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Les priorités électorales de l’industrie forestière de l’Est-du-Québec

Une grue mécanique déplace des troncs d'arbres coupés.

Les enjeux de main-d'œuvre, d'environnement et d'aménagement forestier préoccupent l'industrie.

Photo : Reuters / Chris Wattie

Les attentes de l'industrie forestière sont grandes envers le prochain gouvernement, qui sera élu le 3 octobre. Les enjeux de main-d'œuvre, les questions environnementales et l'aménagement forestier préoccupent des acteurs de l'Est-du-Québec. Tour d'horizon.

Aménagement forestier

Au Bas-Saint-Laurent, il manquerait quatre millions de dollars pour l'aménagement de la forêt privée. C'est ce qu'affirme le président du syndicat des producteurs forestiers pour le Bas-Saint-Laurent, Maurice Veilleux.

Ce qu'on attend du prochain gouvernement, c'est qu'il s'engage à rétablir les budgets. Tout ce travail a été fait en collaboration avec la Table des élus, pour démontrer l'importance de ça, montrer que les municipalités, autant que les usines, autant que les travailleurs, tout le monde est perdant quand on n’investit pas ces argents-là dans la forêt privée , affirme le producteur agricole et forestier.

Maurice Veilleux en conversation.

Le président du Syndicat des producteurs de bois, Maurice Veilleux, estime que l'ensemble de la forêt bas-laurentienne doit être entretenue, pas seulement les secteurs affectés par la tordeuse.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Le président du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), Jean-François Samray, est aussi d’avis que les travaux sylvicoles sont fondamentaux pour assurer l’avenir de l’industrie.

« On le voit sur la Gaspésie, on le voit sur la Côte-Nord. Quand tout est gris, quand tout est mort, il faut venir s’assurer qu’on récolte le bois pour permettre la régénération. C’est fondamental, parce que sinon, ça va brûler. »

— Une citation de  Jean-François Samray, président du Conseil de l’industrie forestière du Québec

Il est conscient qu’un travail de transparence doit être enclenché afin que l’industrie, le gouvernement et la population soient mieux tenus au courant des travaux.

Jean-François Samray sourit à la caméra et se trouve devant une forêt.

Le président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Jean-François Samray

Photo : Gracieuseté Conseil de l'industrie forestière du Québec

Le CIFQ espère que le prochain gouvernement adoptera des mesures pour augmenter la superficie forestière productive et la productivité des peuplements.

Maurice Veilleux ajoute que le temps presse dans le dossier de la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Une entente de 20 millions de dollars sur cinq ans avait été conclue avec le dernier gouvernement, mais les budgets d’arrosage n’ont pas encore été confirmés pour 2023.

« Les arrosages ont été faits. Les conditions étaient idéales. Personne n’aurait pu rêver d’avoir des conditions comme ça année après année pour faire les arrosages. »

— Une citation de  Maurice Veilleux, président du syndicat des producteurs forestiers pour le Bas-Saint-Laurent

Si les arrosages d'insecticides ont été concluants dans les dernières années, Maurice Veilleux estime que le temps presse pour que le travail ne soit pas à recommencer. C’est des engagements qu’on espère que les candidats et le futur gouvernement pourront nous dire, et qu’on n’aura pas à faire des chemins de croix à n’en plus finir , ajoute le président du syndicat.

Il reste dans ce boisé peu d'arbres verts.

Une forêt sévèrement affectée par la tordeuse des bourgeons de l'épinette sur la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Pénurie de main-d’œuvre

L'un des thèmes de campagne qui revient régulièrement en sondant les intervenants du milieu forestier est celui du recrutement des travailleurs.

L’industrie forestière, comme pratiquement tous les secteurs de l’économie québécoise, éprouve des difficultés à engager et à retenir la main-d'œuvre. Plusieurs se plaignent des embûches rencontrées et des lenteurs administratives lorsqu’on fait appel aux travailleurs étrangers.

« Toutes les procédures, ce n’est pas évident, sincèrement. J'espère que le prochain gouvernement pourra faciliter ça et enlever des barrières, en collaboration avec le fédéral.  »

— Une citation de  Steeve St-Gelais, directeur chez Boisaco

L’entreprise de Sacré-Cœur travaille depuis plus d’un an et demi pour boucler le processus d’immigration de travailleurs étrangers, un processus qui n’est pas encore terminé, précise Steeve St-Gelais.

