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La majorité des Canadiens ont déjà attrapé la COVID-19 : quel impact pour la suite?

Un homme porte un masque devant une illustration géante de la molécule du SRAS-CoV-2.

De 70 à 80 % des Canadiens de moins de 19 ans auraient déjà été infectés par le virus causant la COVID-19, selon une étude.

Photo : Reuters / Phil Noble

Radio-Canada

La majorité des Canadiens ont été infectés par le SRAS‑CoV‑2, le virus qui cause la COVID-19, depuis l'arrivée d'Omicron et de ses sous-variants hautement transmissibles, qui ont causé une énorme hausse du taux d'infection au Canada cette année. Selon des estimations récentes, les trois quarts de la population ont déjà eu la COVID-19.

En Colombie-Britannique, des chercheurs ont analysé près de 14 000 échantillons de sang provenant d'habitants de la vallée du Fraser depuis le début de la pandémie, afin de suivre les taux d'anticorps au sein de la population générale. Ils ont noté un changement important du taux d'infection au cours des derniers mois.

En avril dernier, l'équipe de chercheurs du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique (BCCDC) et de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) estimait qu'environ la moitié de cette population avait déjà été infectée par la COVID-19. Les dernières données montrent que ce taux est monté en flèche au début du printemps et durant l'été.

Ces conclusions ont été rendues publiques dans une étude prépubliée (Nouvelle fenêtre) cette semaine, dont une des coauteures est la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, la Dre Bonnie Henry. Cette étude, qui n'a pas encore été évaluée par des pairs, conclut que plus de 60 % de la population générale possède des anticorps au SRAS-CoV-2 en raison d'une infection préalable.

La Dre Bonnie Henry posant pour une photo sur le balcon d'un immeuble de Vancouver.

La Dre Bonnie Henry est coauteure de l'étude qui n'a pas encore été évaluée par les pairs.

Photo : CBC / Ben Nelms

Cela démontre vraiment le changement enregistré, surtout avec l'arrivée d'Omicron [...] Ce que nous constatons, c'est que les gens peuvent être infectés même quand ils sont vaccinés et que cela entraîne possiblement une certaine immunité, explique la Dre Henry.

Nous ne connaissons pas le taux d'anticorps nécessaire pour être protégé, ajoute la Dre Henry, mais cela démontre plutôt bien que le niveau de protection de la population à ce virus est désormais très élevé.

Les données, qui sont également regroupées par tranche d'âge, démontrent que c'est chez les Canadiens de moins de 19 ans que le plus taux d'infection est le plus élevé, 70 à 80 % d'entre eux ayant été préalablement infectés. Ce taux était d'environ 60 % en avril.

Le taux d'infection préalable est également en hausse dans la population adulte : de 60 à 70 % de personnes de 20 à 59 ans présentent des signes d'infection préalable. Ce taux est d'environ 40 % pour les plus des 60 ans, soit une augmentation de 15 % par rapport au mois de mars.

Dans une salle, quatre résidents en fauteuil roulant et une infirmière.

Au cours de la première vague de COVID-19, de nombreuses personnes âgées habitant dans des résidences de soins en sont mortes.

Photo : Radio-Canada

Nous constatons que les enfants sont les plus infectés et les moins vaccinés, alors que des personnes âgées sont toujours les plus vaccinées et les moins infectées, affirme la Dre Danuta Skowronski, épidémiologiste au BCCDC et coauteure de l'étude.

La conclusion la plus importante que je retiens de ces dernières données, ajoute la Dre Skowronski, c'est que les personnes âgées dépendent particulièrement de la protection vaccinale à l'arrivée de l'automne 2022 et qu'elles devraient donc continuer d'être priorisées pour les doses de rappel du vaccin.

Les données démontrent une hausse importante des infections après l'arrivée du variant Omicron au Canada à la fin de 2021. Cela oblige à s'interroger sur l'impact de ce taux d'immunité important pour l'avenir au moment où des vaccins ciblant les nouveaux variants plus contagieux sont administrés dans l'ensemble du Canada.

Tout a changé depuis un an et encore plus depuis le début de la pandémie, affirme la Dre Bonnie Henry. Cela me fait dire que, désormais, très peu de personnes sont exposées à un risque extrême [sur la santé] comme c'était le cas quand personne n'avait d'immunité au virus. Nous devons tenir compte de cette information dans nos réflexions.

Une main tient une seringue contenant un vaccin Pfizer.

Le nouveau vaccin contre la COVID-19 de Pfizer, approuvé lundi par l'Agence européenne des médicaments, vise les sous-variants d'Omicron BA.4 et BA.5.

