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L’Hôpital Victoria et l’ORSW signent une déclaration pour améliorer les soins en français

Le façade de l'Hôpital général Victoria.

L'Hôpital général Victoria est l'un des établissements désignés bilingues de la capitale manitobaine.

Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

L’Office régional de la Santé de Winnipeg (ORSW) et les responsables de l’Hôpital général Victoria à Winnipeg ont signé mardi la Déclaration d’Ottawa, qui vise la promotion d’un meilleur service en français au sein du système de santé. Pour les deux, il s’agit-là d’affirmer « la priorité à améliorer le système de soins de santé pour la communauté francophone ».

Lancé en 2017 par l’organisme national Société Santé en français, ce document a pour objectif de guider les établissements et organisations en santé désirant offrir une meilleure offre de soins en français.

Depuis, 898 personnes et 45 organismes ont signé ce document. Au Manitoba, outre l’Hôpital Victoria, on retrouve notamment parmi ces signataires l’Hôpital Saint-Boniface, l’Université de Saint-Boniface ou encore le Réseau Compassion.

Pour la directrice générale de Santé en français, Annie Bédard, cette signature est le symbole d’un engagement de la part de l’ORSW et de l’Hôpital Général Victoria.

Elle rappelle toutefois que ces deux organisations sont déjà désignées bilingues, donc ont déjà une obligation linguistique face à la communauté francophone.

« C’est une façon auprès de leurs employés de rendre vivante leur désignation bilingue. »

— Une citation de  Annie Bédard, directrice générale de Santé en français

De son côté, la coordonnatrice des services en français à l’ORSW, Angèle Matyi assure que la signature de cette déclaration permettra d’encourager les gens à mieux prendre en considération les besoins des francophones en situation minoritaire.

Véronique Demers, médecin de famille à Winnipeg, parfois en consultation à l’Hôpital général Victoria observe que surtout dans les moments difficiles, les gens sont plus confortables pour parler dans leur langue maternelle.

D’ailleurs plus tôt cette année, une large étude pancanadienne publiée dans le journal de l’Association médicale canadienne venait confirmer cette réalité, en affirmant que les patients qui reçoivent des soins dans leur langue seraient en meilleure santé.

Une déclaration engageante, pas contraignante

Mais au-delà d’un simple engagement, la signature de cet outil ne contraint pas les organismes.

De l’aveu même d’Annie Bédard, c’est une déclaration pas contraignante, mais engageante.

C’est marketing aussi, c’est facile à présenter, c’est facile à afficher donc ça peut amener des discussions avec la gouvernance et avec le personnel, ajoute-t-elle.

Elle estime que l’un des défis sera d’avoir un meilleur engagement du personnel intermédiaire anglophone au sein d'établissements hospitaliers.

Angèle Matyi abonde en ce sens en précisant que cette initiative vise à éduquer le personnel de l’Hôpital Victoria et à montrer que la santé des francophones est importante

Au niveau de notre direction, ils sont engagés, c’est important pour eux, alors il faut que ça commence d’en haut pour arriver en bas.

Entre défis et espoir

Si la signature de la déclaration d’Ottawa, reste une étape et une bonne nouvelle, on est encore très loin de la coupe aux lèvres pour les soins de santé en français au Manitoba, reconnaît Annie Bédard.

L'espoir est présent cependant, car les choses vont mieux et en s'améliorant selon elle, mais les défis sont nombreux.

Il y a la question du recrutement tout d’abord puisque, depuis plusieurs années, l’ORSW peine à pourvoir tous ses postes désignés bilingues.

Selon son dernier rapport annuel, en 2021, sur les 1043 emplois désignés bilingues, 448 étaient vacants ou inadéquatement pourvus, soit 43 %.

Une tendance qui semble se dessiner cette année encore, selon la responsable des services en français à l’ORSW, Angèle Matyi qui affirme qu’à l’heure actuelle, environ la moitié des 1010 postes bilingues sont pourvus.

Dans la déclaration d’Ottawa, cet enjeu est très clairement cité puisque les signataires s’engagent à accroître le nombre de professionnels de la santé formés en français.

Annie Bédard épingle aussi cette question du personnel comme un des grands défis.

On souhaiterait avoir plus de personnel et de voir les gens être fiers de s’afficher bilingues, déclare-t-elle.

L’autre défi majeur est la systématisation de l’offre active dans les deux langues officielles.

Une action importante selon Véronique Demers qui, lors de ses passages à l’Hôpital Victoria, propose toujours un Bonjour, Hello à ses patients.

« Si je ne me présentais pas en français, je ne pense pas que les gens penseraient à demander, donc je pense que c’est très important de faire cette offre active. »

— Une citation de  Véronique Demers, médecin de famille à Winnipeg

Depuis 2020, l’ORSW a d’ailleurs rendu obligatoire une formation sur l’offre en français pour tous les nouveaux employés.

Une formation qui porte ses fruits, selon Angèle Matyi qui observe que le personnel fait plus d’efforts.

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