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La France renonce à extrader le prêtre Rivoire

Des personnes avec des appareils photos et des trépieds sont debout à l'extérieur, à Paris, le 13 septembre 2022.

Des journalistes attendent la délégation inuit à la sortie des bureaux du ministère de la Justice à Paris le 13 septembre 2022.

Photo : Radio-Canada / Kate Kyle

La France a annoncé qu’elle n’allait pas extrader le prêtre Johannes Rivoire, accusé d’agressions sexuelles sur de jeunes enfants inuit vers le Canada.

Selon l’Agence France-Presse, cette annonce aurait été faite par le ministre français de la Justice, Éric Dupond-Moretti, à la délégation inuit qui s’est rendue en France cette semaine pour demander l’extradition du prêtre.

Conformément à sa tradition constitutionnelle, la France n’extrade pas ses nationaux, a déclaré Éric Dupond-Moretti à l’AFP.

Au Canada, le prêtre Johannes Rivoire est accusé d’agressions sexuelles qu’il aurait commises dans les années 1960 et 1970 dans plusieurs communautés inuit. Le Canada a envoyé une demande d’extradition à la France au mois de juillet, pour que le prêtre soit traduit en justice en sol canadien.

Dur coup pour la délégation

La présidente de Nunavut Tunngavik Inc. (NTI), Aluki Kotierk, a raconté aux médias que ces rencontres avaient été très décevantes.

« Il est clair qu’il n’y a pas de volonté politique d’extrader les ressortissants français. »

— Une citation de  Aluki Kotierk, présidente de Nunavut Tunngavik Inc.
Aluki Kotierk devant des buissons, en septembre 2022, à Paris.

Aluki Kotierk, présidente de Nunavut Tunngavik Inc. (NTI), le 13 septembre 2022 à Paris. Elle est en France pour demander l'extradition du prêtre Johannes Rivoire.

Photo : Radio-Canada / Juanita Taylor

Lieve Halsberghe, une militante belge qui accompagne la délégation, est déçue. Elle dit que les rencontres ont été difficiles mardi et qu'elles ont réduit à néant les espoirs de la délégation de pouvoir faire traduire en justice l’homme accusé de crimes sexuels envers des Inuit.

« Cela été difficile de faire face à cette réalité, à cette réalité de la loi qui peut être glaciale. »

— Une citation de  Lieve Halsberghe, membre de l’association Survivors Network of those Abused by Priests (SNAP)

Elle ajoute que la délégation a aussi appris que la France ne pouvait pas non plus poursuivre le prêtre Rivoire au nom du Canada, car, pour cela, le pays devrait faire appliquer ses propres lois. Or, en France, le délai de prescription est déjà expiré pour un dossier comme celui du prêtre Rivoire.

Le Canada toujours en attente d’une réponse officielle

Mardi, le ministère de la Justice du Canada a dit qu'il n'avait pas encore reçu de réponse de la France en ce qui concerne sa demande d’extradition.

Les demandes d'extradition sont des communications confidentielles d'État à État, et le Canada ne fait pas de commentaires sur ces demandes. Toutefois, en raison des circonstances exceptionnelles de cette affaire, le ministère de la Justice du Canada a confirmé qu'une demande d'extradition a été faite à la France à l'égard de M. Rivoire. Nous n'avons pas encore reçu de réponse de la France, a indiqué le ministère de la Justice dans un courriel.

La délégation poursuit son voyage

La délégation, composée de représentants de NTI, et de victimes alléguées du prêtre Rivoire, poursuit son voyage en France cette semaine.

Elle a rencontré la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, qui représente 450 instituts ou congrégations catholiques, Véronique Margron, et l'adjoint du responsable des Oblats de Marie-Immaculée (OMI), congrégation dont fait partie Johannes Rivoire.

Mercredi, la délégation rencontrera aussi le responsable des OMI, au siège de la congrégation, à Lyon, où réside Johannes Rivoire. Selon Véronique Margron, ce dernier aurait accepté pour le moment de s’entretenir avec la délégation.

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