Photo : Getty Images / David Ryder

Une bonne et une mauvaise nouvelle

Ce rapport de recherche coïncide avec les données du Groupe fédéral de travail sur l'immunité face à la COVID-19 affirmant qu'en juillet près de 60 % de tous les Canadiens avaient déjà été infectés par le virus, une hausse très importante comparativement à l'année précédente.

Lundi, le Groupe de travail a publié des données provenant de la Société canadienne du sang montrant une augmentation du nombre d'infections de près de plus de 30 000 parmi les Canadiens qui ont donné du sang en juillet, soit un saut de 50 à 54 %, tous âges confondus.

C'est une bonne et une mauvaise nouvelle, note le Dr David Naylor, qui a dirigé l'enquête fédérale sur la réponse du Canada à l'épidémie de SRAS en 2003 et qui est désormais coprésident du Groupe fédéral de travail sur l'immunité face à la COVID-19.

Une infirmière vaccine une personne assise devant elle.

En juillet, près de 60 % des Canadiens avaient déjà été infectés par le virus, selon les données du Groupe fédéral de travail sur l'immunité face à la COVID-19.

Photo :  (Evan Mitsui/CBC)

La bonne nouvelle, c'est qu'il y a une importante immunité latente découlant de la vaccination et des infections préalables, dit le Dr Naylor, ajoutant que cette immunité hybride devrait limiter l'impact de la COVID-19 au moment où reprennent les classes et le travail en personne.

Cette croissance du taux d'immunité hybride est un bienfait relatif, explique le Dr Naylor. Cela démontre que le virus continue de se propager, ce qui signifie qu'il y a plus de personnes ayant des symptômes de la "COVID longue" qui sont de durée et de gravité variables.

Le Dr Naylor souligne que, bien que les symptômes soient mineurs chez la majorité des personnes infectées, il y en beaucoup qui doivent encore s'aliter pendant plusieurs jours avant de guérir et que la COVID-19 continue d'entraîner la mort d'un nombre important de personnes vulnérables, un nombre qui devrait augmenter cet automne et cet hiver.

La lumière au bout du tunnel?

L'impact de cette évolution de l'immunité des Canadiens sur de possibles nouvelles vagues de COVID-19 reste à déterminer, mais, pour beaucoup de personnes vulnérables, une infection au virus représente des risques graves. Ces personnes continuent d'être en tête de liste des prochaines campagnes de vaccination.

Nous savons qui sont les personnes les plus vulnérables au virus, explique le Dr Isaac Bogoch, infectiologue à l'Hôpital général de Toronto. Les personnes plus âgées et les personnes à l'immunité déjà compromise par d'autres maladies sont évidemment plus à risque. Il ajoute que les personnes au revenu modeste et les membres des communautés racisées sont aussi touchées de façon disproportionnée par le virus.

Nous avons désormais un niveau d'immunité de base au sein de la population qui protège tout le monde, conclut la Dre Bonnie Henry, y compris les personnes qui ne développent pas une bonne immunité au virus même après avoir été vaccinées. Le nombre de personnes qui risquent d'être gravement malades de la COVID-19 est donc grandement réduit.

Le fait de donner une dose du vaccin qui cible le variant Omicron à une population déjà bien vaccinée contribue à créer une communauté à l'immunité hybride, ce qui nous prépare beaucoup mieux à de potentielles vagues d'infections à venir, affirme la Dre Skowronski.

Le variant Omicron du SRAS-CoV-2, vu au microscope électronique.

Les nouveaux vaccins bivalents ciblent autant le virus d'origine du SRAS-CoV-2 que le variant Omicron BA.1.

Photo : NIAID

Pour sa part, le Dr Bogoch fait preuve d'un optimisme prudent face aux nouveaux vaccins bivalents et à leur protection à long terme contre les prochaines vagues du virus. Il ajoute que ces vaccins n'ont pas encore fait leurs preuves.

Cela dit, je préfère un vaccin qui cible de plus près le virus en circulation, mais je ne sais pas si cette protection sera durable, dit-il. Franchement, même l'ancien vaccin protège très longtemps contre une infection grave, l'hospitalisation et la mort. C'est vrai, il a fait ses preuves, il est magnifique.

La Dre Henry affirme que la vaccination a changé la donne au Canada et que, malgré le taux élevé d'infection et de transmission du virus, la situation n'est plus du tout la même.

Je crois que c'est un concept difficile à comprendre parce que nous avons longtemps dit aux gens que le fait d'avoir la COVID-19, c'était très très grave, surtout pour les personnes immunodéprimées, dit-elle. Maintenant, étant donné qu'il y a énormément de gens vaccinés et que beaucoup ont cette immunité hybride, le risque est vraiment réduit pour tout le monde.

Avec les informations d'Adam Miller

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