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Le rôle foncier bondit de plus de 32 % sur l’île de Montréal

Des maison sur une rue de Montréal.

La valeur totale des immeubles et des terrains enregistrés aux rôles d'évaluation atteint 526,3 milliards de dollars dans l'agglomération de Montréal.

Photo : iStock

La flambée de l’immobilier des dernières années a propulsé les rôles d’évaluation foncière dans l’agglomération de Montréal, où la valeur des propriétés a augmenté en moyenne de 32,4 % par rapport à la valeur des rôles fonciers précédents.

Quant à Montréal, la valeur des propriétés a grimpé en moyenne de 31,4 % par rapport aux rôles précédents, a précisé la présidente du comité exécutif responsable des finances, Dominique Ollivier, en point de presse.

Les nouveaux rôles présentés en matinée par l’évaluateur de la Ville de Montréal et directeur du Service de l’évaluation foncière, Bernard Côté, entreront en vigueur à compter du 1er janvier 2023 et serviront de base pour l’évaluation foncière et la fixation des taxes pour les trois prochains exercices financiers soit 2023, 2024 et 2025.

Selon les données présentées ce matin, la valeur totale des bâtiments et des terrains des 502 789 unités d’évaluation inscrites aux rôles de l’agglomération de Montréal atteint aujourd’hui 526,3 milliards de dollars, soit 141,8 milliards de dollars de plus que dans les rôles précédents, où elle s’établissait à 384,5 milliards de dollars.

Cette forte croissance de la valeur foncière découle, selon la Ville, de l’effet combiné de l’ajout de nouveaux bâtiments ou d’améliorations aux bâtiments existants et de l’évaluation du marché entre le 1er juillet 2018 et le 1er juillet 2021.

Hausse des comptes de taxes

Des immeubles en briques, vus de face.

Être propriétaire à Montréal est de plus en plus coûteux, et cela même si la valeur des immeubles est en forte hausse.

Photo : iStock / BalkansCat

Si une telle augmentation de la valeur des propriétés à Montréal en réjouit certains, c’est loin d’être une bonne nouvelle pour de nombreux autres propriétaires dont les comptes de taxes sont calculés en fonctions de la valeur de leur propriété et du terrain sur lequel elle se trouve.

« Je vous rassure toute de suite, une augmentation de la valeur foncière des immeubles de 32 % ne signifie certainement pas que les taxes foncières vont augmenter de 32 %. »

— Une citation de  Dominique Ollivier, présidente du comité exécutif responsable des finances

Bien que la Ville dispose de plusieurs outils pour atténuer l’impact de la valeur foncière sur le calcul des comptes de taxes, des augmentations sont certainement à prévoir pour la majorité des propriétaires de l’agglomération de Montréal.

Comme à chaque nouveau rôle foncier, la Ville va devoir ajuster son taux de taxation à la baisse pour qu’en bout de ligne, le compte de taxes des Montréalaises et des Montréalais se rapproche des années précédentes et qu’on puisse respecter notre engagement de ne pas excéder l’inflation, a expliqué Dominique Ollivier.

Or, avec un taux d'inflation qui frôlait les 8 % en juillet dernier, l'administration municipale devra se montrer créative cette année pour contenir l'augmentation des comptes de taxes dans une fourchette raisonnable tout en affrontant elle-même les hausses de coûts importantes de la flambée inflationniste.

La Ville réfléchit également à la possibilité d'étaler sur trois ans la hausse de l'évaluation foncière – comme elle le fait depuis plusieurs années – pour éviter un trop grand choc financier aux propriétaires et contribuables.

C’est lors du dépôt du budget de l’administration Plante, à la fin novembre, que les mesures fiscales, les taux de taxation et la variation des taxes municipales seront annoncés.

Dans son dernier budget, la Ville avait limité à environ 2 % la hausse de taxe sur les immeubles résidentiels et à 1,5 % sur les immeubles non résidentiels.

Augmentation spectaculaire de la valeur des immeubles industriels

Usine de sucre Lantic à Montréal.

La valeur des immeubles industriels a augmenté de 60 % en moyenne sur l'île de Montréal par rapport aux rôles d'évaluation précédents.

Photo : Radio-Canada / GOOGLE STREET VIEW

En tête de liste, ce sont les immeubles industriels qui ont connu la plus forte hausse de leur valeur foncière avec une appréciation moyenne de 60,5 % de leur valeur depuis les derniers rôles fonciers de 2020 à 2022.

Dans le secteur résidentiel, ce sont les immeubles de cinq logements et moins qui ont connu la plus forte augmentation avec un bond moyen de 35,6 % de leur valeur.

Les immeubles de six logements et plus, eux, ont vu leur valeur augmenter en moyenne de 32,4 % depuis les derniers rôles d’évaluation de 2020 à 2022.

Il va sans dire que la valeur foncière des immeubles varie en fonction des arrondissements où ils se situent.

Globalement, c’est à Montréal-Est que la propriété foncière a le plus augmenté avec une hausse moyenne de 52,5 % de leur valeur estimée, notamment en raison de la présence élevée d’immeuble à vocation industrielle sur son territoire, précise l’évaluateur de la Ville.

Viennent ensuite les secteurs de Senneville (+45,9 %) et de Dollard-des-Ormeaux (+45,1 %) qui complètent le top trois des hausses de la valeur foncière.

Les secteurs de Montréal-Ouest, Ste-Anne-de-Bellevue et Baie-d’Urfé affichent tous des hausses supérieures à 40 %.

Dans la Ville de Montréal en tant que telle, ce sont les arrondissements de Lachine (+42,6 %), de Pierrefonds-Roxboro (+40,8 %) et Saint-Laurent (+39 %) qui ont connu les plus fortes augmentations de leurs rôles fonciers.

La plupart des arrondissements montréalais affichent des hausses se situant entre 30 % et 35 %, sauf Ville-Marie (+15,7 %), en raison de la proportion élevée d’immeubles commerciaux et à bureaux concentrés sur son territoire et qui ont été fortement affectés par les mesures de confinement imposées pendant la pandémie et le développement du télétravail qui ont fait fondre l'achalandage au centre-ville.

Diversifier les sources de revenus

En ce qui a trait au fardeau financier que supportent actuellement les contribuables montréalais, la responsable des finances au comité exécutif estime qu’il devient urgent de varier les sources de revenus de la Ville en prévision des défis importants qui l'attendent à l'avenir.

« Présentement, le budget de la Ville de Montréal est financé à un peu plus de 60 % par la taxe foncière, et ça, devant les énormes défis qu’on a, c’est sûr que c’est insoutenable. »

— Une citation de  Dominique Ollivier, présidente du comité exécutif responsable des finances

On doit absolument trouver des alternatives à la taxe foncière pour assurer un financement adéquat, stable et récurrent des services municipaux qui ne refile pas non plus la facture aux générations futures, a plaidé Mme Ollivier.

Dépendre de la taxe foncière à ce point, c’est un risque financier auquel on doit remédier parce que sinon ça veut dire que la facture de tout ce qu’on a à faire ces jours-ci devient le fardeau des Montréalais et des Montréalaises.

Plus tôt cette semaine, le premier ministre sortant, François Legault, n’a pas donné suite à la demande de la mairesse de Montréal et des maires des grandes villes du Québec, qui réclament un « pacte vert » de deux milliards de dollars pour les aider à financer les adaptations qui doivent être mises en place en prévision des changements climatiques.

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