Le président de Boisaco, Steeve St-Gelais, se trouve à l'extérieur.

Le président de Boisaco, Steeve St-Gelais

Photo : Radio-Canada

En Gaspésie, où la main-d'œuvre est aussi vieillissante, le manque de logements s'ajoute au casse-tête. La coopérative forestière de la Gaspésie se dit frappée de plein fouet par la pénurie.

Ce qu'on souhaite entendre, c'est qu’il y ait des moyens facilitants pour avoir de la main-d'œuvre qui provient d’autres régions ou d’outre-mer. [...] Mais il faut également être en mesure de les héberger, parce qu’on vit autant une crise d'hébergement qu’on a une crise de main-d'œuvre, explique le directeur général de la coopérative forestière de la Gaspésie, René Babin.

Selon un rapport de mars 2022, il manquerait à court terme plus de 500 logements pour des travailleurs dans la MRC de La Côte-de-Gaspé.

Selon le syndicat des producteurs forestiers pour le Bas-Saint-Laurent, il faut aussi mettre en place des conditions de travail plus attrayantes.

« Quand les jeunes sont sollicités à aller chez McDonald's à 18 $ de l’heure, ils sont moins motivés à venir passer des journées en forêt à forfait. »

— Une citation de  Maurice Veilleux, président du syndicat des producteurs forestiers pour le Bas-Saint-Laurent

Protection du caribou

Le dossier du caribou forestier et montagnard, qui a retenu l'attention dans les derniers mois avec la Commission menée par Nancy Gélinas, pourrait influencer les activités forestières de l'Est-du-Québec.

Sur la Côte-Nord, l'ajout éventuel de nouvelles aires protégées, l'une des recommandations de la Commission, pourrait empiéter sur les aires de coupes de l'entreprise Boisaco.

Beaucoup de personnes arboraient un chandail blanc où il était écrit Nous dépendons tous de la forêt.

Les appuis à Boisaco étaient nombreux lors du passage de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards à Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Le prochain gouvernement aura la responsabilité de définir la stratégie finale de protection du caribou, qui est attendue pour juin 2023.

Les conséquences financières de ce plan pourraient affecter toute l'économie de la Haute-Côte-Nord, une région déjà dévitalisée, selon le directeur de Boisaco.

On n’a pas la capacité de perdre des secteurs porteurs d’avenir. Surtout pas un secteur qui, à notre sens, est un secteur d’activité qui est le parfait reflet du développement durable. Le bois est une ressource renouvelable et on est capables de s’assurer de faire des aménagements qui vont respecter l’ensemble des enjeux et des préoccupations, réitère Steeve St-Gelais.

Il espère qu'il sera possible de travailler sur cette stratégie sans placer les producteurs forestiers en opposition à la protection du caribou, et de redorer l'image d'une industrie qui doit regagner la confiance des Québécois, selon Steeve St-Gelais.

Un caribou dans un champ.

La Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards a remis en question le fait que la gestion des forêts et la protection de la faune soient réunies sous un même ministère.

Photo : iStock

On souhaite que notre prochain gouvernement s'assure de faire la part des choses, et qu'il s'assure d'intégrer l'ensemble des enjeux et des préoccupations pour déterminer les bonnes solutions. Les bonnes solutions qui seront gagnantes pour l'ensemble des parties prenantes, ajoute-t-il.

Les promesses des partis

La Coalition avenir Québec, le Parti québécois et le Parti conservateur du Québec n’ont pas encore dévoilé de promesses en lien avec l’industrie forestière.

À découvrir sur notre site :

Comparez les plateformes électorales des partis

S’il forme le prochain gouvernement, le Parti libéral déposerait un projet de loi d’ici la fin 2024 pour revoir le régime forestier et soutiendrait les projets de valorisation de la biomasse forestière et de remplacement des produits polluants par ceux issus du bois.

Chez Québec Solidaire, le mode d’exploitation des forêts serait révisé en développant des fermes forestières et des forêts communautaires aux usages multiples. QS établirait des cibles d’utilisation du bois d'œuvre dans la construction, en priorisant d’abord la rénovation et la restauration écologiques de bâtiments existants, puis la construction de nouveaux bâtiments plus écologiques.

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