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Archives

Il y a 25 ans, les mines antipersonnel étaient bannies par un traité international

Mère amputée des deux jambes marchant avec des prothèses, accompagnée par sa fillette et nombre de victimes des mines antipersonnel à l'arrière-plan.

Le traité bannissant les mines antipersonnel a été adopté en 1997.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 18 septembre 1997, une conférence qui a lieu à Oslo réussit un exploit sans précédent dans les annales diplomatiques, comme le confirment nos archives.

Un succès diplomatique pour le Canada

« Il n’arrive pas souvent que des pays s’entendent pour interdire des armes. Eh bien, ça vient d’arriver à Oslo avec une centaine de pays, qui, à l’initiative du Canada, ont décidé de bannir les mines antipersonnel. »

— Une citation de  Bernard Derome, 17 septembre 1997

Compte-rendu du journaliste Guy Gendron sur l'adoption d'un texte final sur l'abolition des mines antipersonnel par un traité international

L’animateur du Téléjournal souligne l’exploit survenu dans la capitale norvégienne alors que 122 pays adhèrent au texte définitif de ce qui va devenir le Traité d’interdiction des mines antipersonnel.

Le compte rendu du journaliste Guy Gendron qui suit réitère que l’adoption de ce texte final est une victoire diplomatique incontestable pour le Canada et pour son ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy.

Revenons un peu en arrière.

En octobre 1996, le ministre Axworthy organise ce qu’on appelle la première conférence d’Ottawa sur les mines antipersonnel.

Cette conférence remet sur les rails un processus de négociation d’un traité interdisant les mines antipersonnel qui existait depuis 1992, mais qui se trouvait alors dans l’impasse.

Ce qu’on désigne désormais comme le processus d’Ottawa mènera en septembre 1997 au succès de la conférence d’Oslo.

Guy Gendron explique néanmoins que si le texte a été adopté à l’unanimité dans la capitale norvégienne, c’est parce que certains pays ont tout simplement quitté la conférence.

C’est notamment le cas des États-Unis, qui auraient voulu voir certaines exceptions inscrites dans le texte.

Plusieurs autres importants fabricants ou utilisateurs de mines antipersonnel — la Russie et la République populaire de Chine particulièrement — ont également refusé de signer le texte du futur traité.

Mobilisation récompensée par un prix Nobel

Le 10 octobre 1997, c’est encore de la ville d’Oslo que vient un autre coup de pouce à la mobilisation internationale cherchant à bannir les mines antipersonnel.

Ce jour-là, le comité norvégien, qui décerne le prix Nobel de la paix, accorde cette récompense à l’universitaire américaine Jody Williams.

Cette dernière est la coordonnatrice de l'organisation Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel.

Reportage du journaliste Daniel L'Heureux sur l'attribution du prix Nobel de la paix à Jody Williams

Comme le rappelle l’animateur du Téléjournal Pierre Craig ce même jour, la nomination de Jody Williams rejaillit indirectement sur le ministre Lloyd Axworthy.

Ce dernier coordonne de son côté les efforts du Canada pour que soit signé, à Ottawa en décembre 1997, un traité bannissant ces armes.

Le reportage du journaliste Daniel L’Heureux montre Lloyd Axworthy content de l’attribution du prix Nobel de la paix à Jody Williams.

Le fait qu’elle soit américaine pourrait faire fléchir Washington dans son refus d’adhérer au traité d’Ottawa, espère le ministre.

Une arme vicieuse et effroyable

Les 3 et 4 décembre 1997, la ville d’Ottawa prend donc le relais d’Oslo et est hôtesse d’une conférence qui invite les pays à signer le traité interdisant les mines antipersonnel.

Mais que sont exactement ces mines antipersonnel que le traité d’Ottawa entend abolir?

Une mine antipersonnel est une arme dite conventionnelle conçue pour exploser à proximité ou au contact d’une personne.

C’est un engin qui coûte aussi peu que trois dollars américains à produire.

Explication des impacts que peuvent avoir une mine antipersonnel. Pierre Maisonneuve anime Maisonneuve à l'écoute.

Le 2 décembre 1997, l’émission Maisonneuve à l’écoute présente l’impact que peut avoir l’utilisation de mines antipersonnel.

À l’écoute de cet extrait, qui prend pour exemple la situation au Cambodge, on comprend que ces armes ont des conséquences vicieuses et effroyables sur les populations et sur le développement des pays qui en sont les victimes.

En 2022, le traité d’Ottawa a 25 ans. A-t-il eu les effets désirés?

Reportage de la journaliste Emmanuelle Latraverse sur l'impact du traité d'Ottawa

Jusqu’en 2013, rappelle un reportage de la correspondante parlementaire Emmanuelle Latraverse présenté le 8 décembre 2017 au Téléjournal, le traité a été très efficace.

Claudine Bourbonnais anime le Téléjournal ce jour-là.

La mobilisation mondiale, qui a culminé avec l’adoption du traité d’Ottawa en décembre 1997, a provoqué une baisse radicale du nombre de victimes de mines antipersonnel sur la planète jusqu’en 2013.

De 1997 à 2013, ce nombre est passé de 30 000 à 3353.

Depuis les chiffres remontent, constate cependant la journaliste.

Illustrant son propos par l’exemple de la Colombie, Emmanuelle Latraverse observe que l’on fabrique des mines antipersonnel de moins en moins sophistiquées, mais encore très meurtrières.

En 2017, les mines antipersonnel ont fait plus de 6400 victimes.

Cette recrudescence s’explique par plusieurs facteurs.

Il y a de nouvelles façons de fabriquer des mines antipersonnel.

De nouveaux conflits qui éclatent encouragent des régimes dictatoriaux à les utiliser contre leurs propres populations.

Selon les dernières statistiques, les mines antipersonnel ont fait 7073 victimes en 2020.

De ce nombre, 80 % étaient des civils.

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