % des voix et un nouveau rang de deuxième parti du pays.

Jimmie Åkesson serre des mains en souriant dans un restaurant.

Jimmie Åkesson, chef du parti d'extrême droite les Démocrates de Suède, lors d'un rassemblement avec ses militants quelques jours avant le scrutin qui s'est soldé par une victoire d'un bloc de partis de droite, dont le sien.

Photo : Associated Press / Maja Suslin

La victoire sans le pouvoir

Mais si les Démocrates de Suède sont devenus le premier parti de la majorité des droites, ils ne sont pas en mesure de revendiquer le poste de premier ministre, poste promis à M. Kristersson, car les trois mouvements de la droite traditionnelle (Modérés, chrétiens-démocrates et Libéraux) voient d'un mauvais œil la participation des SD au gouvernement.

Ancien gymnaste, Ulf Kristersson va donc devoir réussir l'acrobatie de finaliser et de maintenir l'union des trois droites libérale, conservatrice et nationaliste. C'est lui qui fin 2019 avait pour la première fois envisagé un scénario de collaboration entre la droite et les SD.

Nous allons être à seulement un ou deux sièges d'une crise gouvernementale, a d'ores et déjà prévenu Magdalena Andersson.

Le scénario le plus probable selon les analystes est que les SD appuient seulement le gouvernement au parlement, sans en faire directement partie.

Le processus prendra le temps qu'il faudra, a dit Jimmie Åkesson mercredi, promettant d'être une force constructive et d'initiative.

Un triste signe de notre époque

Héritier d'un groupe néonazi à sa création en 1988, le parti d'extrême droite s'est peu à peu banalisé dans le paysage politique suédois, entrant au parlement en 2010 avec 5,7 %, puis grimpant à chaque élection, sur fond de forte immigration et de problèmes de gangs criminels en Suède.

La campagne a été dominée par des thèmes favorables à l'opposition de droite : criminalité et règlements de compte meurtriers entre gangs d'origine immigrée, intégration et flambée des factures énergétiques.

C'est un triste signe de notre époque, qu'ils puissent profiter de la peur des gens, de ce qu'ils disent sur tous ces criminels, etc., dit en soupirant Larry Nilsson, un retraité de Malmö. Il n'y a que 1 ou 2 % de la population qui subit ça, la plupart vivent une vie très sûre, comment peut-on gagner une élection là-dessus?

Le parlement de la Suède. À gauche, le palais royal. Stockholm, 2 juin 2022.

En nombre de voix au Parlement suédois, le bloc de la droite obtient 49,6 % par rapport à 48,9 % pour celui de la gauche.

Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud

En Italie, l’extrême droite aux portes du pouvoir

La victoire d'une alliance droite/extrême droite en Suède intervient à moins de deux semaines d'élections en Italie, où une coalition réunissant Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni (post-fasciste) et Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite libérale) est donnée favorite.

Même dans la belle et démocratique Suède, les gauches sont défaites et renvoyées à la maison! Le dimanche 25 (septembre) c'est notre tour, nous allons gagner!, a déclaré Matteo Salvini, le chef de la Ligue italienne (anti-immigration).

Au parlement suédois, les SD auront 73 sièges, 11 de plus qu'en 2018. Les Modérés décrochent 68 fauteuils (-2), tandis que les chrétiens-démocrates en ont 19 (-3) et les Libéraux 16 (-4).

À gauche, les sociaux-démocrates grimpent à 107 sièges (+7) grâce à leur bon score de 30,3 %, devant les partis de Gauche et du Centre (24 chacun) et les Verts (18).

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