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Des candidats estriens débattent de santé et des services sociaux sans la CAQ

Les quatre candidats sont sur scène et tiennent des affiches sur lesquelles il est indiqué "oui".

Les candidats ont répondu à des questions en rafale. De gauche à droite : Martin Lamontagne-Lacasse, Sylvie Tanguay, Mélissa Généreux, Vicki-May Hamm et Anthony Ouellet, l'un des journalistes de la Tribune qui a animé le débat.

Photo : Radio-Canada / Emy Lafortune

Pénurie de main-d'œuvre, temps supplémentaire obligatoire, manque de ressources pour les organismes communautaires… Les enjeux auxquels font face les travailleurs de la santé sont nombreux et complexes. Dans le cadre d’un débat organisé par l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) mardi soir, ils ont pu poser leurs questions à des candidats estriens pour savoir comment ils comptent gérer le réseau de la santé s’ils sont élus le 3 octobre.

Devant la salle comble du Boquébière, remplie de plus d'une centaine de personnes, Martin Lamontagne-Lacasse du Parti conservateur du Québec (PCQ), Sylvie Tanguay du Parti québécois (PQ), Mélissa Généreux de Québec solidaire (QS) et Vicki-May Hamm du Parti libéral du Québec (PLQ) ont mené un débat animé. Même si le parti était invité, aucun représentant de la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a participé au débat, ce que n’ont pas manqué de relever d'autres candidats.

C'est une grande déception. Pour moi, c'est un manque flagrant de respect que la CAQ ne se présente pas devant une salle remplie des employés du réseau de la santé, a souligné Mélissa Généreux.

Les candidats ont aussi vertement critiqué le bilan en santé du gouvernement sortant.

L’absence d'un candidat de la CAQ a aussi déçu les organisateurs de l’APTS.

« Ça nous amène une certaine claque au visage. On trouve ça un peu particulier, connaissant la nature du réseau et l’importance du réseau de la santé, comment il a été mis sur la map dans la dernière année. On aurait apprécié qu’ils soient là pour répondre aux questions. »

— Une citation de  Danny Roulx, représentant national pour l’APTS dans la région de l’Estrie

Contacté par Radio-Canada après le débat, la CAQ a répondu par écrit que Nos candidats sont très sollicités dans le cadre de la campagne électorale et nous ne pouvons malheureusement pas donner suite à toutes les demandes. Dans le cas du débat de l’APTS, puisqu’il ne traitait pas spécifiquement d’enjeux locaux, nous avons préféré décliner considérant que plusieurs autres débats nationaux ont eu ou auront lieu pendant la campagne pour informer les Québécoises et Québécois sur ce que la Coalition avenir Québec propose en matière de santé.

Malgré tout, Danny Roulx s’est dit très satisfait par le débat et la participation des membres de son syndicat. On est vraiment heureux du nombre de personnes qui ont participé au débat. On a rempli la place. Plusieurs personnes ont regardé en webdiffusion [...]. Pour la participation, je trouve que c’est magnifique, je trouve que c’est une belle exposition du réseau de la santé et des services sociaux en Estrie.

Des personnes rassemblées dans une salle devant un débat.

Plus d'une centaine de travailleurs de la santé et de membres du public se sont rassemblés au Boquébière, à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Emy Lafortune

Des travailleurs de la santé parmi les candidats

À maintes reprises pendant le débat, Sylvie Tanguay s’est appuyée sur son expérience en tant qu’infirmière-chef assistante en pédiatrie pour répondre aux questions des travailleurs de la santé. Mélissa Généreux a aussi grandement parlé de ses observations en tant qu’employée du réseau de la santé, où elle a entre autres occupé le poste de directrice de la santé publique.

Vicki-May Hamm, de son côté, s’est distanciée de la réforme de l’ancien ministre libéral Gaétan Barrette, réaffirmant que son parti ne vise pas de nouvelles mesures de ce genre. L'ancienne mairesse de Magog a plutôt misé sur ses connaissances des municipalités, et a souligné l'importance de leur donner plus d'espace décisionnel face à Québec.

Si les trois candidates du PQ, de QS et du PLQ se sont souvent rejointes dans leurs réponses, le candidat du PCQ, Martin Lamontagne-Lacasse, a plusieurs fois répondu à l’opposé des autres partis, en indiquant par exemple vouloir mieux intégrer le privé dans le réseau de la santé pour donner plus de liberté aux familles. En tant que kinésiologue, il a par ailleurs souvent réitéré l’importance du travail de prévention, en misant notamment sur le sport chez les jeunes.

À la fin du débat, les candidats ont aussi répondu par oui ou non à des questions en rafale. Les quatre partis ont répondu unanimement oui à de nombreuses questions, dont celle sur l’appui à une loi sur les ratios sécuritaires, sur l’appui aux droits à l’avortement, sur l’appui au Principe de Joyce et sur l’engagement à ne pas sabrer le budget de la santé. Le PCQ a cependant été le seul à répondre non à des questions liées à la réduction de la place du privé et à l’implantation d’un régime de médicaments universels. 

Mon point favori, c’étaient les questions en rafale. Quand on parle du retard salarial, ce que nous comprenons, c’est que les quatre candidats le reconnaissent pleinement. [...] Plusieurs réponses dans les questions en rafale, on a été heureux, et même un peu surpris que tout le monde réponde par oui, constate Danny Roulx.  

Voici un résumé de quelques-unes des réponses offertes par les candidats mardi soir :

Ils se tienennt sur scène et sourient aux caméras.

Les quatre candidats présents mardi et les deux modérateurs de la Tribune.

Photo : Radio-Canada / Emy Lafortune


Changement de culture au sein du réseau de la santé et rétention du personnel

  • Mélissa Généreux (QS) : Mélissa Généreux indique que Québec solidaire veut promouvoir la participation et implanter des projets comme les ratios sécuritaires et les programmes d’autogestion des horaires. QS veut aussi faire la promotion de l’innovation dans le réseau et mettre fin au temps supplémentaire obligatoire. La candidate s’oppose à la privatisation des soins de santé, qui engorge le réseau public de cas plus lourds et compliqués, selon elle.
  • Vicki-May Hamm (PLQ) : Vicki-May Hamm veut redonner du pouvoir et de l’autonomie aux régions pour implanter une gouvernance plus locale, et rétablir des canaux de communication respectueux entre le gouvernement et les syndicats. Le PLQ demande aussi une loi sur les ratios sécuritaires et la fin du temps supplémentaire obligatoire. Vicki-May Hamm dit vouloir rouvrir l’urgence de Coaticook 24 h par jour, et agir sur tous les fronts, dont l’immigration, pour recruter du personnel.
  • Martin Lamontagne-Lacasse (PCQ) : Le PCQ souhaite permettre aux patients de choisir les modes de soins qu’ils souhaitent recevoir, en intégrant le privé dans l’offre de services et en formant plus de médecins. Il compte aussi réduire la centralisation du système. Il déplore par ailleurs certaines mesures prises par le gouvernement dans les dernières années en lien avec la pandémie, qui ont affecté le travail du personnel de la santé.
  • Sylvie Tanguay (PQ) : Le PQ souhaite donner plus d’autonomie aux CLSC et les sortir des « mégastructures des CISSS et des CIUSSS » pour en faire la première porte d’entrée aux services de santé. Le parti veut également donner plus de latitude aux divers professionnels de la santé et revoir le Code des professions. Sylvie Tanguay compte aussi rouvrir l’urgence de Coaticook 24 h par jour, et son parti veut implanter des ratios sécuritaires, interdire le temps supplémentaire obligatoire, et en finir avec le recours aux agences privées.

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Conciliation travail-famille, vie personnelle et droits des femmes

  • Mélissa Généreux (QS) : QS compte notamment miser sur les micro-CPE pour accroître les places en garderie. Mélissa Généreux a aussi parlé de la boucle infernale du temps supplémentaire obligatoire. Elle a souligné à quel point il est difficile pour les travailleurs de la santé de faire reconnaître que des problèmes de santé mentale sont causés par la surcharge de travail, compliquant les démarches auprès de la CNESST pour se faire compenser pendant leur absence.
  • Vicki-May Hamm (PLQ) : Vicki-May Hamm a renchéri quant aux propos de Mélissa Généreux sur la difficulté de faire reconnaître certains problèmes de santé mentale liés au travail, et a ajouté que le PLQ souhaite offrir un programme public de psychothérapie. Le PLQ compte aussi offrir une place en garderie pour chaque enfant à 8,70 $, que ce soit en CPE, en milieu privé ou en milieu de travail, et soutenir les organismes qui viennent en aide aux proches aidants. 
  • Martin Lamontagne-Lacasse (PCQ) : Le Parti conservateur du Québec promet 200 $ par enfant par semaine pour permettre aux parents de choisir comment ils souhaitent les faire garder. Martin Lamontagne-Lacasse a souligné que cette mesure peut être implantée rapidement , contrairement à d’autres projets comme la construction de CPE. Le PCQ s’oppose aussi au fait que des pouvoirs exceptionnels sur les travailleurs de la santé aient été accordés au gouvernement pendant plusieurs mois lors de la pandémie.
  • Sylvie Tanguay (PQ) : Le PQ s’est doté d’un plan 100% CPE (centre de la petite enfance). Toutes les nouvelles places en service de garde seront consacrées aux CPE si le parti est élu, et les places au privé seront aussi éventuellement converties en places de CPE. Des services de garde seront adaptés aux horaires atypiques, comme ceux que vivent souvent les travailleurs de la santé. Sylvie Tanguay a aussi réitéré son opposition au recours aux agences privées.

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Place et indépendance du milieu communautaire 

  • Mélissa Généreux (QS) : QS dit faire confiance au milieu communautaire et veut offrir des subventions aux organismes « à la mission », et non « au projet » comme c’est présentement le cas. Cela permettrait d'éviter qu’ils aient à passer leur temps à remplir des demandes de subventions, remarque Mélissa Généreux. Le parti prévoit aussi d'offrir 280 M$ aux organismes pour les deux premières années de son mandat et 290 M$ pour les deux dernières années. 
  • Vicki-May Hamm (PLQ) : Vicki-May Hamm a elle aussi déploré le financement par projet, qui crée une précarité d’emploi chez les travailleurs et qui empire la pénurie de main-d'œuvre, selon elle. Elle a aussi critiqué le manque de flexibilité auquel font face les organismes communautaires et les OBNL. 
  • Martin Lamontagne-Lacasse (PCQ) : Sans pouvoir préciser les nombres destinés au communautaire par son parti, Martin Lamontagne-Lacasse a dit reconnaître l’autonomie, l’indépendance et l’expertise des organismes. Plus d’engagements à ce sujet doivent être annoncés dans les prochaines semaines, a indiqué le candidat. 
  • Sylvie Tanguay (PQ) : Sylvie Tanguay plaide pour l’expertise et l’autonomie des organismes sur le terrain. Le Parti Québécois veut assurer le financement à la mission globale à la hauteur de 460 M$ par année

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